
À 43 ans, Radhakrishna Anacoottee a vu sa vie basculer. Aujourd’hui âgé de 63 ans, il raconte avec une sérénité désarmante son incroyable parcours : celui d’un homme que la médecine avait condamné et qui a défié le temps.
Entrepreneur dans le domaine électrique, Radhakrishna Anacoottee menait une vie active, remplie de responsabilités, il y a vingt ans. « Mon fils Gavin avait 12 ans et ma fille Anna avait 2 ans. Ma femme, Marianne, femme au foyer, avait 35 ans. Tout reposait sur mes épaules », raconte-t-il.
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Un matin, tout a changé. De violents vertiges le surprennent. Les examens s’enchaînent, le diagnostic est posé : c’est son cœur. « Le médecin m’a regardé dans les yeux et m’a dit : vous avez au maximum un an à vivre. »
Le monde s’écroule autour de lui. « Je me souviens que j’ai eu la gorge nouée, le souffle coupé. J’avais l’impression que la terre s’ouvrait sous mes pieds. Comment annoncer la nouvelle à ma femme, à mes enfants ? »
Courage
Pour sa femme, ce fut un choc indescriptible. « Quand il m’a dit qu’il n’avait plus qu’un an… je me suis sentie perdue. Mais je savais que je devais rester forte pour lui, pour les enfants. »
Radhakrishna Anacoottee, lui, refuse de laisser le désespoir prendre le dessus. « Je me suis dit : je ne peux pas tomber. Je dois me battre pour eux. Chaque jour, je me répétais : je dois être fort, même si à l’intérieur, j’avais peur de ne pas voir demain. »
Il s’accroche à la prière. « Je me suis mis à parler à Dieu comme jamais auparavant. Je lui demandais simplement : donne-moi de la force et le courage. »
Force
À la surprise générale, il garde le moral. « Mes proches me regardaient avec étonnement. Moi qui étais condamné, j’avais le sourire, je reprenais mes activités. C’était difficile, mais je ne voulais pas que mes enfants me voient sombrer. »
Il retourne travailler, malgré les mises en garde. « Je me disais : tant que je peux donner le pain à mes enfants, je continue. Je voulais qu’ils aient une vie normale. »
« Papa était malade, mais il ne nous montrait jamais sa douleur. Il nous encourageait, il riait, il nous emmenait à l’école comme si de rien n’était. Pour moi, il était un héros », relate son fils Gavin.
Temps
Pendant ces vingt dernières années, Radhakrishna Anacoottee a vécu avec la fragilité du temps. « Chaque matin, je me lève en me disant : peut-être que c’est mon dernier jour. Alors je faisais attention à tout – à ce que je mange, à ce que je fais. Je ne voulais pas provoquer ma fin. »
Il parle avec simplicité d’un quotidien fait de discipline. « Je surveillais mon alimentation, je faisais mes marches, je respectais les prescriptions médicales. Mais surtout, je ne laissais jamais tomber mon moral. Le moral, c’est la moitié de la guérison. »
Destin
Vingt ans plus tard, le « miraculé », comme l’appellent ses proches, est encore là. À la retraite, il vit dans une nouvelle sérénité. « Quand je regarde en arrière, je souris. Les médecins m’avaient condamné, mais le destin n’était pas encore écrit. Comme je dis souvent : Mo ler pa ankor vini. »
Aujourd’hui, ses enfants sont des adultes. Gavin est chef d’entreprise. Anna est lecturer en France. « Je suis fier d’eux. J’ai pu les voir grandir, étudier, réussir. C’est mon plus grand cadeau. »
Marianne
Pour son épouse Marianne, ces vingt années sont un miracle. « Quand je vois mon mari, je rends grâce à Dieu. Je me dis que j’ai eu la chance de l’avoir à mes côtés plus longtemps que prévu. Il est mon roc. »
Elle confie avec émotion : « Beaucoup de femmes auraient peut-être craqué, mais j’ai vu en lui une lumière, une volonté de vivre. Ce qui m’a donné la force de continuer. »
Philosophie
Avec le recul, Radhakrishna Anacoottee parle d’un mélange de destin et de foi. « Je crois que tout est écrit. Si j’ai tenu, c’est parce que ce n’était pas encore mon heure. Mais je sais aussi que sans le courage et la prière, je n’aurais pas pu. »
Il ponctue son récit de proverbes et de phrases simples. « La vie, c’est un souffle. » « Kan ou pe panse ki tou fini, ena enn nouvo koumansman. » « Pa less dezespwar touy ou avan la mor vini. »
Espoir
Aujourd’hui, il témoigne pour encourager ceux qui traversent des épreuves. « Quand on vous dit que c’est fini, ce n’est pas forcément la fin. Les médecins font leur travail, mais le destin appartient à plus haut. Moi, je suis la preuve vivante qu’il ne faut jamais perdre espoir. »
Gavin, son fils, conclut avec une phrase lourde de sens : « On nous a annoncé qu’il ne verrait pas mes 13 ans. Il a vu mes 32 ans. Pour moi, c’est plus qu’un miracle, c’est une bénédiction. »
Leçon
À 63 ans, Radhakrishna Anacoottee marche lentement, mais avec assurance. Son cœur, fragile, continue de battre contre toute attente. « Chaque battement est une victoire. »
Et d’ajouter, avec le sourire : « Si j’ai appris une chose, c’est que la vie n’est pas dans la durée, mais dans la façon dont on vit chaque instant. Vingt ans que je vis comme si je ne verrai pas demain. Et tant que je respire, je rends grâce. »

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