Mise à jour: 13 janvier 2026 à 12:30

Jean-Luc Mootoosamy : «Le remake politique du ‘je pars… non finalement je reste’»

Par Javed Sobah
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Jean-Luc Mootoosamy.

La sortie de Paul Bérenger, évoquant la possibilité de ne plus siéger au Conseil des ministres avant de temporiser, a tout d’un air de déjà-vu. Pour le journaliste et observateur Jean-Luc Mootoosamy, nous assistons à un nouvel épisode d’un feuilleton politique aux allures de remake, où les tensions au sommet de l’alliance gouvernementale se jouent à coups de déclarations publiques, de silences calculés et de passes de balle tactiques. « M. Bérenger nous a proposé un remake de “je pars, non finalement, je reste” de novembre 2025 et nous ne sommes pas à l’abri d’autres “remakes” du même niveau », lance d’emblée Jean-Luc Mootoosamy. Pour lui, ce qui s’est produit — ou ce qui ne s’est pas produit —mérite une lecture à plusieurs niveaux.

Premier constat : il ne faut pas banaliser le fait que le numéro deux du gouvernement évoque publiquement la possibilité de « mo nepli dan konsey minis », tout en listant une série d’insatisfactions, avant d’accorder au Premier ministre un délai de réflexion le temps d’un week-end. Un signal politique lourd de sens, qui dépasse le simple exercice de communication.

Pour illustrer la situation, Jean-Luc Mootoosamy convoque une métaphore footballistique : « Nous ne sommes clairement pas dans un scénario de partenariat détendu. C’est encore un nouveau match. Dans la première mi-temps, Navin Ramgoolam n’a pas accédé à la demande de M. Paul Bérenger pour l’attribution du ministère des Finances à un membre du Mouvement Militant Mauricien (MMM). M. Bérenger passe maintenant le ballon au Comité central du MMM pour la 2e mi-temps. Sur quoi ce Comité central sera-t-il appelé à statuer ? »

Une question qui reste, à ce stade, sans réponse claire.

Sur la méthode dite « Bérengiste », l’analyste se montre tout aussi nuancé que critique. « Certains verront dans la transparence de la méthode de M. Bérenger de tout dire en public et d’autres une manière déloyale de faire pression sur son partenaire gouvernemental », estime-t-il. Avant d’ajouter : « Si M. Bérenger veut aller au bout de sa logique, il devrait tout dire en public et ne pas livrer des choses à moitié pour préserver des portes de sortie. Il devrait dire pourquoi l’air est devenu difficile à respirer dans cette Alliance gouvernementale. » Car, selon lui, au-delà des états d’âme des leaders, l’effet collatéral est bien réel : « La tension qui monte entre partenaires, entre partisans, une ambiance d’instabilité gouvernementale se propage dans le public à tous les niveaux. »

Et Jean-Luc Mootoosamy de conclure, avec sarcasme : « Nous avons un gouvernement qui, dans les discours, dit se soucier en priorité de l’économie, de la drogue, de la situation de l’ordre et la paix, mais qui, au final, occupe surtout l’actualité par des questions de mariage fragile.Cela dévie l’attention de l’essentiel, fait perdre du temps à tous ceux qui se retrouvent contraints à suivre chaque quinte de toux d’une alliance à la majorité absolue. Les Mauriciens méritent mieux que de perdre leur temps avec un triste spectacle de valses au sommet. »

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