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KMVH : l’art autrement

KMVH

KMVH est parmi les rares artistes contemporains à pratiquer l’art de la performance à Maurice. Cette pratique artistique, où le corps du performeur est au centre de l'œuvre, est pratiquement méconnue. Des ateliers sont organisés pour décloisonner cette discipline et démocratiser sa pratique.

Cousine de la danse et du théâtre, l’art performance peut-être à la fois du live painting’, de la photographie, du slam, de la vidéo, de la musique. Sans pour autant être un art fourre-tout, l'idée de spectacle ou de divertissement en est totalement exclue. L’art de la performance définit l’artiste comme étant en action. Ainsi, le corps, le temps et l’espace constituent les matériaux de base d’une performance.

Des moyens de se libérer

« L’art de la performance propose l’expérience de partage d’un temps, d’un espace, d’une action qui est en train de se produire, explique KMVH. Le corps est donc utilisé comme moyen d’expression. » Avec peu de mise en scène et beaucoup d’improvisation, l’art de la performance est une façon de mieux formuler ce que les tableaux ou les sculptures n’ont pas fini de dire. « L’artiste, en solo ou en groupe, exprime à travers des actions qui ont une dimension réflexive et engagée, portée par le corps, fait ressortir l’artiste plasticienne. C’est une manière de refléter les sentiments les plus profonds de l’âme, un moyen de se libérer. » 

Ainsi, les artistes contemporains utilisent leur corps comme médium pour interpeller, provoquer ou revendiquer peu importe la manière. « C’est ce qui entraîne souvent des critiques parce que souvent, les gens ne comprennent pas le langage et le message derrière. » La plupart du temps, les performances fonctionnent seules, « ici et maintenant » dans un lieu choisi par l’artiste. Cependant, des vidéos, des dessins et des photos permettent de garder la trace de l’œuvre éphémère qui devient à son tour une œuvre permettant de monnayer le travail de l'artiste.

Les conséquences de la migration

Née à Maurice en 1984, KMVH a choisi la vidéo-performance. Celle qui grandit au Congo Brazzaville dans une famille d’artistes, est contrainte, à dix ans, de quitter ce pays suite à la guerre civile. 

Elle conte les conséquences de la migration sur la transmission du langage, de la difficulté d'intégration à travers ses créations vidéographiques. « J’ai vécu la migration et je raconte la vie des migrants, physiquement et psychologiquement, à travers des gestes répétitifs du quotidien », confie l’artiste plasticienne 

En Form V, elle présente sa première sculpture en 3D, lors une exposition collective. Elle ne connaissait alors que deux médiums de l’univers artistique : la peinture et la sculpture. Après ses études secondaires, KMVH choisit de faire des études en stylisme. « Trois ans après des études dans le Fashion Design et une expérience en industrie textile, je voulais assouvir ma passion pour l’art. » 

KMVH intègre l’École des Beaux-Arts à La Réunion et y découvre plusieurs autres médiums dont l’art de la performance dans laquelle elle se spécialise. Après plusieurs performances, elle compte partager son savoir-faire à travers des ateliers, organisés avec la collaboration de The Third Dot, qui ont débuté, le 5 novembre. Ils ont lieu tous les mardis à 17 h 30 au Dock 13 à Port-Louis.

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