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Ken Poonoosamy, Chief Executive Officer de l’EDB : « L’accord de libre-échange démontre notre avant-gardisme envers la Chine »

Ken Poonoosamy, CEO de l’EDB.

Premier pays africain à parapher un accord avec la deuxième puissance économique mondiale, Maurice se trouve dans une situation favorable. Ken Poonoosamy, CEO de l’Economic Development Board (EDB) évoque une collaboration triangulaire Chine-Afrique-Maurice. Il fait ressortir que le pays bénéficiera en matière d’investissements et de création d’emplois. 

L’accord de libre-échange entre la République Populaire de Chine et Maurice est effectif depuis le 1er janvier. Quelle en est sa pertinence ?

Maurice a été l’un des premiers pays africains à reconnaitre la Chine populaire. Les deux pays ont établi des relations diplomatiques dès 1972. Cependant, les échanges économiques et culturels remontent à bien plus longtemps vu l’historique de la diaspora chinoise à Maurice, en Afrique et les pays de la région.  Au fil des décennies, ces échanges ont bien évolué dans divers domaines : éducation, formation, coopération scientifique, infrastructures, commerce et investissements. Le tout en tenant compte de l’ampleur de la croissance chinoise. La Chine est devenue de manière rapide notre deuxième partenaire commercial. (…)

Une fois de plus, l’accord démontre l’avant-gardisme de notre vision envers la Chine. Vous savez, cet accord est le premier signé par la Chine avec un pays africain. Cela démontre la place privilégiée que nous occupons en Afrique aux yeux des dirigeants chinois.

Quelles sont les retombées immédiates et futures pour les producteurs mauriciens ?

Nous bénéficions d’ores et déjà d’un accès hors-taxe sur le marché chinois pour quelque 7 500 produits d’exportation. Les droits de douane sont progressivement supprimés sur 723 autres produits depuis janvier dernier et cette mesure va s’échelonner sur une période de cinq à sept ans. Dans la durée, nous bénéficierons aussi d’un régime douanier favorable pour le sucre. Le quota préférentiel démarre à 15 000 tonnes, passant à 50 000 tonnes au bout de huit ans.

Sur le plus long terme, nous comptons accentuer nos exportations de services sur ce marché, car l’accord  établit une base solide pour accroitre davantage les investissements et les échanges entre la Chine, Maurice et les pays africains dans plus d’une centaine de secteurs. Parmi, on retrouve les services financiers, les télécommunications ou encore l’informatique.  Enfin, l’accord de libre-échange continental africain, dont le pays est signataire, le positionne tout particulièrement comme un tremplin pour attirer les investissements chinois sur le continent. 

Pourriez-vous aborder la dimension africaine de cet accord et comment est-elle bénéfique pour, en premier lieu,  Maurice et ensuite la Chine ?

Cet accord de libre-échange fournit une garantie institutionnelle plus forte pour l'approfondissement des relations économiques et commerciales entre les deux pays. De plus, il donne un nouveau sens au partenariat stratégique global entre la Chine et l'Afrique, en promouvant la coopération économique Chine-Maurice-Afrique. Cette coopération commerciale représente une nouvelle dimension et ouvre de nouvelles perspectives.

L’accord de libre-échange continental africain nous ouvre un accès sur ce marché. Il s’agira de prendre avantage de ces deux accords dans le cadre d’une collaboration triangulaire. Un accroissement des flux commerciaux, que ce soit en termes de biens ou de services de la Chine vers l’Afrique à travers Maurice, est possible et doit être exploité. Les investisseurs chinois ont désormais cette possibilité de prendre avantage de l’accord africain à condition, bien sûr, qu’ils installent ici leurs entreprises ou leurs filiales. Nous avons développé tout l’écosystème pour accueillir les fabricants chinois et permettre aux autres types d’entreprises d’établir leur quartier général pour la région.

Ce faisant, Maurice gagnera alors en matière d’investissements et de création d’emplois. Quant à la Chine, elle pourra prendre avantage de nos liens privilégiés avec nos partenaires africains et bénéficier d’une destination stable qui lui procure toutes les compétences requises. 

Quand est-ce que l'EDB compte organiser des conférences en Chine pour booster l'investissement direct étranger en provenance de la deuxième puissance économique mondiale ?

Nous avons élaboré un calendrier de prospections et d’activités promotionnelles, qui inclut la tenue des conférences tant en Chine qu’à Maurice. Avec la crise sanitaire et les restrictions sur les voyages, nous sommes obligés de prendre les précautions nécessaires. Nous avons transformé nos événements mensuels physiques en webinaires.  Nos activités de promotion hors Maurice ont été ralenties. Néanmoins, nos équipes ont poursuivi leurs projets et maintenu la relation avec les prospects et partenaires en s’appuyant sur le télétravail et les outils de travail collaboratifs. Avec l’assouplissement prochain des restrictions sur les voyages, nous espérons pouvoir reprendre un contact plus rapproché avec les investisseurs chinois. 
 

 

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