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Kailesh Jagutpal : «Aucun aliment périmé n’a été servi aux patient»

Dans cet entretien accordé au Défi Quotidien, Kailesh Jagutpal aborde plusieurs thèmes, dont celui qui défraie la chronique : l’insalubrité dans les hôpitaux et le stockage de produits périmés. Il affirme que ces produits allaient être détruits. Il est très critique envers les députés du Parti travailliste, Shakeel Mohamed et Ehsan Juman, qui sont, selon lui, animés par leurs motivations politiques.

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Le stockage de produits alimentaires périmés a défrayé la chronique la semaine dernière. Quelles explications avez-vous à cela ? 
Pour moi, il s’agit principalement d’une manœuvre politique de l’opposition. L’objectif principal du ministère de la Santé est de fournir les soins nécessaires aux patients. Les deux députés, Ehsan Juman et Shakeel Mohamed, se sont rendus dans ce lieu de stockage sans aucune autorisation. J’ai travaillé pendant 22 ans dans les hôpitaux publics, mais je n’ai jamais eu accès aux zones d’entreposage. 
Le stockage des produits fait l’objet d’un contrôle strict. Ces deux députés ont pénétré dans cette zone et je tiens à rappeler que cela constitue un acte répréhensible. 

Il s’agit de produits périmés. Où auraient-ils préféré que ces produits soient entreposés ? Devaient-ils être laissés dans la rue  ? 
Ils ont réalisé une vidéo pour déclarer que ce sont des produits périmés. C’est le cas en effet. Mais ils ont été entreposés là en attendant les procédures pour leur élimination à Mare-Chicose. 

Donc vous confirmez qu’il ne s’agit pas de produits utilisés dans la préparation des repas des patients ? 
Oui. Tous les produits de consommation suivent un processus en plusieurs étapes. Le gestionnaire du stock livre les produits à la Catering Unit, laquelle a un contrôle sur les produits. C’est un processus complet. Les deux députés tentent de donner l’impression que des repas à base de produits périmés sont servis aux patients, ce qui est absolument faux.

En agissant de la sorte, ils blâment l’ensemble du personnel de cette chaîne, des officiers du stock à ceux de la Catering Unit. Ils essaient de faire croire aux gens que ces personnes ne font pas correctement leur travail. Ils prétendent que les patients reçoivent des repas de mauvaise qualité. Que cherchent-ils à accomplir en agissant ainsi ? L’hôpital de Candos. a plus de 100 ans. Vous savez qui a travaillé là-bas ? Le Dr Rashid Beebeejaun, qui a été Deputy Prime Minister, et même le membre du MMM, le Dr Satish Boolell. Pourtant, rien n’a été fait pour le changer. L’hôpital et l’unité de « catering » sont restés tels qu’ils étaient. 
Aujourd’hui, les députés du PTr exposent des photos pour montrer l’état actuel de l’hôpital, qui est inévitablement le même qu’auparavant, car rien n’a été entrepris pour le rénover depuis tant d’années. 

En ce qui concerne les punaises, on fait également des contrôles quand il y a des cas. Même dans des écoles en France, il y a des punaises. On ne peut pas y échapper.»

Quels sont les projets de votre ministère pour cet hôpital ? 
Nous projetons de construire un nouvel hôpital. En ce moment, il y a la salle A8. Il y a un étage qui se trouve dans le département « casualty ». Quand cet étage sera ouvert, il y aura de l’espace et on pourra convertir cette salle en une Catering Unit. En revanche, cela ne se fera pas en un jour. On sait tous comment cela se passe. 

Pour ce qui est de la nourriture, nous ne sommes pas des spécialistes des repas, mais nous offrons de la qualité. Il y a plusieurs émissions dans lesquelles les gens peuvent s’exprimer. Nous avons entendu parler des cas de personnes se plaignant du traitement mais jamais de la nourriture.. 

Pourtant, il y a des critiques... 
Vous savez, nous dépensons beaucoup pour offrir un service. Chaque année, il y a 50 000 interventions, alors que le nombre de consultations se situe entre 8 millions et 10 millions. Si l’établissement avait été privé, savez-vous combien d’argent il aurait fallu donner au ministère de la Santé ? Plus de Rs 50 milliards. 

Avec le budget dont nous disposons, notre capacité et les structures disponibles, nous arrivons à faire tout cela. Nous essayons d’offrir des médicaments que nous pouvons. 

Le Dr Gujadhur qui a été dans le service pendant des années,  fait des critiques. Pourtant, il a lui-même été directeur des services de santé publique.  

L’insalubrité reste d’actualité avec des rats et des punaises dans des hôpitaux. Un rapport de l’Organisation mondiale de la santé affirme que les hôpitaux publics de Maurice restent des foyers d’infection Que répondez-vous?
Il y a un contrôle, mais on ne peut pas éliminer tous les rats. A l’hôpital Victoria, il y a des souterrains et des drains qui ne sont pas accessibles car l’établissement est vieux. Mais, il y a un contrôle. La Rodent Unit m’a expliqué qu’on peut en voir deux ou trois, mais pas plusieurs. 

En ce qui concerne les punaises, on fait également des contrôles quand il y a des cas. Même dans des écoles en France, il y a des punaises. On ne peut pas y échapper.

Vous avez annoncé que les patients sous traitement de méthadone pourront ramener leur dose à la maison. Comment cela va-t-il se passer ? 
Il y a 7 700 bénéficiaires du traitement à la méthadone, laquelle est principalement distribuée dans les postes de police. Parmi ces personnes, certaines ont pu se stabiliser et mènent une vie normale. Elles travaillent et elles ont une famille. Pour faciliter leur accès au traitement, elles ont la possibilité de se rendre dans des centres de santé.. 

C’est compréhensible que l’annonce ait pu susciter des inquiétudes, notamment parmi les voisins. Ces craintes sont souvent liées à la peur que tous ceux qui suivent un traitement à la méthadone ne passent leur temps dans la rue. Ce qui peut parfois être le cas. 

Mais il faut garder à l’esprit qu’une partie significative de ces bénéficiaires mène une vie normale. Il est crucial de les aider à se réintégrer dans la société. . 

Y a-t-ileu un « screening » des personnes qui seront éligibles ? 
Sur les 7 700 bénéficiaires, près de 500 à 600 mènent désormais une vie normale. Ils ont trouvé la voie de la stabilité. Leur capacité à travailler et à maintenir des liens familiaux est une preuve de leur rétablissement. En comprenant et en soutenant ces individus, nous faisons un pas en avant pour faciliter leur réintégration dans la société. 

N’y aura-t-il pas de conditions rattachées à cette option ? 
Je le dis, il s’agit de personnes qui se sont stabilisées. Il sera même possible de leur fournir leurs doses pour une semaine, puis éventuellement pour deux semaines, voire un mois. Cette transition se fera progressivement. Il y aura un suivi. Les bénéficiaires vivent déjà avec leur famille, qui jouera le rôle de surveillante.. Cette initiative est menée conformément aux recommandations du Dr Mété, l’addictologue du ministère de la Santé.

 

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