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Jean Bruneau, ex-Commissaire des Prisons : le temps des souvenirs du Ward 1V ou une enfance dorée

Jean bruneau, tout décontracté pour la pose photo.
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« Une enfance au Ward 1V – souvenirs d’un quartier du Port-Louis d’antan », 3e ouvrage de l’ex-Commissaire des Prisons, Jean Bruneau, est la restitution personnelle des souvenirs de ce dernier sur ce coin de la capitale tellement œcuménique, vivante et considérée comme le berceau des intellectuels de Port-Louis.

Lancé le vendredi 30 août 2024 à l’emblématique salle Marie Reine de la Paix, le livre a réuni diverses personnalités, dont certaines sont natives du Ward 1V. Parmi, l’Évêque de Port-Louis, Monseigneur Jean Michaël Dhurone, les députés Reza Uteem et Farhad Aumeer, les frères Rama et Vijay Poonoosamy, M. Cassam, apparenté aux commerçants Cassam, sis à La Chaussée, J. Maunick. 

Jean Bruneau, son épouse et ses petits enfants.
Jean Bruneau, son épouse et ses petits enfants.

Dans son discours, l’ex-CP des Prisons a fait valoir l’importance de ces personnalités en ce qu’elles traduisent le caractère profondément œcuménique de son quartier natal, « un patelin où nous avons appris et cultive les grandes valeurs du Vivre ensemble comme l’amitié, l’humilité et la solidarité », écrit Jean Bruneau. De par son peuplement de l’époque coloniale française et les premières années du développement de Port-Louis (et bien longtemps avant les sanglantes bagarres raciales pré-indépendance), cette ville était toute prédestinée à ce « vivre ensemble ». L’auteur décrit ainsi « un quartier où pour chaque habitant, les conditions sont réunies pour pratiquer sa foi dans le respect des autres. Des sanctuaires de prière comme mosquée, temple, pagode, église ou autres lieux de culte construits à proximité facilitent ainsi les habitants dans la pratique de leur religion dans une atmosphère où règne l’harmonie ». Faut-il, ici, encore souligner le rôle qu’a joué le Père Henri Souchon, figure tutélaire de l’Église à Port-Louis qui n’hésitera pas à ouvrir les portes de l’église Immaculée Conception, située dans sa paroisse, aux mariages inter-religieux…. 

Années de tendresse

Si l’auteur se rappelle encore des années de tendresse de son enfance, au sein d’une humble demeure où l’on accueille volontiers familles, voisins et visiteurs, d’autres personnages émaillent ses souvenirs. Parmi, des vendeurs de « brèdes cresson, chouchou, giraumon, malbar, martin » échangés contre la « modique somme de cinq sous » et qui font accourir les ménagères. Ce ballet de marchands ambulants se poursuit avec l’arrivée du marchand de pains, à sept sous l’unité, puis du marchand de charbon et du laitier. Portrait d’un autre temps certes, mais combien révélateur de ces temps où l’on pouvait encore se parler lorsque passaient les marchands de ces précieux pains fraichement sortis des fourneaux ou encore du marchand de ce charbon indispensable à toute cuisson. Mais, ce n’est pas fini ! « Après le déjeuner, d’autres marchands défilent dans les rues de la capitale vendant leurs “puddings maïs” ou leurs “dhollpuri”, “glaçon râpé” (…) D’autres enfants optent pour le “kalamindas” ou barbe à papa. Les marchands de fruits saisonniers ne sont pas en reste : fruits ou confits sont proposés : ananas, mangues, patates chinoises, goyaves de Chine rouge ou jaunes et autres jamblons servis avec du sel et du piment… ».

Comme dans les autres villes de Maurice, la nuit appartient à une autre catégorie de marchands : ceux des « ice cream » et des fameux « kulfi malai ». L’auteur se souvient en particulier d’un certain Bhye Hamid s’activant à remplir les cornets de crème glacée à la vanille, à la fraise ou à l’ananas, alors que les clients font la queue et salivent déjà.

« Technique rodée »

Au sein de la famille Bruneau, la mère Elsie, née Edouard-Betsy, a mis en place une « technique rodée » afin d’incarner avant l’heure son « rôle model ». Il s’agit, pour elle, d’une part de motiver ses enfants aux études, tout en leur confiant quelques travaux ménagers. « Aussitôt admis au cycle primaire, filles et garçons doivent s’adonner des menus travaux quotidiens pour le bon fonctionnement de la maisonnée », se souvient encore Jean Bruneau. « Les premières doivent chaque matin ranger les lits, épousseter les meubles, balayer et cirer le parquet, alors que les garçons doivent aux premiers rayons de soleil, balayer la cour, laver le pavage faire des courses à la boutique du coin et la vaisselle, en ce temps-là, avec du gros savon et de la paille de coco. Comment oublier ces moments où la maman énumère à son enfant quotidiennement la liste d’aliments à acheter chez le boutiquier pour les repas du jour (…) », dit-il. 

Loin de tirer la couverture à soi, Jean Bruneau dresse aussi les portraits de ceux de ses amis qui ont donné corps à la réputation du Ward 1V. Ce sont, notamment, Françoise Yaw Kan Tong-Mootoosamy, Cyril Leblanc, Rama Poonoosamy, Madoo Desha, Somdath Bhuckory ou encore Jean Oosman. L’évocation de cette localité où il dit avoir vécu les plus années de sa vie, arrache à l’auteur cette réflexion : « Cette terre où est enterré mon nombril, ce lieu où j’ai été entouré d’une tendresse parentale et familiale enfouie au plus profond de moi. Ces amitiés nouées pour la vie avec beaucoup de mes contemporains, qu’importe la couleur de leur peau, statut social ou religion. Tous ces moments de détente, de joie et de bonheur vécus à peu de frais m’ont poussé à mettre noir sur blanc ces souvenirs d’une enfance de rêve au Ward 1V. »

 

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