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Janvi Riya Juwaheer réussit son baccalauréat à 16 ans

Janvi Riya Juwaheer, du haut de ses 16 ans, fait la fierté de ses parents Joy, expert en finances, et Arvina, enseignante. Ayant fait sa scolarité dans le privé, elle a réussi haut la main son International Baccalaureate Diploma Programme (IBDP) cette année. 

Intelligente et déterminée. Quelques mots pour décrire cette jeune fille qui veut poursuivre ses études supérieures en Angleterre. « Je veux devenir avocate et combattre les injustices », lâche Janvi, 16 ans, qui vient de passer son International Baccalaureate Diploma Programme (IBDP).Originaire de D’Epinay, un village du Nord du pays, cette fille unique a eu un parcours scolaire atypique. Son père Joy Juwaheer, 56 ans, exerce dans le monde de la finance. « Je suis consultant en microfinance, dit-il. Lorsque Janvi était encore petite, je voyageais beaucoup.

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Janvi fait le fierté des parents Arvina et Joy.

À cette époque, j’étais vice-président de l’ex-Bramer Bank. Je voyageais entre Maurice et l’Afghanistan », raconte-t-il. Avec son épouse, ils veulent ce qui se fait de mieux en ce concerne l’éducation de leur fille. « J’avais fréquenté le collège Royal de Port Louis et poursuivi mes études à l’île de la Réunion, puis en France. Je connais le système français », poursuit-il. Pour les parents, c’était comme une évidence d’envoyer leur fille dans une école privée.

« Nous nous sommes dit qu’il était mieux d’inscrire notre fille à l’École du Nord », explique Arvina, enseignante au secondaire. Janvi confie, cependant, que cela n’a été guère facile. « M’intégrer n’a pas été une sinécure. Je n’avais presque pas d’amis », dit-elle. Toutefois, elle s’investit à fond dans ses études. Intelligente et brillante, elle se fait remarquer en classe par ses réponses.

Mais en 2012, à 7 ans, Janvi quitte le pays et suit son père à Madagascar. « J’avais obtenu un poste de consultant », raconte le papa. Arvina est restée à Maurice. « Je ne voulais pas tout quitter. J’ai poursuivi ma carrière, alors que ma fille et mon époux étaient à Madagascar. Mais nous nous parlions souvent. Ils venaient pour les vacances », explique l’enseignante.

Nouvel environnement

Joy et sa fille s’installent à Antananarivo. L’ado poursuit sa scolarité dans une école suivant un cursus français. Et une fois de plus, l’adolescente confie qu’elle a de nouveau dû se réadapter. « C’était un nouvel environnement. Ma mère n’était pas avec nous. Mon père travaillait constamment », nous dit-elle. Au fil du temps, elle est devenue indépendante. « Des fois, je rentrais des cours et me retrouvais seule, mon papa n’étant toujours pas revenu du boulot. Nous n’avions pas de famille là-bas. Cela m’a fait grandir », relate Janvi.  Qu’importe, elle se plonge dans ses livres et apprend ses leçons.

L’ado excelle dans les calculs. « Ma fille s’est fait une réputation de « super matheux » dans sa classe. Elle avait les réponses à toutes équations », lâche Joy, tout sourire. Mais elle se rendra compte qu’être brillante en classe pouvait aussi avoir ses inconvénients. Elle s’est sentir « exclue de la classe ». « Un jour lors d’un contrôle, j’ai fait des fautes par exprès, juste pour les autres m’acceptent », se souvient-elle. Cependant, pour ses professeurs, cela n’aura pas le résultat escompté. « Elle était adorée par tous ses profs. Ils l’encourageaient », lance le papa. Janvi réussit avec brio son brevet. « Je devais par la suite rallier Dakar, au Sénégal. Elle devait venir avec moi, mais ce projet ne s’est pas concrétisé », ajoute Joy. 

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L’adolescente avec ses certificats.

En 2019, à 14 ans, Janvi termine son cursus. Avec son père, ils rentrent au pays. « À la base, nous étions à Maurice pour des vacances. Au final, nous y sommes restés », dit-il. Cependant, quelque chose avait changé dans le tête de Janvi : l’adolescente veut poursuivre ses études secondaires dans un établissement suivant un cursus anglais. « Je suis curieuse et je voulais du changement », explique-t-elle. C’est ainsi qu’elle s’est retrouvée à la Northfields International School, à Mapou. Elle se soumet à une évaluation. « À 14, elle devait être en Grade 10. Mais après un contrôle, ils ont constaté qu’elle avait le niveau requis pour passer en Lower Six (Grade 12) », expliquent ses parents avec fierté.

« J’ai découvert d’autres matières :  Management, Business, etc. C’était très intéressant », dit la jeune fille. Deux ans plus tard, ses efforts seront pleinement récompensés. Le 21 juillet dernier, Janvi a décroché son International Baccalaureate Diploma Programme (IBDP), à 16 ans. Un bonheur « inestimable » pour ses parents. 

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Janvi a obtenu son IBDP en juillet dernier, elle veut devenir avocate.

Passionée de criminologie

Janvi compte poursuivre ses études supérieures. Elle est passionnée par la criminologie. « J’ai fait trois applications pour des universités en Angleterre et les trois ont accepté ma candidature, mais j’ai une préférence pour l’université d’Essex. Elle a un très bon taux de réussite. Je veux être avocate.  Il y a tant d’inégalités et d’injustices dans notre société. Je veux les combattre », lâche-t-elle, avec détermination.  Avec ses parents, ils se sont fixé quatre ans pour atteindre ces objectifs. 
Cependant Joy, qui est aujourd’hui sans emploi fixe, se retrouve dans l’impasse. La famille dépend largement des revenus de la maman. « Si elle avait suivi le cursus normal à Maurice, ma fille aurait pu être lauréate et obtenir une bourse. Nous nous retrouvons face à un souci, car elle commence ses études en septembre. Il nous faut aller sur place afin d’entamer les démarches pour son admission », lâche Joy qui en appelle aux autorités concernés pour un soutien afin que Janvi puisse poursuivre et réaliser son rêve d’être avocate… à tout juste 20 ans.

 

 

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