Publicité

Kevin Carpenen : «Ces surcharges sont dictées par les firmes maritimes»

Par Le Défi Plus
Publié le: 25 avril 2026 à 14:30
Image
Kevin Carpenen, président de l’Association Professionnelle des Transitaires.
Kevin Carpenen, président de l’Association Professionnelle des Transitaires.

Selon le président de l’Association Professionnelle des Transitaires (APT), plusieurs paramètres doivent être pris en compte avant d’évaluer les hausses observées ces derniers mois. Il souligne que le marché du fret est structuré autour d’une concurrence entre grandes lignes maritimes. Au départ des pays comme la Chine et l’Inde, les importateurs mauriciens ont généralement le choix entre plusieurs opérateurs majeurs, notamment PIL, CMA CGM, Maersk et MSC. 

« Pour une compétition saine, chacune de ces lignes a ses propres prix et ses propres surcharges », explique-t-il. Ainsi, il devient difficile de dégager une tendance uniforme, chaque compagnie appliquant des ajustements distincts en fonction de ses coûts et de sa stratégie. À cela s’ajoute la variabilité géographique. En Chine, qui compte plusieurs dizaines de ports actifs, les tarifs diffèrent selon le point de départ des marchandises. La situation est similaire en Inde, où les principaux ports affichent également des grilles tarifaires différentes. « Le prix du fret évolue chaque dizaine ou quinzaine et varie d’un port à un autre », précise Kevin Carpenen.

Malgré cette complexité, certaines tendances générales peuvent être dégagées. « Durant les deux premières quinzaines de mars, une hausse moyenne de 25 % à 27 % a été observée sur les conteneurs de 20 pieds au départ de la Chine vers Maurice, tandis que les conteneurs de 40 pieds ont enregistré une augmentation plus marquée, oscillant entre 42 % et 45 %. Du côté de l’Inde, la hausse a été plus modérée, avec une progression d’environ 8 % à 10 % pour les conteneurs de 20 pieds et entre 14 % et 16 % pour les 40 pieds », indique-t-il.  

En revanche, depuis l’Europe, la situation apparaît plus stable. Kevin Carpenen explique qu’il n’y a pas eu d’augmentation du fret de base sur cette route, bien que certaines compagnies aient introduit des surcharges avoisinant les 10 %.

Des signes d’accalmie commencent toutefois à apparaître. Dans certains cas, les tarifs au départ de ports chinois et indiens sont restés inchangés durant la seconde moitié d’avril jusqu’à mi-mai. Mieux encore, certaines lignes annoncent des baisses de l’ordre de 2 % à 4 %. Kevin Carpenen rappelle que ces fluctuations échappent au contrôle des transitaires locaux. « Les hausses du fret maritime et les surcharges ne sont pas entre les mains de l’APT, mais dictées par les maisons mères des lignes maritimes », fait-il ressortir. 


Note:    

Chine : hausse jusqu’à +60% selon les ports et conteneurs 
Inde : hausse plus modérée mais significative (+10% à +20% environ) 
Moyen-Orient : explosion des coûts jusqu’à +215% en situation de crise


MSC, CMA CGM et Maersk ajustent leurs tarifs face aux risques

Les principaux transporteurs ont introduit ou maintenu des surtaxes liées aux risques et à l’instabilité géopolitique, notamment :

  • MSC : Surtaxe pour risque de guerre sur les flux commerciaux liés au Golfe et à l’océan Indien, y compris les itinéraires concernant Maurice.
  • CMA CGM : Surtaxes d’urgence en cas de conflit et de haute saison appliquées aux flux commerciaux Asie-Afrique et océan Indien.
  • Maersk : Ajustements de fret d’urgence et surtaxes liées au carburant reflétant les coûts de réacheminement et la volatilité des prix du carburant.

Image
MSC, CMA CGM et Maersk
Image
MSC, CMA CGM et Maersk
Quelle est votre réaction ?
Publicité
À LA UNE