Economie

La production de thé en chute libre

C’est un constat unanime des planteurs et producteurs : la production de thé chutera davantage cette année. Climat non approprié à la culture, hausse des coûts, abandon des terres et manque de main-d’œuvre. Les problèmes sont nombreux. Fini la saison hivernale où la production de thé est minime. Avec la montée des températures, le travail bat déjà son plein dans les usines de thé du pays. « Un léger déclin a été constaté depuis le début de l’été en ce qui concerne le rendement du thé, avec une chute de la production. Cela est attribué à une chute dans la quantité de feuilles cueillies », explique Dominique Chelin, le General Manager de l’usine de Bois Chéri. Cette baisse, selon Dev Anand Sewsagar, secrétaire de Bois Chéri Co-operative Tea Marketing Society Ltd, peut être attribuée aux divers problèmes qui guettent la culture de thé à Maurice, notamment manque de main-d’œuvre, saison climatique inadéquate, parmi tant d’autres. « La hausse dans les prix des fertilisants, qui a cru de 50 à 70 % ces dernières années, a largement contribué à une chute du rendement pendant la cueillette. De plus, le manque de main-d’œuvre pèse lourd dans la liste des problèmes de ceux qui cultivent le thé. Les jeunes ne veulent pas s’adonner à la culture du thé, et vu que la cueillette ne se fait pas régulièrement, c’est finalement le rendement qui est affecté », déplore-t-il. Deux solutions se dressent alors à eux, faire appel à la main-d’œuvre étrangère ou mécaniser le système. Selon Dominique Chelin, il est préférable de cueillir les feuilles de thé à la main que de se servir de machines pour plus de rendements. « Il y a une baisse générale dans la superficie allouée à la plantation de thé, vu que plusieurs planteurs ont abandonné leurs terres ces dernières années. Les changements climatiques ne se sont pas avérés propices pour la plantation, et éventuellement, c’est la production qui chute ». Pour rappel, l’usine de Bois Chéri fabrique environ 550 à 600 tonnes de thé annuellement. Cependant, des opportunités résident toujours dans ce secteur d’activité. Dev Anand Sewsagar évoque que certains planteurs, qui s’étaient tournés vers la culture de la canne à sucre, retournent vers le thé. Le General Manager de l’usine de Bois Chéri évoque le fait que malgré que la plupart de notre thé soit vendue sur le marché local, 10 % de sa production est exportée. « Il y a du potentiel en ce sens, mais il faudra planter davantage à Maurice pour pouvoir mieux desservir le marché international », conclut-il.

Quelques chiffres de Statistics Mauritius

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Feuilles de thé: le prix en hausse

Le prix des feuilles de thé a été revu à la hausse. C’est ce que nous confirme le ‘National Agricultural Products Regulatory Office’ (NAPRO), instance régulatrice qui est autorisée à déterminer le prix des feuilles payables aux planteurs et aux métayers. « Le prix des feuilles a déjà été fixé par NAPRO et le processus de la publication pour la saison 2014-2015 est en cours. Il y aura, certes, une augmentation de prix, dont les planteurs pourront combler les augmentations dans leurs coûts de production. Le NAPRO considère les coûts et détermine ainsi les prix payables », affirme notre source. Cette dernière nous fait part que l’industrie théière est un des secteurs importants de notre économie, car il fait vivre bon nombre de familles mauriciennes et l’initiative du ministère est de relancer le marché. L’industrie fait face actuellement à un manque de main-d’œuvre, mais les opérateurs ont tendance à mécaniser les opérations. Néanmoins, la récolte doit être faite à la main pour avoir des feuilles de qualité. Selon notre intervenant, l’industrie théière à Maurice est très prometteuse, car il y a une augmentation dans la demande. « N’oubliez pas que le thé mauricien est produit dans des conditions saines et en absence de pesticide, et est destiné à la consommation locale », lance-t-il.

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