Journée internationale des femmes dimanche : vers plus de représentation féminine à l’Assemblée nationale
Par
Haarisah Peerallee
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Haarisah Peerallee
« Il faut reconnaître davantage la participation des femmes dans la politique. » C’est le message lancé par le Premier ministre, Navin Ramgoolam, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, le dimanche 8 mars au Côte d’Or National Sports Complex.
Lors de cette cérémonie, le chef du gouvernement a insisté sur la nécessité d’accroître la place des femmes dans la politique. Il a noté que Maurice accuse encore un retard en matière de représentation féminine à l’Assemblée nationale.
« La Southern African Development Community recommande un minimum de 30 % de représentation féminine à l’Assemblée nationale. À Maurice, nous sommes actuellement autour de 18 %. », a-t-il déclaré.
Selon le Premier ministre, plusieurs obstacles continuent de freiner l’engagement des femmes en politique.
« Beaucoup de femmes hésitent encore à s’engager dans la politique active à cause du langage utilisé lors de certains meetings ou encore des attaques personnelles. Il faut les encourager à franchir le pas », a-t-il avancé.
Pour le chef du gouvernement, la réforme électorale qui est en préparation devrait permettre de corriger ces déséquilibres.
« Je suis convaincu qu’avec la réforme électorale, nous pourrons favoriser une meilleure représentation des femmes à l’Assemblée nationale. »
Il a également rappelé les amendements introduits dans le cadre des élections des collectivités locales afin d’inciter une participation plus importante des femmes à la politique.
D’autre part, Navin Ramgoolam a salué la contribution des Mauriciennes dans plusieurs secteurs clés de la société.
« Les femmes jouent un rôle essentiel dans le développement du pays. On les trouve à la tête d’institutions importantes, notamment à la Banque de Maurice, dans la diplomatie et sur la scène politique. »
Le Premier ministre a ajouté que la contribution des femmes à l’économie nationale doit être davantage reconnue et valorisée.
Abordant la question des violences faites aux femmes, le chef du gouvernement a estimé que l’arsenal juridique existe déjà et qu’un changement de mentalité est indispensable.
Il a aussi évoqué l’impact du fléau de la drogue sur la société mauricienne, estimant que ce phénomène contribue à l’augmentation de certaines formes de criminalité et de violence.
« La drogue est un problème majeur. Les autorités, notamment la brigade antidrogue, travaillent activement pour combattre ce fléau. »
Le Premier ministre a également évoqué la nécessité de renforcer la surveillance maritime afin de lutter contre l’introduction de drogues sur le territoire. « Une grande partie de la drogue arrive par la mer. Il est donc essentiel de renforcer la surveillance maritime », a-t-il déclaré.
Dans cette optique, il a annoncé la mise en place prochaine de la National Crime Agency qui constituera une avancée majeure dans la lutte contre la criminalité.
Commentant l’affaire Soopramanien Kistnen, Navin Ramgoolam est revenu sur la présence des éléments de Scotland Yard à Maurice. Le gouvernement veut faire la lumière sur le meurtre de l’ancien agent politique du Mouvement socialiste militant. Le Premier ministre a annoncé la relance du programme NICE dans les écoles. « Le programme NICE sera remis en place afin d’inculquer dès le plus jeune âge des valeurs de discipline, de respect et de civisme. »
De son côté, le Premier ministre adjoint, Paul Bérenger, a confirmé que la réforme électorale est en cours de finalisation au bureau du Premier ministre. Il a fait observer que le Premier ministre et lui- même partagent la même vision sur les enjeux d’inclusion et d’égalité.
Intervenant lors de la cérémonie, la ministre de l’Égalité des genres et du Bien-être de la famille, Arianne Navarre‑Marie, pour sa part, a évoqué les réformes en préparation pour renforcer la protection des personnes touchées par la violence domestique.« Nous avançons sur le Domestic Abuse Bill et ce ne sera pas seulement une réforme, mais un véritable changement de civilisation », a-t-elle indiqué. « Pour la première fois, la violence financière sera reconnue comme un crime, au même titre que les violences physiques infligées aux femmes. »
Elle a également précisé que les violences psychologiques et émotionnelles seront considérées comme des actes punissables par la loi. La ministre a déploré les trois cas de féminicides enregistrés depuis le début de l’année.
Le projet de loi prévoit l’introduction de signalements obligatoires dans les cas de violences domestiques.
Les professionnels comme les médecins, les enseignants et les travailleurs sociaux qui soupçonnent des situations de violence devront désormais les signaler aux autorités compétentes.
Arianne Navarre‑Marie a de plus évoqué l’impact du fléau de la drogue sur les familles mauriciennes. Elle a rendu hommage aux mères confrontées à cette réalité difficile. Elle a rappelé que plusieurs organismes, dont la National Agency for Drug Control et l’Anti‑Drug and Smuggling Unit, travaillent en collaboration avec des ONG afin d’accompagner les victimes et leurs familles.
Enfin, la ministre a relevé que certaines avancées ont été réalisées en matière de représentation des femmes, notamment lors des dernières élections municipales. Toutefois, elle estime que des progrès restent à accomplir.