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Jyoti Jeetun : «Avoir des lois ne suffit plus, il faut prouver qu’elles fonctionnent»

Par Fabrice Laretif
Publié le: 1 avril 2026 à 12:27
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Selon la ministre Jeetun, le projet de loi vise à moderniser les dispositifs contre le blanchiment d’argent.
Selon la ministre Jeetun, le projet de loi vise à moderniser les dispositifs contre le blanchiment d’argent.

Présenté au Parlement, l’Anti-Money Laundering, Combatting the Financing of Terrorism and Countering Proliferation Financing (Miscellaneous Provisions) Bill 2026 vise, selon la ministre Jyoti Jeetun, à adapter le cadre légal mauricien face aux risques financiers émergents et à consolider la crédibilité du centre financier international.

La ministre des Services financiers, Dr Jyoti Jeetun, a introduit le 31 mars au Parlement l’Anti-Money Laundering, Combatting the Financing of Terrorism and Countering Proliferation Financing (Miscellaneous Provisions) Bill 2026. Ce texte propose une série de réformes destinées à moderniser et consolider l’arsenal juridique encadrant le secteur financier mauricien.

Dans son intervention, la ministre a souligné que cette initiative s’inscrit dans une démarche visant à préserver la robustesse et la crédibilité du centre financier du pays. Elle a souligné que, pour Maurice, la transparence et la fiabilité ne relèvent pas uniquement d’exigences techniques, mais constituent un enjeu national. Face à l’évolution rapide des crimes financiers, de plus en plus complexes et transnationaux, la ministre a estimé qu’aucune juridiction ne peut se permettre de relâcher sa vigilance. Elle a ainsi rappelé l’importance de maintenir des cadres juridiques capables de s’adapter aux nouvelles menaces.

Selon elle, l’existence de lois ne suffit plus : leur efficacité doit être démontrée dans leur application concrète. Dans ce contexte, l’inaction représenterait un risque réel de marginalisation pour le pays. Le projet de loi vise ainsi à combler certaines lacunes identifiées et à renforcer les mécanismes d’application existants.

Parmi les priorités mises en avant figurent l’amélioration de la surveillance, la transparence concernant les bénéficiaires effectifs, le renforcement du renseignement financier et la confiscation des avoirs d’origine illicite. Le texte prévoit également un alignement du cadre réglementaire mauricien sur les dernières recommandations du Groupe d’action financière (GAFI).

La ministre a indiqué que l’adoption et la mise en œuvre de ces mesures devraient contribuer à limiter l’utilisation du territoire comme point de transit pour des flux financiers illégaux, tout en consolidant la conformité du pays aux normes internationales.

Par ailleurs, elle a précisé que l’objectif n’est pas d’alourdir inutilement la réglementation, mais de privilégier une approche ciblée, centrée sur les risques réels, afin de ne pas entraver les activités des opérateurs respectant les règles en vigueur.

 

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