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Journée internationale des personnes en situation de handicap - Handisport : lumière sur nos athlètes 

De plus en plus présents sur la scène internationale comme dans les médias, nos para-athlètes ne cessent de faire parler d’eux. À l’occasion de la Journée internationale des personnes en situation de handicap, zoom sur leurs rêves.

Elle n’a que 9 ans mais déjà des rêves plein la tête. La petite Kiara Larose est la nouvelle venue de l’équipe. Depuis quelque temps déjà, elle ne veut pas manquer ses sessions de sport les vendredis. Son idole : Noemi Alphonse. 

Sa mère Jenifer raconte que pendant longtemps, Kiara a regardé avec admiration les vidéos de l’athlète sur les réseaux sociaux et sur YouTube. « Elle jubilait à chaque fois qu’elle la regardait. Elle m’a toujours dit qu’elle voudrait devenir une grande dame comme Noemi Alphonse. »

La championne qu’on ne présente plus ne sait peut-être pas à qu’elle point elle inspire ceux autour d’elle. Elle vient de remporter au moins cinq médailles d’or au Portugal, dans la catégorie T54, soit au 100 m (17,32 sec), au 400 m (61,04 s), au 800 m (2 mins 07,15 s), au 1500 m (3 mins 55,19 s) et au 5000 m (12 mins 33,59 s). Humble, la jeune femme est fière de sa prestation. N’empêche, elle est déterminée à faire encore mieux lors des prochaines compétitions. 

Sur sa page Facebook, Noemi Alphonse a également partagé des photos avec la petite Kiara Larose et parle d’une rencontre magique. Quand elle a appris que la petite fille voulait la rencontrer, elle a fait en sorte que son souhait se réalise. Plus encore, elle l’a prise sous son aile en devenant son mentor. 

Jennifer Larose confie que sa petite Kiara nage en plein bonheur. « Elle a eu la chance d’avoir à ses côtés des gens qui la soutiennent et qui l’aident à mieux vivre avec son handicap. Le sport, c’est une nouvelle étape. Kiara a toujours rêvé de faire la course en fauteuil. Cette rencontre avec Noemie et le coach lui a donné beaucoup d’espoir. Elle est confiante en l’avenir », partage-t-elle. Selon la maman, Kiara apprend non seulement les techniques sportives mais aussi des valeurs. « Elle apprend à avoir confiance en elle et à rester déterminée. Je suis vraiment fière d’elle. »

Comme les autres parents d’enfants en situation de handicap, la jeune femme souhaite que plus d’enfants aient la chance d’évoluer dans le domaine sportif. Selon ces parents, beaucoup de ces enfants ont du potentiel mais n’ont pas eu la chance d’avoir accès à ces activités. Ils espèrent que les autorités leur proposeront plus d’opportunités. 

3 points importants avec…Jean-Marie Bhugeerathee, entraîneur national de handisport

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« Le para-athlétisme a pris une grande ampleur »

Constat... 

À ce jour, le para-athlétisme a pris une grande ampleur et nous sommes en nette progression. C’est un travail qui a débuté depuis huit ans et qui porte ses fruits. Le projet a pris forme non seulement au niveau national et régional, mais aussi à l’international et le travail marche à merveille.

Failles... 

À ce jour, nous ne pouvons pas trouver de grandes failles, car il faut avouer que le ministère nous donne un grand soutien. Même durant la période de la pandémie, nous avons été soutenus. Quand les choses fonctionnent, il faut le dire et quand les choses ne fonctionnent pas, il faut aussi le mentionner.

Recommandations...

À ce jour, même si le ministère nous fournit les moyens de transport pour le déplacement des athlètes, certains éprouvent des difficultés pour se déplacer, car les véhicules ne sont pas adaptés à leurs besoins. Si nous avons des transports adaptés, par exemple des vans avec des rampes intégrées, cela facilitera beaucoup les handisportifs.

12 médailles d’or aux World Games 

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Roberto Michel.

Nos six handisportifs ont été époustouflants aux International Wheelchair and Amputee Sports Federation (IWAS) World Games 2022. Cette compétition a eu lieu au Portugal. Ils reviennent avec pas moins de 12 médailles d’or, 6 médailles d’argent et 2 médailles de bronze. 

