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Kidnappée par un voisin : Christabelle, 10 ans, retrouvée bâillonnée et ligotée à une chaise 

Satyam Goodur, le suspect, sera traduit en justice ce mercredi.

Sortie lundi pour se rendre à la boutique du coin, à cité Ste-Catherine, St-Pierre, Christabelle, 10 ans, n’est jamais rentrée à la maison. Après d’intenses recherches policières, la fillette a été retrouvée mardi dans la chambre de Satyam Goodur, un homme de 40 ans qui habite le quartier. Elle était bâillonnée et ligotée à une chaise. 

«Depi lindi pa kapav manze. Pann dormi nanie. » Ces propos sont ceux d’une mère soulagée que sa fille de 10 ans, portée disparue depuis lundi, ait été retrouvée. Mine défaite et les traits tirés, Marie Nasta N., se remémore la journée de lundi, en particulier le moment où elle lui a demandé de se rendre à la boutique du coin pour « acheter des nouilles et du poulet ». Elle ajoute qu’il devait être 11 h 15.

À midi, l’enfant n’était toujours pas rentrée. Inquiète, Marie Nasta a d’abord cherché auprès de sa sœur aînée. « Monn telefonn kot mo gran ser, me linn dir mwa ki zanfan la pa la », raconte-t-elle. Elle s’est ensuite rendue chez le commerçant du coin. « On m’a dit qu’elle avait déjà acheté les nouilles. Mais elle ne s’était pas encore rendue chez le marchand de produits frais », poursuit-elle. 

Plusieurs habitants du quartier se sont alors mobilisés pour retrouver la petite. Pascal et Marie Nasta N. ont ensuite signalé la disparition de leur fille à la police de Moka. Les agents des forces de l’ordre, menés par l’inspecteur Vishal Cowlessur, ont visionné les enregistrements des caméras de surveillance installées dans la localité afin de retracer l’itinéraire de la fillette entre son domicile et le commerce. Sur l’une des images, les policiers ont vu un homme précéder l’enfant. Celui-ci portait une casquette grise. On y voit aussi la petite, qui avait un sac de couleur bleue en sa possession, poursuivre sa route jusqu’à ce qu’elle s’arrête pour cueillir une fleur. De là, fin des images CCTV. 

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Pascal et Marie Nasta sont reconnaissants que leur fille ait  été retrouvée.

Les policiers ont porté leurs premiers soupçons sur l’homme figurant dans les enregistrements de vidéosurveillance. Il a été entendu une première fois lundi. Il a d’abord nié avoir fait du mal à la petite, disant qu’il connaissait bien le père de l’enfant. 

À 13 heures, mardi, un important développement est intervenu. Soupçonnant Satyam Goodur d’avoir enlevé la petite, la Criminal Investigation Division (CID) de Moka, les éléments de la Major Crime Investigation Team (MCIT) et ceux de la Special Anti-Robbery Squad ont fait une descente à son domicile. Les policiers de la Special Support Unit et ceux de la Special Mobile Force ont été appelés en renfort. 

Fin du suspense. La petite a été retrouvée. En ouvrant la chambre du suspect, les enquêteurs ont retrouvé Christabelle. Elle avait été bâillonnée. Elle avait les mains et les pieds ligotés à une chaise. Après avoir été libérée de ses liens, l’enfant a été conduite dans les locaux de la CID de Moka. Elle a subi un examen médical en début de soirée. Les prélèvements sont analysés pour vérifier si la fillette a été victime d’attouchements ou d’autres sévices. 

Soulagés d’apprendre que leur enfant avait été retrouvée, les parents se sont rendus au poste de police. Christabelle a été entendue par les enquêteurs, en présence d’officiers de la brigade des mineurs et de la Child Development Unit. Les limiers de la MCIT ont conduit le suspect aux Casernes centrales. Ce dernier sera traduit en justice ce mercredi 11 décembre 2019, sous une accusation provisoire de séquestration.

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Pascal, le père de la fillette, tentant de calmer la foule devant le domicile du suspect.

