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La compensation salariale coûtera Rs 1,8 milliard

C’est la fin du suspense. Au terme d’une longue réunion tripartite lundi, le ministre des Finances Pravind Jugnauth a rendu public le taux de la compensation salariale pour 2017.

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Les employés touchant jusqu’à Rs 15 000 recevront Rs 200, et ceux dont les salaires se situent entre Rs 15 001 et Rs 50 000 auront Rs 125. Il n’y aura pas de compensation salariale pour ceux touchant plus de Rs 50 000.

Selon le ministre des Finances, le gouvernement a fait un effort pour accorder une compensation salariale, malgré le taux d’inflation qui se situe à 1 %.  À titre d’exemple, il explique que pour une personne touchant Rs 8 000, le taux de compensation équivaut à 2,5 % ; pour ceux touchant Rs 10 000, cela représente 2 % et pour les salaires supérieurs à Rs 15 000, cela équivaut à 1,3 %. Des barèmes plus élevés que le taux d’inflation, indique Pravind Jugnauth.

Il ajoute que l’on compte 325 000 salariés touchant jusqu’à Rs 15 000, et 175 000 employés touchant entre Rs 15 001 et Rs 50 000. Au total, ce sont 500 000 salariés qui recevront une compensation salariale.

En sus des salariés, Pravind Jugnauth souligne que les bénéficiaires de prestations sociales – dont les pensions de vieillesse – recevront aussi Rs 200 de compensation, sans oublier les bénéficiaires d’une aide sociale.

Le ministre des Finances souligne que le paiement de la compensation salariale aux fonctionnaires et aux bénéficiaires de prestations sociales coûtera Rs 880 millions à l’État, alors que le secteur privé devra débourser Rs 1,8 milliard.

Dans le camp syndical, c’est la déception. Pour Rashid Imrith, président de la Fédération des syndicats du secteur public, vu la hausse du coût de la vie, le taux de compensation aurait dû se situer entre Rs 325 à Rs 350. « Chaque travailleur souffrira d’un manque à gagner de Rs 125 », a-t-il affirmé.

Mécanisme «dépassé»

De son côté, le président de la National Trade Union Confederation, Narendranath Gopee, invite le ministre des Finances à descendre sur le terrain pour annoncer aux travailleurs qu’ils auront Rs 200 de compensation et pour voir leur réaction.

Reeaz Chuttoo, secrétaire de la Confédération des travailleurs du secteur privé, s’interroge : si le patronat est si réticent à payer Rs 200 de compensation, que se passera-t-il lorsque le futur National Minimum Wage Consultative Council entrera en fonction en janvier ?

Raj Makoond de Business Mauritius a expliqué que le patronat n’est pas opposé au paiement d’une rémunération appropriée aux salariés. « C’est cela l’objectif des entreprises », a-t-il assuré en lançant un appel pour une refonte du mécanisme de compensation salariale qu’il juge « dépassé ».


Réactions

Amar Deerpalsing, président de la fédération des PME : «Un taux punitif pour les employés et employeurs»

Amar Deerpalsing« C’est un taux punitif tant pour les employés que pour les employeurs. Le système de négociations tripartites est révolu car chaque secteur a ses particularités. Il faut établir des négociations sectorielles, car certains  secteurs peuvent payer davantage que d’autres. Au niveau des PME, l’impact dépendra du secteur d’activité. Des PME sont prêtes à payer de forts bonis, elles peuvent donc offrir de bonnes compensations. D’autres souffrent déjà. Pour elles, même Rs 200 seront difficiles à débourser. J’estime que ces montants sont injustes. »

 

Gérard Uckoor, président de l’Association des petits contracteurs : «Une compensation qui reste raisonnable»

« Quand il y a un boom dans le secteur de la construction, il est logique que les employeurs paient une compensation à leurs salariés. Ce qui n’est pas le cas ces dernières années », indique Gérard Uckoor, président de l’Association des petits contracteurs. Il estime toutefois « raisonnable » une compensation variant entre Rs 125 et Rs 200. « Cela n’aura pas un poids conséquent sur le budget des entrepreneurs en bâtiment… »

 

 

Pramode Jaddoo, économiste : «Insuffisant pour ceux au bas de l’échelle»

Pramode Jaddoo« Cela ne suffit pas pour ceux au bas de l’échelle. On s’attendait à plus pour eux. Néanmoins, on note une volonté du gouvernement et du secteur privé de faire un geste. C’est une bonne chose qu’il y ait une démarcation entre les plus bas salaires et les plus élevés. Moi j’aurais été plus extrême, en n’accordant aucune compensation aux salariés dès Rs 30 000 pour donner une compensation plus importante aux salaires inférieurs. Le Brexit affectera notre économie et on note une baisse de la productivité. Certains secteurs ne redémarrent pas. Cependant, à chaque négociation tripartite, le secteur privé montre un visage pâle alors que ses profits sont énormes et qu’il bénéficie de privilèges de l’État. Le gouvernement affirme que cela va lui coûter cher, mais quand on voit ses projets, on se dit qu’il a de l’argent. »

 

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