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Jane Ragoo, porte-parole de la CTSP : «Les mères ne devraient pas craindre pour leur emploi»

Par Christina Vilbrin
Publié le: 28 July 2026 à 13:00
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La CTSP salue la mesure sur le congé de maternité, qu’elle qualifie d’avancée majeure pour les familles mauriciennes. Jane Ragoo appelle toutefois à la mise en place de garde-fous afin que les femmes puissent bénéficier pleinement de ce nouveau droit.

Dans le Budget, il y a eu l’annonce d’un congé de maternité d’un an, soit six mois rémunérés à 100 % et six mois à 50 %. Dans le projet de loi, ces six mois à 50 % deviennent une option, avec la mention « jusqu’à 26 semaines ». Que pensez-vous de ce changement ?
Nous accueillons favorablement la mesure visant à augmenter le congé de maternité de 16 à 26 semaines. Concernant les six mois additionnels, ils figuraient déjà dans le manifeste électoral du gouvernement. Face aux nombreuses préoccupations exprimées par les employeurs, je suppose que le gouvernement a choisi de proposer cette période supplémentaire sous une forme optionnelle. Cette formule n’est pas mauvaise non plus.

Il revient désormais à la future mère, en concertation avec son conjoint, de décider si elle souhaite bénéficier de cette possibilité, et de déterminer la durée du congé qu’elle souhaite prendre. Il faut toutefois souligner que ces six mois supplémentaires seront rémunérés à hauteur de 50 %.

Une mesure conçue pour aider les femmes pourrait finir par fragiliser leur place sur le marché du travail.»

Lors de l’annonce de cette mesure en juin, plusieurs observateurs ont tiré la sonnette d’alarme sur un risque de discrimination à l’embauche, notamment envers les jeunes femmes. Cette inquiétude est-elle toujours d’actualité ?
Cette inquiétude continue d’être exprimée, notamment sur les réseaux sociaux. Toutefois, il ne faut pas perdre de vue l’essentiel : lorsqu’une femme donne naissance à un enfant, elle contribue à élever la future génération. La société doit reconnaître cette contribution et lui apporter tout le soutien nécessaire. Il s’agit d’un progrès majeur pour les Mauriciennes. Les mères doivent pouvoir accompagner leur enfant sans craindre pour leur emploi.

Nous sommes, toutefois, conscients que certaines PME peuvent rencontrer des difficultés financières. Dans ce cas, elles devraient approcher le gouvernement pour qu’il instaure un mécanisme d’accompagnement pour les aider à faire face à cette mesure. Il ne faudrait pas freiner une avancée aussi importante pour les femmes et les familles mauriciennes, d’autant plus que le pays est déjà confronté à une baisse de la natalité.

Quels garde-fous faudrait-il mettre en place pour éviter que ce congé ne devienne un frein à l’embauche ou n’expose les femmes à un risque de licenciement, notamment si elles choisissent de prendre les 26 semaines de congé additionnels ?
Il est essentiel de veiller au strict respect des conventions internationales de l’Organisation internationale du travail (OIT), notamment la Convention 183 relative à la protection de la maternité, qui garantit des droits spécifiques aux employées enceintes et aux mères, la Convention 190 concernant l’élimination de la violence et du harcèlement dans le monde du travail, ainsi que la Convention 111 qui est liée à la lutte contre la discrimination en matière d’emploi et de profession. Les employées, qui estiment être victimes de discrimination ou qui soupçonnent une atteinte à leurs droits, ne doivent pas hésiter à contacter les syndicats si elles se trouvent dans ce genre de situation.

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