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Jacqueline Sauzier : «On demande que la bagasse soit rémunérée à sa juste valeur»

Le Grand Journal de Radio Plus du mardi 18 septembre, animé par Terence O’Neill et Ruzayna Beegun, était consacré à la crise au sein de l’industrie cannière.

Kreepaloo Sunghoon, président de la Small Planters Association, estime que ceux au bas de l’échelle portent le fardeau. Il fait état des conclusions de plusieurs études qui ont recommandé des solutions, au détriment des petits planteurs. « La preuve c’est le nombre de petits planteurs, qui est passé de 27 000 à 12 500. »

Kreepaloo Sunghoon fait ressortir que « la bagasse est zero rated ». Il réclame que les planteurs soient rémunérés de manière juste, vu le coût de production de la canne. Il a évoqué un manque de confiance de la communauté dans les institutions.

Jacqueline Sauzier, secrétaire générale de la Chambre d’Agriculture, a salué les investissements dans la bagasse. « C’était un risque, car c’était un by-product dont personne ne voulait », explique-t-elle.

Elle reconnaît que les planteurs de canne font face à des difficultés, depuis que le prix a été ramené à Rs 9 700. Commentant la proposition du Joint Technical Committee (JTC), sur la main-d’œuvre de l’industrie, elle explique qu’il faut augmenter les revenus de tous les planteurs, producteurs et usiniers.

« Le rapport propose un partage juste et on demande que la bagasse soit rémunérée à sa juste valeur. » Jacqueline Sauzier explique que le rapport recommande Rs 3 000 par tonne de sucre, comparé à Rs 150.
Elle a aussi déploré que les usiniers se fient uniquement au prix du sucre. « L’usinier aussi est en difficulté. » Elle est pour un rassemblement de tous les acteurs de l’industrie, pour que celle-ci survive.

Kreepaloo Sunghoon a ensuite évoqué une erreur de calcul du JTC. « Selon leur calcul, chaque tonne de sucre, soit 15 tonnes de cannes, rapporterait Rs 3 095 ». Il réclame Rs 500 par tonne de bagasse.

Il se dit en faveur d’une libéralisation de l’industrie cannière, en permettant aux planteurs d’utiliser la canne pour différents usages. « Laissez le choix libre aux planteurs », dit-il


Jugdish Bundhoo : « Nous travaillons pour trouver une solution »

Jugdish Bundhoo, CEO de la Mauritius Cane Industry Authority (MCIA), est intervenu lors de l’émission. Il fait ressortir que les autorités font leur maximum pour sortir de la crise. Il a démenti que la MCIA a eu une réaction tardive. « Nous mettons en place les recommandations du JTC, mais la chute du prix du sucre a été conséquente. » Cette baisse de 40 % des revenus n’était pas prévue, selon le CEO de la MCIA.

Jugdish Bundhoo affirme que 90 % de la production est écoulée sur le marché internationale. « Il faut combler le manque de revenus », indique-t-il. Pour lui, il faut des mesures pour que tous les acteurs du secteur s’en sortent gagnant. Il explique que le gouvernement travaille à trouver des solutions.


Mahen Seeruttun : « Il est faux de dire que je n’ai pas rencontré les planteurs »

Réagissant aux propos de Kreepaloo Sunghoon de la Small Planters Association, sur Radio Plus, mardi après-midi, Mahen Seeruttun, ministre de l’Agro-Industrie, affirme qu’il est faux de dire qu’il n’a pas rencontré les planteurs durant ces quatre dernières années. Le ministre explique qu’il a discuté des problèmes du ce secteur avec Kreepaloo Sunghoon et les membres de son association.

Dans une déclaration à Radio Plus, en début de soirée le mardi 18 septembre, Mahen Seeruttun a indiqué que son ministère et le gouvernement sont intervenus à chaque fois qu’il était nécessaire sur le dossier des planteurs de canne.

Selon le ministre de l’Agro-industrie, en 2015, après une baisse dans la récolte de 2014, une compensation de Rs 2 000 avait été accordée aux planteurs. Les petits planteurs avaient reçu Rs 1 400 additionnelles pour chaque tonne de sucre.

Mahen Seeruttun a aussi expliqué que son ministère a enlevé la prime d’assurance, et en 2016 a offert une compensation de Rs 2 000. Le ministère a aussi approuvé une augmentation du prix de la bagasse. Il ajoute qu’en 2017, une compensation de Rs 1 250 par tonne de sucre a été accordée.

Vu la baisse du prix du sucre, le gouvernement a mis un comité interministériel en place, sous la houlette du Premier ministre, pour assurer la survie de l’industrie sucrière. Mahen Seeruttun rappelle, que le Premier ministre a annoncé avoir négocié l’exportation de 50 000 tonnes de sucre vers la Chine. Dans la foulée, il a annoncé que des mesures seront annoncées pour soulager les planteurs.