Interview

Jérôme Favory : «L'hôtellerie à Maurice évolue aussi vite que la technologie»

Jérôme Favory Jérôme Favory

La croissance dans l’hôtellerie se poursuivra en 2018. C’est ce que prévoit le directeur adjoint de La Pirogue. Toutefois, Jérôme Favory avance que l’évolution constante des attentes des touristes demeure toujours un défi que les opérateurs du secteur doivent relever.

L’hôtel La Pirogue a  récemment ouvert ses portes après les travaux de rénovation. Qu’est-ce qui change ?
C’était la deuxième phase de la rénovation pour laquelle l’hôtel a fermé ses portes  pour dix semaines. L’année dernière, nous avions rénové 108 chambres sur 248. Cette année, nous avons complété les autres. On a aussi refait toutes les parties communes : l’arrivée, la réception, les restaurants, le bar principal,  entre autres. Ce projet de rénovation a nécessité un investissement d’environ Rs 300 millions.

Les opérateurs déplorent souvent le manque de main-d'œuvre qualifiée dans le secteur de l'hôtellerie. Partagez-vous cet avis ?
J'ai rejoint La Pirogue après avoir travaillé pendant plus de 12 ans à l'étranger et  je suis choqué de ce manque de main-d'œuvre. Beaucoup de notre effectif partent travailler sur les paquebots chaque année. C'est un problème qui pèse lourd pour les hôteliers locaux. Toutefois, à La Pirogue, nous faisons de notre mieux pour retenir nos employés. D'ailleurs, 40 % de notre personnel travaillent à l'hôtel. Déjà, cela montre la stabilité qui règne au sein de l'établissement.

Comment encourager les jeunes à faire une carrière dans l'hôtellerie ?
Je dis toujours qu’on ne peut se réveiller le matin et dire que ‘je vais travailler dans un hôtel’. Il faut vouloir et il faut aimer. C'est une passion qu'on éprouve et c'est une mode de vie qu'on adopte. Si une personne a ces deux facteurs, elle peut faire une carrière extraordinaire dans le secteur.

Êtes-vous satisfait de la performance du secteur touristique à la fin de cette année ? Quel bilan faites-vous ?
Cette année se termine définitivement sur une bonne note. Une croissance est notée sur les marchés français et allemand qui sont les principaux marchés.  L’ouverture de nouvelles lignes aériennes a aussi contribué à cette croissance.

Et vos perspectives pour 2018 ?
Je ne lis pas les cartes (rires). Mais on reste très optimiste. Je pense que la tendance va se poursuivre et on connaîtra encore une très bonne performance.

Quels sont les défis que les opérateurs dans le secteur de l'hôtellerie doivent relever en 2018 ?
L'hôtellerie à Maurice évolue aussi vite que la technologie. Comme les gens changent les téléphones portables au moins tous les deux ans, c'est le même cas pour les hôtels. La demande et les attentes des clients évoluent aussi vite. Ainsi, les opérateurs doivent être à la hauteur des attentes. Je dois dire que les hôtels à Maurice le font déjà. La rénovation de plusieurs établissements en est la preuve.

Anil Gayan, ministre du Tourisme, a fait un appel aux opérateurs de mettre le cap sur le tourisme durable. Vos commentaires ?
Une campagne a  été initiée sur l'importance du tourisme durable. Tous les groupes hôteliers en sont conscients et travaillent dessus. Nous ferons en sorte que nos stratégies de développement soient alignées sur le tourisme durable.