Key Rate : quand les remboursements pèsent davantage sur les ménages
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Le Défi Quotidien
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La récente hausse du Key Rate continue d’alimenter les inquiétudes des ménages mauriciens. Entre remboursements de prêts plus élevés, pouvoir d’achat sous pression et endettement grandissant, l’émission « Au Cœur de l’Info » du mardi 26 mai s’est intéressée aux conséquences concrètes de cette décision monétaire avec Dan Maraye, ancien gouverneur de la Banque de Maurice.
Invité de Murvind Beetun, Dan Maraye, ancien gouverneur de la Banque de Maurice (BoM), a d’abord expliqué les mécanismes derrière cette décision ainsi que ses conséquences sur les emprunteurs. Il a notamment rappelé que le Key Rate constitue un outil utilisé par la BoM pour maintenir la stabilité des prix et contrôler l’inflation, et que les décisions sont prises par le Monetary Policy Committee, qui tient compte des indicateurs économiques locaux et internationaux. « Le rôle de la Banque centrale est avant tout d’assurer la stabilité des prix », a-t-il souligné.
Selon lui, les tensions géopolitiques actuelles, notamment au Moyen-Orient, l’évolution des marchés internationaux et la hausse des prix à l’échelle mondiale exercent une pression supplémentaire sur les économies ouvertes comme Maurice. Il a ainsi fait ressortir qu’en augmentant le Key Rate, l’objectif est notamment de limiter la circulation excessive d’argent et d’encourager davantage l’épargne. « Lorsqu’on augmente les taux d’intérêt, cela réduit la demande de crédit et contribue à ralentir l’inflation », a-t-il indiqué. Toutefois, cette décision n’est pas sans conséquences directes pour les ménages. Les personnes ayant contracté des prêts immobiliers ou d’autres crédits à long terme sont parmi les premières touchées.
Cependant, interrogé sur la récente décision de la Banque de Maurice d’augmenter le Key Rate de 0,25 point de pourcentage, Dan Maraye a apporté son soutien à cette mesure. « C’est une décision courageuse », a-t-il déclaré. « La Banque centrale doit penser au pays avant tout et prendre des décisions sur la base des données économiques disponibles », a-t-il ajouté. Il a toutefois reconnu que les Mauriciens ne perçoivent souvent que les effets immédiats de ces mesures. « Les gens voient surtout la hausse des remboursements et les difficultés à la fin du mois », a-t-il expliqué.
L’ancien gouverneur a aussi estimé que la discipline financière devait être renforcée tant du côté des ménages que des banques commerciales. Il a souligné que certaines décisions d’emprunt sont parfois prises sans tenir pleinement compte des capacités de remboursement. « Nous devons aussi apprendre à emprunter selon nos moyens », a-t-il fait comprendre.
Au-delà de la politique monétaire, Dan Maraye est d’avis que le gouvernement devra également faire preuve de prudence dans le prochain Budget. « Il ne faut pas de dépenses excessives ni de projets qui ne constituent pas une priorité nationale », a-t-il soutenu. Pour ce dernier, le défi est maintenant de trouver un équilibre entre la nécessité de contrôler l’inflation et celle d’éviter d’accentuer davantage la pression sur les ménages déjà confrontés à une hausse du coût de la vie.
• Cette retranscription n’est qu’une partie de l’émission, qui est d’une durée de deux heures. Elle est à voir sur les plateformes de Défi Media et la chaîne YouTube de TéléPlus.