Anaïs Angeline a obtenu la médaille d’or au 100 m (14,85 s), une médaille d’argent au 200 m (31,82 s) et une de bronze au saut en longueur. Quant à Brandy Perrine, il rentre au bercail avec une médaille d’or (au 200m) et deux d’argent. 

Cédric Ravet revient avec quatre médailles : deux médailles d’or et deux d’argent en T54 et T34. Roberto Michel a obtenu deux médailles d’or, la première au 200 m (29,12 s) et la deuxième au 400 m (57,05 s). Pascal Laperotine s’est illustré au lancer de pois et remporte une médaille d’or.  

Soutien du ministère de la Jeunesse et des sports

Selon Fabien Hector, qui en est l’attaché de presse, le ministère de l’Autonomisation de la jeunesse et des sports accorde une place importante au handisport. « Depuis 2017, à chaque fois que la Fédération des handisportifs a sollicité le ministère, nous avons répondu présent, par l’intermédiaire du ministre Stephan Toussaint. » L’objectif, souligne Fabien Hector, est de placer ces athlètes au centre de la politique du ministère « afin qu’ils se sentent eux aussi concernés et privilégiés ». 

Une trentaine d’athlètes s’entraînent tous les jours au stade Maryse Justin. 

« C’est le ministère qui prend en charge leurs moyens de transport, leur nutrition et même au niveau de leurs équipements », fait-il savoir.
Ce n’est pas tout. « Lorsque des athlètes entament des études supérieures, le ministère donne un soutien financier à travers le Trust Fund et les différentes plateformes que le ministère a mis en place », indique l’attaché de presse.

D’autre part, le ministère de l’Autonomisation de la jeunesse et des sports soutient les délégations lors de leurs déplacements à l’étranger. « Nous prenons aussi en charge, presque en intégralité, le déplacement des handisportifs, que ce soit pour les préparations ou les compétitions internationales. » 

Cela a notamment été le cas pour les Jeux du Portugal, la semaine dernière. « Le ministère a financé pratiquement la totalité du déplacement à hauteur de Rs 2,5 millions. Cela a porté ses fruits en constatant le nombre de médailles récoltées », se réjouit Fabien Hector. 

Témoignage

Cédric Ravet : « Je m’étais renfermé lorsque je me suis retrouvé en fauteuil »

Cédric Ravet, 35 ans, n’a pas toujours été une personne porteuse d’un handicap. Sa vie a basculé à l’âge de 13 ans. Ce jour-là, il s’était rendu chez un proche afin de l’aider pour les travaux de construction de sa maison.

« J’ai été victime d’une chute et des blocs en béton se sont renversés sur ma jambe. J’ai été amputé et hospitalisé pendant plusieurs jours », raconte le trentenaire.

Du jour au lendemain, il se retrouve en fauteuil roulant. Une réalité que l’adolescent qu’il est alors accepte difficilement. « J’étais jeune, j’avais toute la vie devant moi et j’avais déja l’instinct sportif en moi. Je pratiquais le basketball et le football, entre autres, avant mon amputation. » 

Cédric Ravat confie que suivant son amputation, il y avait beaucoup de choses qu’il ne pouvait pas faire comme les autres. 

« Cela me rendait triste et je me suis senti bloqué car j’avais un groupe d’amis avec qui j’avais l’habitude de pratiquer des activités sportives que je ne pouvais désormais plus faire. »

Puis, un jour survient le déclic. Grâce à son ami Jean-Marie Malépa, il découvre le sport en fauteuil. « Grâce au basketball en fauteuil et à mon entourage et d’autres jeunes comme moi, j’ai senti que je n’étais pas le seul dans cette situation et j’ai repris goût à la vie. »

Cela fait maintenant plus de 20 ans qu’il évolue dans le domaine du handisport. Bien qu’il n’ait pas encore pu participer aux Jeux paralympiques, il affirme que ce n’est pas un regret dans sa carrière riche et fructueuse jalonnée de nombreuses médailles. « Mon objectif est de me qualifier pour les Jeux de Paris 2024. »

S’il a un conseil à donner, c’est surtout aux parents. « Les parents ont l’instinct protecteur, surtout quand l’enfant est porteur d’un handicap. Mais il ne faut pas les bloquer, il faut leur laisser le champ libre de se développer et de s’épanouir comme une personne normale. Les personnes porteuses de handicap ont beaucoup de volonté et ont des talents », affirme Cédric Ravat. 

 

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