La police face à une foule hostile

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Pascal et Marie Nasta sont soulagés et reconnaissants que leur fille ait  été retrouvée.

Les esprits se sont échauffés mardi, après que Christabelle a été retrouvée dans la maison de Satyam Goodur. Ce dernier était en compagnie de policiers lorsqu’ils se sont rendus sur place. Plusieurs habitants, dont le père de l’enfant, se sont précipités sur les lieux. Plusieurs personnes, munies de morceaux de bois, menaçaient de s’en prendre au suspect. Les éléments de la Special Support Unit, de la Special Mobile Force et d’autres unités de la police ont eu fort à faire pour calmer les esprits. Le suspect a pu être évacué face à une foule en colère qui cherchait à le lyncher. Le père de l’enfant a demandé aux gens de se calmer et de laisser la police faire son travail.


Kalpana Koonjoo-Shah : «Je suis outrée» 

Sollicitée pour une réaction, la ministre de l’Égalité des genres et du Bien-être de la famille condamne sévèrement cet acte. « Je suis outrée par ce cas d’enlèvement. Je suis cette affaire de près… La fillette coopère avec les deux psychologues et les officiers de la Child Development Unit qui l’accompagnent pour sa déposition. Elle sera examinée par les médecins de l’hôpital Victoria. Dès que j’aurai plus de renseignements dans le rapport final des officiers de mon ministère, je déciderai de la marche à suivre », a déclaré Kalpana Koonjoo-Shah après avoir appris que la fillette avait été retrouvée saine et sauve.


Pascal N., père de la petite : «Mo mem monn etone» 

Pascal N. n’en revient toujours pas. Juste après avoir retrouvé sa fille chez le suspect, il s’est dit étonné que cet homme ait commis un tel acte, d’autant qu’il le connaît bien. « Nou abitie badine ansam. Mo mem monn etone. Mo pa ti atann sa », a-t-il déclaré. Selon ses dires, le suspect et lui n’ont jamais eu de problèmes auparavant. Pascal ne comprend pas pourquoi ce voisin a agi de la sorte. Il se dit néanmoins soulagé d’avoir enfin pu retrouver sa fille. « Je remercie la police, les proches et tous les habitants de cité Sainte-Catherine de nous avoir aidés à retrouver notre fille. »


La mère du suspect : «Si linn fer erer bizin aret li» 

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Sarita Goodur dit n’avoir rien entendu d’anormal dans la maison.

Sarita Goodur, la mère du suspect, était dans les champs lorsque la police a fait cette descente à son domicile. Elle affirme qu’elle n’a rien entendu d’anormal dans sa maison dans la soirée. 

« Mo ti la enn lanwit. Zanfan la pa ti la. Je n’ai jamais entendu d’enfant dans la maison. Comment se fait-il que la police l’ait retrouvée ici ? Le matin, je me suis réveillée à 5 heures pour me rendre au travail », dit-elle. Selon ses dires, son fils est une personne calme qui a toutefois du caractère : « Li pa les personn rant dan so lasam », dit-elle. 

Elle souligne cependant que si son fils a quelque chose à voir avec l’enlèvement, il doit faire face à la justice. « Si linn fer enn erer, normal bizin aret li pou donn li enn koreksion », confie-t-elle.


Rita Venkatasawmy : «Il y a des abuseurs potentiels qui guettent»

L’Ombudsperson for Children, Rita Venkatasawmy, se dit choquée. Elle estime que ce cas démontre que le temps où les enfants pouvaient se promener dans un quartier seuls et jouer en toute sécurité est révolu. « Les enfants ne peuvent certes pas rester entre quatre murs. Mais ils ne sont plus en sécurité, car il y a des abuseurs potentiels qui guettent. C’est désolant. Aujourd’hui, les parents doivent redoubler de vigilance. Ceux qui travaillent durant la période des vacances doivent faire attention », souligne-t-elle. Elle se dit néanmoins soulagée du travail abattu par la police pour retrouver la fillette. « J’ai été constamment en contact avec la brigade des mineurs dès que la disparition a été signalée. Toute l’équipe a fait du bon travail. Hats off ! »

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