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Jean-Michel Pitot, Group CEO d’Attitude : «Il faut harmoniser les taxes pour préserver la compétitivité du tourisme»

Jean-Michel Pitot

Le tourisme mauricien maintient sa stabilité, mais de nouveaux défis apparaissent. Jean-Michel Pitot, Group CEO d’Attitude, souligne notamment la mise en place de la taxe de trois euros par touriste, qui s’ajoute aux contributions existantes, et plaide pour une harmonisation afin de mieux soutenir la compétitivité du secteur.

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Le groupe a ouvert les portes de son Head Office, sous le signe de la découverte et du partage. Qu’est-ce que cela représente pour vous et pour le groupe Attitude ?
Nous avons conçu ces nouveaux bureaux il y a un an. Il était important de les terminer et de marquer cette étape par une ouverture officielle avec nos partenaires. Ce qui nous réjouit, c’est que l’âme d’Attitude a été retranscrite dans ces lieux. Nous avons voulu garder cet ADN de partage et d’harmonie qui nous définit. À l’entrée, une fresque rend hommage à mon père, Michel Pitot, l’un de ceux qui ont cru très tôt au potentiel du tourisme et qui, à travers ses responsabilités chez Beachcomber, Veranda et ensuite Attitude, a contribué au développement de l’industrie.

Comment percevez-vous l’état actuel du secteur touristique mauricien ?
En termes de volume, les arrivées touristiques restent stables et correctes, même si l’on ne note pas de hausse significative. Nous sommes encore au niveau d’avant-Covid. Le défi, désormais, est de passer à l’étape supérieure et de dépasser ce plafond. Cela passera notamment par la régulation et l’intégration des hébergements non hôteliers, qui prennent une place de plus en plus importante dans le paysage.

Qu’en est-il de l’occupation des hôtels du groupe Attitude ?
Nous avons connu une basse saison – juin à septembre – particulièrement satisfaisante, avec des taux d’occupation supérieurs à 80 %. Nos prévisions jusqu’en décembre sont très encourageantes. Pour l’instant, nous ne voyons pas de nuages à l’horizon.

Attitude s’ouvre à l’Afrique, notamment avec Zanzibar. Pouvez-vous nous en dire plus ?
Nous ouvrirons un premier hôtel à Zanzibar dans deux mois, et un second suivra prochainement. L’idée est de développer un véritable cluster d’hôtels dans cette région sur deux à trois ans. Le projet initial repose sur un terrain de 23 arpents, avec 75 chambres et un budget de 20 millions de dollars.

Quels défis représente une telle implantation en Afrique ?
Le choix du pays est fondamental. Il faut s’assurer qu’il soit correctement desservi par les compagnies aériennes et accepter une part de risque inhérente à ce type d’investissement. Ensuite, sur place, nous constatons une disponibilité importante de main-d’œuvre. Les Zanzibaris ne sont pas toujours formés, mais ils sont motivés, travailleurs et ont une bonne attitude. Nous comptons former des équipes locales et, pourquoi pas, accueillir des Zanzibaris dans nos hôtels mauriciens pour renforcer leurs compétences.

Justement, la question du manque de main-d’œuvre locale à Maurice revient souvent. Comment y faites-vous face ?
C’est un problème persistant. Nous visons environ 10 % de personnel étranger dans nos effectifs et avons déjà atteint 5 %. Nous recrutons notamment à Madagascar et au Népal. C’est une bataille permanente, mais nécessaire pour assurer le bon fonctionnement de nos hôtels.

Le gouvernement a récemment introduit une taxe de trois euros par touriste dans le dernier Budget. Comment accueillez-vous cette décision ?
J’aurais préféré que cette taxe soit déduite de ce que nous payons déjà via l’EPF (Environment Protection Fee), car les hôtels contribuent déjà lourdement. Aujourd’hui, nous faisons face à trois prélèvements distincts : l’EPF, la taxe Climate Change, et maintenant ces trois euros. Je plaide pour une harmonisation : une seule taxe claire, baptisée « Environmental Tax » par exemple, à laquelle contribueraient à la fois le client et l’hôtel.

 

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