Juliana Salva veut être la prochaine génération de «femme agripreneure»
Par
Leena Gooraya-Poligadoo
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Leena Gooraya-Poligadoo
Après avoir remporté le deuxième prix de LottotechSeeds, une compétition destinée à accompagner les femmes entrepreneures, Juliana Salva a hâte de mettre en pratique son projet d’aéroponie.
« En raison des intempéries causées par le changement climatique, mon but est de produire des légumes bio grâce à une nouvelle technique qui s’appelle aéroponie, qui permet de réduire la consommation d’eau et demande moins d’espace », explique Juliana Salva. En effet, son projet consiste à produire des légumes bio utilisant l’aéroponie qui est une forme d’hydroponie. La différence est que la racine de la plante n’est pas immergée dans l’eau, mais exposée à l’air avec de l’eau pulvérisée. « Le mécanisme d’alimentation et la surveillance des données comme la température se font par l’automatisation en utilisant l’énergie solaire », avance-t-elle.
Selon la jeune femme, afin de répondre aux besoins d’une population grandissante où la terre sera dédiée à la construction résidentielle, il est important de réviser la méthode utilisée pour la culture de légumes tout en optimisant l’espace et les ressources disponibles. « L’aéroponie, aussi connue comme l’agriculture verticale, utilise moins d’eau comparé à l’hydroponie et à la culture en terre. L’approvisionnement de nutriment en pulvérisation offre aussi un meilleur rendement et une meilleure qualité de légumes et ne requiert pas de pesticides », affirme-t-elle.
L’aéroponie, aussi connue comme l’agriculture verticale, utilise moins d’eau comparé à l’hydroponie et à la culture en terre.»
La culture en environnement contrôlé, dit-elle, offre plus de protection contre les insectes et ravageurs. Cette méthode est aussi utilisée par la NASA pour sa production de légumes, affirme-t-elle. « Mon expérience en automatisme me permet de gérer la partie contrôle de ce genre de cette culture », dit-elle. Juliana Salva est d’avis que Maurice dépend beaucoup de l’importation pour s’approvisionner en légumes alors que les terres agricoles ne sont pas exploitées de leur mieux. « La pandémie de la Covid-19 nous a montré l’importance de l’autosuffisance », dit-elle. Elle déplore aussi le fait que les jeunes ne s’intéressent pas assez à l’agriculture.
Actuellement, elle travaille sur la construction de son prototype, le Cash Prize qu’elle a reçu lui permettant d’acquérir les matériaux nécessaires. Petit à petit, elle travaille sur la conception de sa ferme aéroponique. Cependant, elle confie que la réalisation de son prototype a été ralentie à cause du confinement.
Avec l’agriculture en GCE O’Level et un HSC en science, Juliana Salva possède aussi un Higher National Diploma en Electrical & Electronic Engineering, du Mauritius Institute of Training and Development. Après ses études, elle intègre une compagnie spécialisée dans l’automatisme industriel, où elle a travaillé comme automaticienne pendant trois ans. Elle s’est aussi formée à la programmation d’automate (SIEMENS) en Afrique du Sud avant de rejoindre une autre compagnie privée, où elle a été embauchée comme Technical Sales Officer. Elle a également suivi des formations auprès de Lottotech & We Empower, Entrepreneur on the move, ICJM, Programme de Promotion de l’Entrepreneuriat des Jeunes, Climate Launch Pad et Dynamia.
Juliana Salva est mariée et maman d’un bébé de 20 mois. « Je suis fan de lecture, notamment les livres sur le business et le développement personnel. Je fais aussi du ’meditation coloring’ pour me relaxer », confie-t-elle. À l’avenir, elle souhaite être dans la cour des grands dans la fourniture locale de légumes bio à des prix raisonnables. « C’est un secteur très compétitif, ma méthode se démarque », affirme-t-elle. Son rêve avoué : devenir la prochaine génération de « femme agripreneure » à Maurice.