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Jaya Anatah tuée par un époux jaloux - Vijawatee, mère de la victime : «Elle rêvait de voyager et de travailler sur un bateau»

Jaya Anatah, une autre victime de violence conjugale, tuée en pleine rue.

« Li inpardonab. Mo zann inn ras so de zanfan la zot mama. » Elle se souvient encore de ses paroles à Jaya, comme elle appelait affectueusement sa fille Sujaya, tuée le 2 février dernier par son époux Kreeteshsingh, alias Mangeet. 

Vijawatee Anatah
Vijawatee Anatah, la mère de la jeune femme, ne peut s’empêcher de penser à ses petits-enfants.

Vijawatee Anatah, 53 ans, la mère de la victime, venait d’être informée de l’amour de Jaya pour celui qui allait devenir son gendre. « Je lui ai conseillé de poursuivre ses études d’abord. Elle était encore en Form 4, quand elle l’a rencontré. Et il était encore jeune », explique Vijawatee Anatah, 53 ans, la mère de la victime.  Mais, peu de temps après, elle a abandonné le collège, poursuit la dame. « Elle l’aimait. Le jeune homme est venu habiter à la maison et je les ai, par la suite, mariés. Ils ont habité chez moi, à Poste-de-Flacq, avant que mon gendre n’obtienne un terrain, avec l’aide d’un proche, à Flacq », ajoute Vijawatee. Le couple avait construit une maison modeste pour y habiter. « Zot in al res dan sa lakaz tol la », relate-t-elle. 

Mais le gendre a fini par montrer son vrai visage. « Il était jaloux, possessif. Il ne voulait pas que ma fille travaille.  Mon gendre ne pouvait pas supporter de la voir parler avec d’autres hommes. Il disait qu’elle le trompait et finissait par la battre », se lamente Vijawatee. Une situation qui, au fil des années, n’a fait qu’empirer, selon elle : « La venue au monde des petits n’a pas changé grand-chose pour ma fille. Elle était toujours victime de violence conjugale. » 

Sujaya Anatah, 23 ans, avait des rêves et des projets plein la tête. Après avoir vécu auprès de son époux violent, la jeune femme était parvenue finalement à se séparer de lui. Elle voulait une vie loin de la jalousie maladive de Kreeteshsingh Bunghooye, son ex-époux. Elle se consacrait à son fils âgé de 3 ans, ainsi qu’à sa fille de 6 ans, à qui elle voulait offrir une vie meilleure. Mais l’existence de cette mère dévouée n’a cessé d’être tourmentée.

Le dimanche 2 février, alors qu’elle se rendait à son travail, il s’est jeté sur elle en pleine rue et l’a agressée mortellement au couteau. Jaya ne verra pas grandir ses petits et se concrétiser les rêves qu’elle nourrissait pour eux.  

« Il voulait de l‘argent à chaque fois » 

Quand elle allait chez sa mère, c’était pour s’y refugier avec ses petits. Cependant, l’époux venait l’y retrouver pour la malmener. « Je ne sais combien de fois il a traîné ma fille dans la rue, sous les regards des voisins », pleure Vijawatee. Il y a environ deux ans, la jeune femme avait pris la ferme décision de quitter son époux. 

« Elle est venue à la maison un jour et n’a plus voulu repartir auprès de son époux. Elle disait qu’il la battait pour rien. Il était tombé dans la drogue et réclamait de l’argent à chaque fois », ajoute, de son côté, la sœur de la jeune femme.

Pour élever ses petits, Jaya avait pris de l’emploi dans un supermarché. Mais son ex était venu la voir pour l’agresser.  Puis, elle s’était mise à travailler dans un hôtel et disait à ses proches son désir de voyager et d’emmener ses enfants avec elle. « Elle avait entrepris des démarches pour travailler sur un bateau. Elle économisait ses moindres sous pour ses enfants », nous dit sa sœur. En attendant que ses démarches ne se concrétisent et qu’elle n’obtienne le divorce, elle continuait à travailler, bien que les ennuis perduraient. « Pas plus loin que le 6 janvier, son ex est venu à la maison. Elle ne pouvait empêcher mon beau-frère de voir ses enfants. Ce jour-là, il a agressé une fois de plus ma sœur sous les yeux des petits, lui reprochant de lui être infidèle. Li ti pe minn lavi mo ser. Li fer dimoun vey Jaya. Mo ser pa ti ena galan li », dit-elle. Malgré un Protection Order, le calvaire de Jaya a continué. 

C’est alors que Jaya était en route pour le travail, le dimanche 2 février, que l’irréparable a eu lieu. Mangeet lui a assené des coups de couteau et l’a atteinte au cou. Avant de prendre la fuite. Il a été arrêté le lendemain matin. « Bann zanfan la inn trouv zot mama anba dan disan, inn fini mor. Zour lanterman, zot dir ki papa inn touy mama. Be kisanla pou aste kiksoz pou nou aster. Zot mama mem ki ti pe fer tou. Mo pou get zot, me enn mama res enn mama », lâche Vijawatee en larmes. L’époux est passé aux aveux et a reconnu avoir agi par jalousie. Inculpé de meurtre devant la cour de Flacq, il demeure en cellule policière.

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