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José Yip Chee Fong : prof et leveur de fontes

José Yip Chee Fong

Partager son amour pour la craie et les altères. Ce sont là les deux passions qui ont façonné la vie de Jose Yip Chee Fong, 76 ans, marié à Carole et père de trois filles et grand-père de trois petits-enfants.

Chaque matin à 9h10, on le voit, sac de sport à l’épaule, fraîchement rasé, joliment habillé, des baskets aux pieds, il s’en va prendre le bus ‘express’ de la Triolet Bus Service pour la capitale. Il va faire son petit marché.

Mais, pourquoi ne pas le faire sur trois jours ou plus, d’autant qu’il vit seul avec son épouse Carole ? Sa réponse :

« J’aime bien sortir, aller voir des amis, flâner dans les rues, goûter à de petites saveurs que seule la capitale offre, puis discuter avec les maraîchers, de vieux amis que je croise aux coins des rues, des étudiants qui sont devenus des professionnels, même des profs comme moi, c’est un plaisir ».

Ses filles à lui, Joëlle, Arielle, Kristelle, sont comme la prunelle de ses yeux. Cet élève de Notre-Dame de la Paix et du Bhujoharry College n’a fait que le School Certificate. à l’époque c’était le graal. Le summum de tout ce qui peut mieux arriver à un étudiant. Et il fallait trouver un job, ce qui n’était pas facile, loin de là. Mais, il s’est démêlé comme un beau diable et fait une demande à la Teachers Training School. On est en 1963. Il réussit son stage de formation et sa première affectation est dans le village de Fond-du-Sac. Sacré voyage. Il y fera deux ans, puis huit longues années à l’école primaire de Pamplemousses, toujours dans le Nord. « J’ai connu divers enfants issus de milieux différents, surtout des régions à l’époque défavorisés, dont les parents étaient des planteurs, des ouvriers, des coupeurs de cannes, mais ils aimaient venir à l’école avec les moyens du bord », nous dit José avec un brin de nostalgie.

José a aussi été affecté à l’école primaire de Pte-aux-Sables, aujourd’hui classée ZEP : « On peut dire ce qu’on veut des écoles défavorisées, mais j’ai eu comme élève la députée et ex-ministre Aurore Perraud, il y a eu les îlois des Chagos qui sont passés chez moi, il ne faut pas porter un mauvais regard sur les écoles des régions dites défavorisées ».

Et le sport ?

Qu’en est-il de cette passion pour le sport ? à cette question, José se gratte les cheveux et s’essuie les yeux en enlevant ses verres : « Tout jeune, j’aimais comme tous les enfants Bruce Lee, le karaté, le basket et je fréquentais le Chan Stadium à la rue Arsenal à Port-Louis. Et dans la salle, il y avait du weightlifting et en 1962 j’ai intégré le Typhoon Club et je me suis consacré à ce sport par passion ».

Et, après des efforts personnels, il est élu Best Novice et Best Junior. Le summum viendra avec sa participation aux Jeux Triangulaires. On est alors en 1964. Puis s’enchaîneront les jeux à La Réunion et les JIOJ de 1979 où José obtient l’argent en poids moyen.

« Je me souviens de la formation qu’on a eue en Égypte durant un mois pour les JIOI de 1990. C’était magnifique, on était encadré par des professionnels, tout était réglé comme une horloge, les repas étaient contrôlés, les exercices se faisaient à un rythme éreintant, mais au final, on en sortait professionnellement bien, renforcis, c’était un beau souvenir », nous dit José avec un brin de nostalgie.

Cet homme, qui a passé le plus clair de son temps devant un tableau noir, qui n’a jamais donné de leçons particulières, qui a connu des hauts et des bas devant tant de petites têtes, surtout dans des régions où certains refusent d’y aller, il dit qu’il est un homme heureux. Rempli d’amour pour ce qu’il a accompli, pour ce qu’il a pu donner de ce qu’il en sait. « Ma vie est comblée, je ne regrette rien, comme le chantait Edith Piaff », conclut un José tout sourire.

Un homme tout simple

À le voir, on ne dirait pas que José a été un digne représentant de notre île durant diverses compétitions. à 76 ans, il est encore fringant, de bonne humeur. Chaque après-midi, il se fait un devoir d’aller récupérer son petit-enfant à Grande-Rivière sur l’arrêt d'autobus qu’il cajole le temps que sa fille vienne le récupérer. « Je suis bien, je vis ma vie paisiblement avec ma femme et mes enfants et mes petits-enfants, je sors quand je veux, je flâne dans la capitale, je dors, je mange, bref je vis », nous dit José d’un grand sourire.

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