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Kumara Mootoosamy : «Paul Bérenger reste, pour de nombreux militants, le véritable MMM»

Par Le Défi Quotidien
Publié le: 31 mars 2026 à 11:27
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au coeur
Les trois invités sur le plateau, Nita Juddoo, Harish Chundunsing et Kumara Mootoosamy.

Après le rassemblement organisé au Plaza par les partisans de Paul Bérenger, les discussions autour de l’avenir du MMM et de son leader ont dominé l’émission « Au Cœur de l’Info » du lundi 30 mars. Sur le plateau de Patrick Hilbert, Nita Juddoo, Harish Chundunsing et Kumara Mootoosamy ont analysé les différentes options évoquées par le leader mauve, dans un contexte de tensions internes inédites.

D’emblée, Harish Chundunsing a estimé que Paul Bérenger faisait face à « l’un des plus grands défis de sa carrière politique » et que, pour la première fois, le leader du MMM se retrouvait en minorité au sein même des instances du parti, notamment au comité central et au bureau politique. Selon lui, cette crise était sans précédent. « Pour la première fois, Paul Bérenger est confronté à une contestation contre lui-même », a-t-il indiqué.

L’observateur politique a aussi estimé que le rassemblement du samedi avait constitué un succès sur le plan de l’affluence. « Il a réussi à remplir la salle et à démontrer qu’il garde encore un soutien militant important », a-t-il affirmé. Toutefois, Harish Chundunsing a souligné que les quatre options évoquées par Paul Bérenger comportaient chacune des risques importants.

Nita Juddoo, présidente d’En Avant Moris et ancienne du MMM, a dressé un constat amer de la situation. « C’est triste de voir un parti avec un passé aussi glorieux se retrouver dans une bataille rangée entre son leader et une partie de ses dirigeants », a-t-elle déclaré. Selon elle, toutes les options évoquées par Paul Bérenger restent « compliquées à mettre en œuvre ».

Elle a notamment expliqué que le recours légal autour du nom, du symbole et des couleurs du MMM risquait d’être long et complexe. « Une bataille en cour peut durer longtemps, pendant ce temps, il faut savoir ce qu’il advient du parti », a-t-elle fait ressortir tout en estimant que l’option de rester au gouvernement comme simple « backbencher » semblait difficilement tenable pour Paul Bérenger. « Il ne peut pas continuer à critiquer tout en restant dans un gouvernement qu’il désapprouve », a soutenu Nita Juddoo.

Capacité de mobilisation

Et pour Nita Juddoo, la création d’un nouveau parti semble être l’option la plus réaliste, même si elle comporte aussi plusieurs défis. « C’est peut-être la porte de sortie la plus crédible pour lui », a-t-elle affirmé. Elle a toutefois reconnu que l’âge de Paul Bérenger, qui a récemment fêté ses 81 ans, pouvait constituer un frein.

Kumara Mootoosamy, proche de la mouvance Bérenger, a, pour sa part, insisté sur la force de mobilisation démontrée samedi. « En trois jours seulement, Paul Bérenger a réussi à réunir une foule impressionnante », a-t-il souligné en affirmant avoir remarqué la présence de nombreux jeunes dans l’assistance, ce qui, selon lui, prouve que le leader mauve conserve encore une capacité de mobilisation.

Il a également soutenu que Paul Bérenger reste, pour de nombreux militants, « le véritable MMM ». « Les militants ont démontré qu’ils considèrent toujours Paul Bérenger comme le leader du MMM », a-t-il déclaré et il serait difficile pour les parlementaires qui souhaitent rester au gouvernement de conserver le nom, le logo et les couleurs du parti sans l’appui de Paul Bérenger.

Kumara Mootoosamy a rappelé que l’alliance gouvernementale avait d’abord été conclue entre Navin Ramgoolam et Paul Bérenger. « Avant tout, c’était une alliance entre Ramgoolam et Bérenger », a-t-il expliqué. Si Paul Bérenger quittait le gouvernement, cela pourrait avoir des conséquences directes sur l’équilibre de l’Alliance du Changement, est-il d’avis.

Harish Chundunsing a aussi évoqué l’idée d’une élection partielle au numéro 19, l’une des options citées par Paul Bérenger. Toutefois, il s’est montré sceptique. « Chaque fois qu’un MMM a contesté une partielle dans un contexte de crise interne, cela s’est terminé par un échec », a-t-il rappelé.

Enfin, la possibilité de créer un nouveau parti ou une alliance progressiste a également été débattue. Harish Chundunsing a estimé qu’une recomposition politique n’était pas impossible, mais qu’elle restait très difficile dans le contexte actuel.

•    Cette retranscription n’est qu’une partie de l’émission qui est d’une durée de deux heures. Elle est à voir sur les plateformes de Défi Media et la chaîne YouTube de TéléPlus.

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