Khushal Lobine : «La population attend des actions, pas des querelles politiques»
Par
Le Défi Quotidien
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À la veille de la rentrée parlementaire prévue ce mardi après trois mois de pause, l’émission « Au Cœur de l’Info », animée par Patrick Hilbert sur Radio Plus, s’est penchée sur les enjeux politiques du moment.
C’est une phrase qui résume l’impatience d’un pays. À la veille de la reprise des travaux parlementaires ce mardi, après trois mois de pause, le député et leader des Nouveaux Démocrates Khushal Lobine a lancé un avertissement sans détour : les Mauriciens n’ont plus de patience pour les turbulences internes de la majorité. Ce qu’ils attendent, c’est du concret.
« La population veut surtout voir des actions. Peu importe le nom des dirigeants, ce qui compte pour les Mauriciens, c’est ce qui est fait pour améliorer leur vie quotidienne. La population attend des actions, pas des querelles politiques », a-t-il martelé sur les antennes de Radio Plus, dans l’émission « Au Cœur de l’Info » animée par Patrick Hilbert, hier.
Le message est adressé autant à ses partenaires de l’Alliance du Changement qu’à l’ensemble de la classe politique. Khushal Lobine rappelle que le gouvernement a été porté au pouvoir sur la promesse de réformes et de réponses aux attentes populaires, et que c’est sur ce terrain qu’il sera jugé.
Pour illustrer l’urgence économique, il a mis des chiffres sur la table. Dans un contexte international marqué par des tensions géopolitiques croissantes, les répercussions se font déjà sentir sur le quotidien des Mauriciens. « Un conteneur qui coûtait environ 3 000 dollars représente aujourd’hui près de Rs 150 000. Cela crée une spirale inflationniste qui touche les petites entreprises et les consommateurs », a-t-il averti.
Sur le plateau, le journaliste Rajen Valayden a replacé les tensions actuelles dans une perspective historique. Pour lui, les craquements au sein des alliances ne sont ni inédits ni surprenants. « L’instabilité fait partie de l’histoire politique du pays, notamment lorsqu’il s’agit d’alliances. Ce type de tensions n’est donc pas une surprise », a-t-il affirmé. Il voit dans la situation actuelle la manifestation d’un cycle récurrent, où les rapports de force entre partenaires de coalition évoluent inévitablement avec le temps.
Mais Rajen Valayden rejoint Khushal Lobine sur l’essentiel : la vraie question reste celle de la connexion du gouvernement aux préoccupations réelles de la population. « La politique ne se résume pas aux jeux d’alliances. Elle concerne avant tout la vie quotidienne des Mauriciens, leur sécurité, leur accès à l’éducation et à une meilleure qualité de vie », a-t-il rappelé.
Mais pour l’ancienne députée travailliste Nita Deerpalsing, les tensions que traverse la coalition ne sont pas le simple produit de personnalités incompatibles ou d’ambitions concurrentes. Elles révèlent un dysfonctionnement ancré dans l’architecture même du système politique mauricien. « Le problème vient du fait que trop de pouvoir discrétionnaire est concentré entre les mains du Premier ministre. C’est un problème structurel qui dépasse les individus », a-t-elle déclaré.
Elle a rappelé que la promesse de réformes systémiques avait suscité de fortes attentes lors des dernières élections, des attentes qui portaient précisément sur le rééquilibrage des pouvoirs, le renforcement des contre-pouvoirs institutionnels et la limitation de la toute-puissance de l’exécutif.
Les trois intervenants s’accordent sur un point : la session qui s’ouvre ce mardi sera déterminante. Elle devra clarifier la place du MMM au sein de la majorité, trancher les tensions qui couvent depuis plusieurs semaines et surtout démontrer que l’Alliance du Changement est encore capable de gouverner avec cohérence. La population, elle, observe.
Cette retranscription n’est qu’une partie de l’émission qui est d’une durée de deux heures. Elle est à voir sur les plateformes de Défi Media et la chaîne YouTube de Téléplus.