Mise à jour: 21 janvier 2026 à 10:46

Jean-Claude de l’Estrac : «Moris bizin manz pistas get sinema»

Par Kinsley David
Image
Selon Jean-Claude de l’Estrac, les négociations s’annoncent extrêmement difficiles.

Selon Jean-Claude de l’Estrac, qui intervenait lors de l’émission Au Cœur de l’Info animée par Murvind Beetun, la position de Donald Trump sur la question des Chagos s’inscrit dans une logique stratégique de domination clairement assumée.Face aux pressions américaines exercées sur le Royaume-Uni pour fragiliser l’accord de restitution de la souveraineté à Maurice, l’État mauricien n’aurait, selon lui, aucune marge de manœuvre : « Moris zis bizin manz pistas get cinema ».

La restitution de la souveraineté des Chagos à Maurice se heurte aujourd’hui à un obstacle de taille : la position ferme de Donald Trump. Selon l’observateur politique, Jean-Claude de l’Estrac, le président américain applique une doctrine claire et cohérente, malgré des discours parfois contradictoires en apparence : assurer aux États-Unis le contrôle d’un maximum de territoires stratégiques à travers le monde.

Dans cette logique, Diego Garcia occupe une place centrale. Washington s’oppose ainsi à toute restitution pleine et entière de la souveraineté des Chagos à Maurice, estimant qu’un tel transfert pourrait transformer l’île en adversaire stratégique.

Donald Trump justifie cette crainte par des liens supposés étroits entre Maurice et la Chine, ennemi géopolitique majeur des États-Unis. Une lecture que Jean-Claude de l’Estrac juge erronée. « Maurice n’a pas de relation privilégiée avec la Chine. Le seul pays qui exerce une réelle influence sur notre politique étrangère reste l’Inde », souligne-t-il.

Pour autant, l’analyste estime que la démarche de Donald Trump demeure parfaitement cohérente. « Il fait ce qu’il dit », affirme-t-il, rappelant que le président américain cherche à remettre en cause l’ordre mondial existant, à bouleverser les alliances et à renverser des accords internationaux établis de longue date par les États-Unis eux-mêmes.

Dans ce contexte, la pression exercée sur le Royaume-Uni s’intensifie. Donald Trump chercherait à fragiliser l’accord en cours sur les Chagos avant même son aboutissement. Si la Chambre des communes compte une majorité favorable à la restitution, certaines voix opposées se trouvent confortées par la position américaine, multipliant les réserves et les hésitations. Plusieurs étapes restent encore à franchir, notamment la discussion et la négociation du traité lui-même, que Donald Trump souhaite voir échouer. Selon Jean-Claude de l’Estrac, ces négociations s’annoncent extrêmement difficiles, avec des objections susceptibles de retarder, voire de compromettre, la signature finale.

Face à ce rapport de force, Maurice se retrouve dans une posture d’impuissance. « Nous n’avons aucune possibilité de réaction, ni vis-à-vis de l’Angleterre, ni vis-à-vis des États-Unis », tranche Jean-Claude de l’Estrac. D’où son constat sans détour : « Moris zis bizin manz pistas get sinema ».
 

Publicité
À LA UNE
quotidien-4086.