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À la recherche d’un toit : trois histoires, un même combat 

(Photo d’illustration) Ramesh, qui est marié et qui a un enfant de deux ans et demi, a été sommé par son père de 78 ans de quitter la maison familiale.

Ramesh (37 ans), Kumaree (54 ans) et Marie (48 ans), qui ne se connaissent pas et qui ont chacun leur propre vécu, sont pourtant dans la même situation : ils cherchent un endroit où vivre. Si deux d’entre eux ont été sommés de quitter la maison qu’ils occupent avec leurs familles, l’autre personne ne souhaite plus déranger sa mère chez laquelle ses enfants et elle ont trouvé refuge il y a trois ans. Ils font humblement appel à la solidarité des Mauriciens. Voici leurs histoires. 

Le récit qui suit est celui de Ramesh* (prénom modifié), 37 ans. Cet habitant de Rose-Hill a été sommé par son père de 78 ans de quitter la maison familiale. Ce dernier vit au rez-de-chaussée. Ramesh et sa femme Neha, ainsi que leur enfant de deux ans et demi, occupent le premier étage. 

« Tout a commencé après le décès de ma mère, il y a quelques années. Mon père, qui est alcoolique, est extrêmement difficile. Il ne rate jamais l’occasion de nous humilier, mon frère aîné et moi. Je ne lui réponds pas parce que je lui dois du respect », raconte Ramesh.  

Il ajoute qu’après le décès de sa mère, son père a commencé à avoir d’autres ambitions. « Il m’a demandé de quitter la maison. À chaque fois qu’il est saoul, il me sert la même rengaine. Malheureusement je ne peux pas partir. Je n’ai pas les moyens de louer une maison », explique le plombier qui ne gagne que Rs 500 par journée de travail. Neha est, elle, femme au foyer, et elle s’occupe de leur enfant. D’où leur incapacité de payer un loyer. 
Ce qui attriste le plus Ramesh est la façon dont son père agit. Selon lui, ce dernier, malgré son grand âge, contrôle la vie de ses 12 enfants d’une main de fer. « Mon frère et moi sommes considérés comme des parias par le reste de la famille. Nos sœurs ne nous fréquentent pas », dit-il d’une voix cassée. Pour le pousser à quitter la maison familiale, son père a fait interrompre la fourniture d’eau et d’électricité. 

Grâce à des démarches entreprises par Explik ou Ka, sa fourniture d’eau a pu être rétablie. Mais depuis juin 2019, Ramesh vit sans électricité alors qu’il a un enfant en bas âge. « Ne pas avoir de courant signifie vivre sans ventilateur, alors que la chaleur est épouvantable. Cela implique aussi vivre sans télévision. Nous n’avons donc aucune distraction », soutient Ramesh. 

Parfois je suis tellement malheureux que des pensées obscures me traversent l’esprit.»

Ce dernier est désemparé. « Parfois je suis tellement malheureux que des pensées obscures me traversent l’esprit. J’ai une femme. Je ne pensais pas la faire vivre dans ces conditions-là. Je la remercie d’être toujours à mes côtés malgré la galère dans laquelle nous sommes. Je lui demande pardon pour les souffrances qu’elle soit endurer. » Ramesh recherche désespérément l’aide de toute personne qui pourrait lui trouver une maison pour un loyer pas très élevé correspondant à ses moyens.

Sans eau 

kumaree
Kumaree, qui est veuve, vit avec ses fils, ainsi que leurs femmes et leurs enfants dans une maison qu’ils louent à Moka. Mais ils ont jusqu’à fin février pour vider les lieux.

Supprimer soit la fourniture d’eau, soit celle d’électricité ou encore les deux. C’est une astuce souvent utilisée par des propriétaires pour déloger leurs locataires. Kumaree se plaint d’être victime de cette manœuvre. « Ma propriétaire, qui vit à l’étranger, a confié la gestion de ses biens à une personne qui vit à Maurice. Pour me faire partir, cette dernière a fait supprimer la connexion d’eau dans la maison que je loue. » 

Le quotidien de Kumaree, qui est veuve, est devenu un calvaire. Et elle n’est pas seule. Ses deux fils, leurs femmes et leurs enfants en bas âge vivent dans la même maison avec elle. Sollicitée, la gérante de la maison, située à Moka, réfute les arguments de Kumaree. « Elle dit que je ne lui ai pas donné un mois de préavis. En novembre dernier, je l’ai informée qu’elle devrait partir à la fin de février. Elle a eu quatre mois pour trouver une autre maison. »

Si Kumaree doit partir à la fin de février, pourquoi avoir supprimé la fourniture d’eau dès maintenant ? « Je n’ai pas fait supprimer l’eau, répond la gérante. Elle me doit encore un mois de loyer, soit Rs 5 000. Si elle paie ce qu’elle doit, la fourniture d’eau sera rétablie. » De son côté, Kumaree insiste qu’elle a versé un mois de loyer en avance. 

N’ayant malheureusement pas de preuves pour soutenir ses dires, elle ne peut que se lamenter sur son sort : « Je n’ai pas d’argent en ce moment. Ce n’est qu’au début du mois prochain que je pourrai avoir Rs 5 000. Dois-je comprendre qu’en attendant, ma famille et moi devrons vivre sans eau potable pendant toutes ces semaines ? » Kumaree est perdue. Elle ne sait pas comment sortir de cette impasse et trouver une autre maison.

Une maman en détresse 

Mariée, séparée et mère de trois enfants âgés de dix, 14 et 19 ans, Marie est retournée vivre chez sa mère, qui est très âgée, il y a trois ans. Même si celle-ci ne lui a pas demandé de partir, Marie ressent le besoin d’avoir une maison pour y vivre avec ses enfants. 

Cette habitante de Rose-Hill de 48 ans confie que son rêve est d’avoir son propre toit. « Je suis consciente que ce sera difficile dans l’immédiat, mais je cherche des volontaires qui pourraient m’aider à bâtir une maison en tubes carrés et en tôle. J’ai seulement besoin de gens pour me conseiller sur les matériaux que je fournirai à des bénévoles pour l’ériger. C’est tout ce que je cherche. » Espérons que ce cri du cœur sera entendu...

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