Khushal Lobine : le rêve brésilien
Par
Ajagen Koomalen Rungen , Azeem Khodabux
Par
Ajagen Koomalen Rungen , Azeem Khodabux
À l’approche de la Coupe du monde 2026, Khushal Lobine replonge dans ses souvenirs : les matchs du Brésil regardés en famille, les albums de stickers collectionnés durant son enfance, ses années de joueur… et cette passion intacte pour le ballon rond.
Son regard s’illumine immédiatement lorsque l’on évoque la Coupe du monde. Dans le salon de sa maison à Camp-Fouquereaux, Khushal Lobine parle football avec la même énergie qu’un adolescent. Pendant quelques instants, le député et leader de Nouveaux Démocrates laisse place au passionné de ballon rond. Chez lui, le football n’a jamais été un simple sport. C’est une histoire de famille, de souvenirs et d’émotions gravées dans le temps.
« La Coupe du monde, c’était quelque chose de sacré chez nous », raconte-t-il avec nostalgie. Dans les années 1980 et 1990, chaque match important devenait un véritable événement familial. Les soirées se transformaient en rendez-vous incontournables où tout le monde se réunissait devant la télévision. « On attendait les matchs avec impatience. L’ambiance était incroyable. »
Parmi toutes les équipes du monde, une seule faisait battre son cœur plus fort que les autres : le Brésil. Depuis son enfance, il est fasciné par la Seleção. Le jaune éclatant, le jeu spectaculaire, la créativité des joueurs… tout le faisait rêver. « Le Brésil jouait avec une liberté incroyable. Ils donnaient du plaisir aux gens. »
Il évoque les grandes figures qui ont marqué sa jeunesse : Zico, Romário et Ronaldo. Des joueurs qui représentaient, pour lui, l’essence même du football. « Ronaldo était exceptionnel. Quand il touchait le ballon, on sentait qu’il pouvait créer quelque chose à tout moment », se rappelle-t-il.
Très tôt, Khushal Lobine est lui-même devenu un joueur passionné. Dans les rues et sur les terrains improvisés, il passait des heures avec un ballon aux pieds. Son premier entraîneur ? Un mur.
« Je jouais énormément contre un mur. C’est comme ça que j’ai appris beaucoup de techniques », sourit-il. À force de travail, il développe rapidement une excellente technique de jeu. Gaucher naturel, il apprend aussi à jouer du pied droit avec facilité. « Avec le football, j’ai appris à utiliser les deux pieds. »
Sur le terrain, il débute comme défenseur avant de monter progressivement au milieu de terrain. Mais ce qui faisait sa force, selon lui, c’était surtout sa vision du jeu et la précision de ses passes. « Je pouvais envoyer le ballon à n’importe qui sur le terrain », affirme-t-il avec une certaine fierté.
Au Royal College Curepipe, il continue de perfectionner son jeu avec ses amis. Les matchs entre camarades rythment les journées. « On jouait tout le temps. Dès qu’on avait un moment libre, on prenait un ballon. »
C’est aussi à cette période qu’il développe une autre grande passion footballistique : Manchester United. Comme des millions de jeunes à travers le monde, il tombe amoureux du football anglais et de la Premier League. L’intensité des matchs, l’engagement physique, les stades mythiques… tout le séduit. « J’ai toujours adoré la Premier League », explique-t-il.
Il suit les rencontres de Manchester United avec ferveur, analyse les joueurs et mémorise les grandes affiches. « Le football anglais avait une intensité particulière », dit-il.
Mais malgré son admiration pour le championnat anglais, son cœur reste profondément attaché au Brésil lorsqu’il s’agit de Coupe du monde. Aujourd’hui encore, il suit attentivement l’évolution des sélections nationales. Deux équipes l’impressionnent particulièrement : la France et l’Espagne.
« La France possède énormément de qualités. Ils ont de l’expérience, de la puissance et beaucoup de talent », analyse-t-il. Quant à l’Espagne, il admire leur intelligence collective et leur maîtrise technique. « Ils jouent un football très structuré. »
Mais une autre finale fait rêver son cœur de supporteur : Portugal-Brésil. Impossible pour lui d’évoquer le Portugal sans parler de Cristiano Ronaldo. Le joueur portugais force son admiration par sa discipline et sa longévité exceptionnelle. « Cristiano Ronaldo est un exemple de travail et de détermination. »
En parlant football, Khushal Lobine replonge aussi dans les souvenirs les plus simples de son enfance : les albums Panini, les échanges de stickers entre amis et les posters des stars internationales. « On collectionnait tout. Les albums de Coupe du monde faisaient partie de notre enfance », raconte-t-il avec émotion. Chaque vignette collée représentait alors un rêve, chaque joueur devenait un héros.
Puis les années ont passé. Après ses études secondaires, il a quitté Maurice pour poursuivre des études de droit au Pays de Galles. Un nouveau chapitre a commencé, mais le football est resté omniprésent dans sa vie. Même loin de son pays, il a continué à jouer régulièrement.
Et aujourd’hui encore, malgré ses responsabilités politiques, il continue de chausser les crampons dès qu’il en a l’occasion. « J’ai marqué pas mal de buts autrefois… et maintenant aussi », dit-il avec malice.
Chaque lundi, presque comme un rituel, il participe à des matchs de futsal avec des amis. « J’ai toujours gardé cette passion. » Il raconte alors une anecdote qui le fait éclater de rire. Lors d’un match de futsal, un jeune joueur lui lance soudainement : « Ey, to’nn pas boul-la ar mwa la ! » « C’est là que j’ai réalisé que je devenais vieux », plaisante-t-il.
Mais au fond, le plaisir reste intact. Le football demeure, pour lui, une source d’équilibre et de liberté. « Le sport est essentiel dans la vie des jeunes », insiste-t-il. Pour le député, le football transmet bien plus que des compétences physiques. Il enseigne aussi le respect, la discipline, le travail d’équipe et le dépassement de soi. C’est pourquoi il encourage fortement la jeunesse mauricienne à pratiquer une activité sportive. « Le sport peut ouvrir beaucoup de portes et éloigner les jeunes de nombreuses mauvaises influences. »
En l’écoutant parler, une évidence s’impose : derrière l’homme politique se cache toujours ce jeune garçon passionné qui rêvait devant les exploits du Brésil. Il l’avoue d’ailleurs sans hésitation : « J’aurais adoré devenir joueur de football. »
Car chez Khushal Lobine, le football n’est pas seulement un souvenir d’enfance. C’est une émotion qui ne s’est jamais éteinte. Et lorsque débutera la Coupe du monde et que le Brésil entrera sur le terrain vêtu de jaune et vert, il retrouve instantanément son âme de supporteur. Comme au premier jour.