La « guerre irresponsable » de Trump responsable du ralentissement économique, affirme un ministre allemand
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Defimedia.info
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Le ministre allemand des Finances, Lars Klingbeil, a attribué la forte baisse des recettes fiscales attendues en Allemagne à la « guerre irresponsable menée par Donald Trump contre l’Iran ». C’est ce que rapporte la BBC sur son site Web jeudi.
Selon lui, les actions du président américain Donald Trump au Moyen-Orient ont provoqué un « choc énergétique mondial ».
Les autorités allemandes ont revu à la baisse leurs prévisions de recettes fiscales pour la période 2026-2030, avec un manque à gagner estimé à environ 70 milliards d’euros (82 milliards de dollars américains).
« Cela montre à quel point la guerre contre l’Iran nuit à notre économie », a déclaré Lars Klingbeil à Berlin.
Le mois dernier, le chancelier allemand Friedrich Merz avait irrité Donald Trump en affirmant que la Maison-Blanche avait été « humiliée » par les négociateurs iraniens. Des propos qui avaient poussé le président américain à menacer de retirer des milliers de soldats américains stationnés en Allemagne.
Depuis son arrivée au pouvoir il y a un an, Friedrich Merz a à plusieurs reprises estimé que les politiques de Donald Trump avaient profondément modifié les relations traditionnellement étroites entre les États-Unis et l’Europe.
En février, le chancelier avait notamment déclaré qu’« un profond fossé s’est creusé entre l’Europe et les États-Unis ». Malgré cela, il s’est rendu deux fois à la Maison-Blanche afin de tenter d’apaiser les tensions transatlantiques.
Comme plusieurs pays européens, l’Allemagne critique la guerre lancée le 28 février par les États-Unis et Israël contre l’Iran, un conflit qui ravive les craintes d’un ralentissement économique mondial.
Le gouvernement allemand peine déjà à relancer une économie stagnante depuis plusieurs années, notamment en raison des coûts élevés de l’énergie et d’une faible demande pour les exportations.
Le mois dernier, Friedrich Merz avait déclaré devant des étudiants que « les Américains n’ont manifestement aucune stratégie » et qu’il ne voyait pas « quelle sortie stratégique » ils envisageaient.
« Les Iraniens sont manifestement très habiles dans les négociations - ou plutôt dans l’art de ne pas négocier - en laissant les Américains se rendre à Islamabad puis repartir sans résultat », avait-il affirmé.
Selon lui, « toute la nation » américaine était « humiliée » par les dirigeants iraniens.
Donald Trump avait réagi dès le lendemain sur Truth Social, accusant Friedrich Merz de penser « qu’il est acceptable que l’Iran possède une arme nucléaire » et affirmant qu’« il ne sait pas de quoi il parle ».
« Pas étonnant que l’Allemagne se porte aussi mal, économiquement et autrement ! », avait écrit le président américain.
Poursuivant la polémique, Donald Trump avait ensuite conseillé à Friedrich Merz de se concentrer davantage sur « la réparation de son pays en difficulté, notamment l’immigration et l’énergie », plutôt que de « s’immiscer dans les efforts visant à éliminer la menace nucléaire iranienne ».
Quelques jours après ces déclarations, le département américain de la Défense a annoncé le retrait de 5 000 soldats américains d’Allemagne, une décision attribuée au secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth.
Le ministre allemand de la Défense a estimé que cette décision du Pentagone était « prévisible ».
Le contingent militaire américain en Allemagne reste toutefois le plus important en Europe. Les États-Unis disposent également d’environ 12 000 soldats en Italie et de 10 000 autres au Royaume-Uni.
Donald Trump critique depuis longtemps l’OTAN et reproche à ses alliés de ne pas soutenir son projet visant à rouvrir la route maritime stratégique du détroit d’Ormuz, actuellement quasiment bloquée par l’Iran.
Environ 20 % du pétrole mondial et du gaz naturel liquéfié transitent habituellement par ce passage stratégique. Les tensions militaires ont entraîné une flambée des prix mondiaux de l’énergie.
Les parties en conflit observent actuellement un cessez-le-feu censé ouvrir la voie à un accord mettant fin à la guerre.
Mercredi, Donald Trump a affirmé que le conflit prendrait « rapidement fin ». L’Iran indique de son côté examiner une proposition américaine pour mettre un terme aux hostilités.
Cependant, les négociations restent bloquées, les États-Unis ayant imposé un blocus sur les ports iraniens tout en cherchant à rouvrir le détroit d’Ormuz afin de permettre à près de 2 000 navires immobilisés dans le Golfe depuis février de reprendre leur route sans encombre.
Source : BBC