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La chanson «Polico Crapo» risque d’être enlevée des plateformes de diffusion

Le morceau « Polico Crapo » a atteint les 2 millions de vues sur la toile.

C’est un morceau qui continue à faire le buzz. « Polico Crapo » a entraîné l’arrestation de trois personnes. Parmi, un marchand de glaces interpellé, car il écoutait la chanson qui, selon la police, contient « des jurons ». La Major Crime Investigation Team compte ainsi formuler une demande afin que « le tube » soit retiré des sites de diffusion. L’un des interprètes de la chanson s’est confié à Le Dimanche/L’Hebdo.

Rarement une chanson locale aura autant fait parler d’elle du côté des Casernes centrales. Après les trois arrestations dans le sillage de sa diffusion, Polico Crapo pourrait être tout bonnement enlevée de tous les supports de diffusion et des réseaux sociaux. En effet, selon une source proche de l’enquête, la Major Crime Investigation Team (MCIT) envisage de formuler une requête en ce sens. 

Jeudi Ivander Jummun, chanteur d’Armada 666, le groupe à l’origine de la chanson Polico Crapo, a été convoqué par cette unité de la police. Il lui est reproché d’avoir interprété la chanson controversée lors d’une fête d’anniversaire qui s’est tenue au mois de mars. Les paroles ayant été jugées « dégradantes » et « insultantes », la police a sanctionné le chanteur. Lors de son interrogatoire, indique-t-on, Ivander Jummun aurait reconnu avoir interprété le morceau en public lors d’une soirée d’anniversaire. « Il a ainsi techniquement reconnu avoir commis un délit », fait-on ressortir au niveau de la MCIT. 

On se demande si le morceau ‘Polico Crapo’ n’est pas en train de refléter le rôle de la musique dans la société. Si certaines personnes jugent que la chanson est dérangeante, d’autres ne partagent pas cet avis»

« Ce sont les paroles de la chanson qui dérangent », souligne l’inspecteur Shiva Coothen, le responsable du Police Press Office. Ce dernier explique que le morceau, qui « contient des jurons », a été transmis par un « communication device ». C’est la raison pour laquelle le chanteur a été arrêté pour « breach of Icta ». « De plus, dire des jurons dans un lieu réservé au public est un délit », souligne-t-il.

Arrestations

Ivander Jummun n’est pas la première personne inquiétée en lien avec la chanson Polico Crapo. Il y a quelques jours un marchand de glaces a été arrêté, parce qu’il était en train d’écouter le morceau en question dans sa voiture. Un mois et demi de cela, Raquel Jolicoeur, un autre interprète de ce tube aux 2 millions de vues, avait été arrêté.

Polico Crapo est loin d’être une berceuse. Les paroles provocatrices de la chanson seraient inspirées « de faits réels », selon ses interprètes. 

Avec son rythme ragga accrocheur, le tube a enregistré près de 2 millions de vues et 700 commentaires sur la Toile en l’espace de quelques semaines. La popularité du morceau est montée en flèche à la suite de l’arrestation du présumé trafiquant de drogue Raquel Jolicoeur par l’Anti Drug and Smuggling Unit (Adsu), au début du mois de mai. Cependant, le succès retentissant de la chanson ne semble pas être du goût de tout le monde. 

Les paroles « dérangeantes »

« O polico polico crapo (…) Nouvo la mod zot mete pou paye. Pena tap laport, defonse pou rantre. Pe vinn fer lafouy avek enn tole barble… Kan pa gagne zot mete. Komie dan remand, inosan pe kriye. Laba kan rantre pena sime retourne (…) Kot mwa mo ress VIP. Zot pe vine kot mwa couma dire mwenn fourmi. Zot pe kraz partou ziska devir mo lili (…) Misie la pe debouse mo ankor dormi, pankor leve, zot trape zot pile pa gagn letan demayer (…)Misie la, misie la, nou pa tro kontan twa », chantent les interprètes.

Mais qui sont ces chanteurs méconnus du circuit ? Sont-ils enregistrés auprès de la  Mauritius Society of Authors (MASA) ? Michael Veeraragoo, le directeur de la MASA, est d’avis que chaque chanson doit véhiculer des messages, voire tourner autour d’une morale. « On se demande si le morceau Polico Crapo n’est pas en train de refléter le rôle de la musique dans la société. Si certaines personnes jugent que la chanson est dérangeante, d’autres ne partagent pas cet avis. Mais l’important est le respect, et cela peu importe le sujet abordé », dit-il. 

Zanzak Arjoon indique, pour sa part, que les interprètes de la chanson Polico Crapo ne sont pas affiliés à l’Association des auteurs et compositeurs musicaux (AACM), dont il est le président. « J’ai des réserves à ce sujet. Je laisse le soin à la cour de trancher. Parfois, je me demande où commence la liberté d’expression et où elle s’arrête », s’interroge l’artiste. La chanson, poursuit-il, fait grand bruit, car le contexte s’y prête. « Le succès de ce morceau ne vient pas du vide », dit-il.

L’un des interprètes : «Il n’y a rien de vulgaire dans le morceau»

Joint au téléphone, samedi soir, l’un des interprètes de Polico Crapo explique que quatre personnes ont collaboré à la composition de ce tube. Il précise, par ailleurs, que la chanson n’est pas enregistrée auprès de la MASA. Par contre, les chanteurs, eux, le sont, fait-il ressortir. « La chanson est inspirée de faits réels. Elle reflète une certaine réalité... Enn zafer kinn arive, noun sant li », dit-il. Interrogé sur le fait que le morceau dérangerait, notre interlocuteur a répondu ceci : « Selon la police, la chanson contient des jurons et des propos vulgaires. Il n’y a rien de vulgaire dans le morceau. Zame oun remarke kan ou pas dan enn site, bann la kriye krapo ? Enn zafer reel sa. »

Adrien Duval, avocat d’Ivander Jummun : «C’est la chanson no 1 dans le pays»

Selon Adrien Duval, son client Ivander Jummun revendique son droit à la liberté d’expression. « D’où le fait qu’on essaie de l’intimider. La chanson enregistre plus de 2 millions de vues sur la Toile. C’est la chanson numéro 1 dans le pays. Il y a une part de vérité dans les paroles de l’œuvre musicale de mon client », déclare l’avocat. 

 

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