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La mère de Sneha Jootun : «Li ti pe zalou kan li ti pe gete mo tifi abiye zoli pou al travay»

Par Le Défi Plus
Publié le: 13 June 2026 à 19:00
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La mère de la victime s'interroge sur le décès de sa fille. Le couple s'était séparé mais ils se rencontraient de temps en temps.
La mère de la victime s'interroge sur le décès de sa fille. Le couple s'était séparé mais ils se rencontraient de temps en temps.

Une semaine après le drame des Salines, l’affaire du meurtre de Sneha continue de bouleverser. Entre aveux du suspect, témoignages familiaux et zones d’ombre, l’enquête suscite encore de nombreuses interrogations.

Une semaine après le drame qui a secoué Les Salines, dans la capitale, le meurtre de Prageena Jootun, dite Sneha, 23 ans, a conduit à l’arrestation du principal suspect, Pravesh Changiah, dit Mavin. Ce dernier a fourni des aveux concernant ce meurtre, au cours duquel il aurait infligé 22 coups de couteau à la jeune femme avec laquelle il projetait de se marier.

Le drame s’est produit dans la matinée du vendredi 5 juin, au domicile du suspect, où il vivait avec sa mère, à Les Salines, Port-Louis, un quartier où le couple a grandi. Selon ses déclarations aux enquêteurs, une dispute avec la victime serait à l’origine des faits, avant que la situation ne dégénère. Il a ensuite quitté les lieux avant d’être arrêté quelques heures plus tard sur un terrain en friche du quartier. Le mercredi 10 juin, il a participé à une reconstitution des faits, organisée sous haute tension.

Une indépendance difficile à accepter

Sneha était la benjamine d’une fratrie de trois enfants, originaire de Les Salines/Cassis. Elle a grandi aux côtés de ses deux frères et de ses proches dans la cour familiale, entourée de ses parents. « Nou ti pe viv isi an fami, sak lakaz ti nou prop lakaz, kot so bann kouzin kouzinn. Tou enn sel », a confié Renuka, la mère de Sneha, jeudi, au Défi Media.

Elle a affirmé que Mavin n’acceptait pas de voir sa fille s’épanouir sur le plan professionnel.

Cette dernière, qui travaillait dans une société à Port-Louis, avait déjà prévu de franchir une nouvelle étape en entamant des études avancées le mois prochain. « Li ti fini fer tou pou kumans so ACCA en juillet », indique Renuka.

De plus, Sneha prévoyait également d’obtenir son permis de conduire et de faire l’acquisition d’une voiture.

« Li ti pe dir si nu ena enn loto, sa pou aide la fami osi, surtou mwa ek so papa », ajoute sa mère. Toutefois, selon cette dernière, Pravesh Changiah ne supportait pas que la jeune femme fasse preuve d’indépendance. Il ne tolérait pas non plus qu’elle ne souhaite pas s’engager dans une relation sérieuse à ce stade de sa vie. « Li ti pe zalou kan li ti pe gete mo tifi abiye zoli pou al travay », confie Renuka.

Cela faisait deux ans que la relation entre sa fille et Pravesh durait, mais elle n’était pas au beau fixe, le couple s’étant séparé tout en continuant à se voir. « En casiete, li finn kuyon mo zenfan, li fer li vinn kot li asoir zedi », explique Renuka.
Sneha avait par ailleurs confié à sa mère sa décision de ne plus se remettre avec lui.

Face à l’horreur

Revenant sur le jour du drame, elle raconte qu’elle était partie travailler tôt vendredi matin. « Kan mo pe al travay, mo ti pe reste lor telefon Sneha, li pa ti pe reponn », confie Renuka. Elle avait l’habitude de faire des appels vidéo avec sa fille à cette heure. Croyant qu’elle dormait dans sa chambre, elle est partie travailler sans inquiétude. Mais après un certain temps sans nouvelles, elle a commencé à se faire du souci. « Mo reste telefone li, li pa reponn », dit-elle.

Elle affirme avoir ensuite appelé Pravesh pour s’enquérir de la situation : « Li dir mwa Sneha pe dormi kot li », relate-t-elle, une réponse qui ne l’a pas rassurée. Elle ajoute : « Mo finn kumans gagn enn presentiman ki kitsoz pa bon, mo ti pe santi mwa malade ». Elle informe alors son supérieur qu’elle ne se sent pas bien et décide de rentrer.  De retour à son domicile à Les Salines, la maison familiale est vide. « Mo pa trouv Sneha, li abitie retourn lakaz si li ale kot garson-la », confie-t-elle.

Elle se rend alors chez Pravesh pour chercher sa fille. « Kuma mo monte, mo trouv rido rouz disang, mo finn panike, mo finn kriye », explique Renuka, qui affirme la mère de Pravesh était présente au premier étage de la maison.

« Li ti pe plore. Mo dir la polis vinn kas laport pou get mo tifi andan », ajoute-t-elle.

Selon Renuka, la mère de Pravesh aurait entendu les cris de la bagarre et de l’agression mortelle de sa fille, sans intervenir, ce qui suscite son incompréhension. Elle affirme également que des habitants du quartier ainsi que des travailleurs du cimetière voisin auraient entendu les cris de la dispute entre le couple vendredi matin.

Elle s’interroge sur les raisons pour lesquelles la police n’a pas été alertée ni la jeune femme secourue.

Désormais, Renuka dit faire confiance à la MCIT chargée de cette enquête, dans l’attente que justice soit rendue à sa défunte fille. « Li tiena tou so lavenir devant li… », conclut-elle, encore sous le choc.
 

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