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Irfan Rahman : «Je démissionne si…»

Irfan Rahman soutient ainsi que l’institution n’a commis aucun impair.

À l’issue des élections générales, la Commission électorale a essuyé de nombreuses critiques. Pour certains, l’institution est « coupable » d’avoir enlevé des noms sur la liste électorale ou encore d’avoir pratiqué l’« ethnic profiling ». Des allégations que réfute avec force Irfan Rahman, le commissaire électoral.

La Commission électorale est pointée du doigt depuis les élections générales du 7 novembre dernier. Irfan Rahman réfute avec force les allégations formulées à l’encontre de l’institution. Il se dit même prêt à rendre son tablier s’il est mis en présence de preuves qu’il y ait eu malversations et que la Commission ait pratiqué de l’« ethnic profiling » et privé ainsi à des personnes résidant dans des rues ou régions spécifiques de voter. « Cela est inacceptable. Nous n’avons pas ce genre de pratique chez nous. Si on me prouve que nous avons fait de l’ethnic profiling, je démissionne sur le champ de mon poste », martèle-t-il, cela en présence du président de l’Electoral Supervisory Commission, Yusuf Abubakar. 

Pour Irfan Rahman, il y va de l’intégrité de l’institution dont il veut exonérer de tout blâme après les critiques acerbes qu’elle subit depuis le jour des élections générales le 7 novembre et le 8 novembre à l’issue de la proclamation des résultats. Selon Irfan Rahman, la Commission a eu de nombreux défis à relever depuis l’annonce du « Writ of elections » le 6 octobre dernier. 

Travail de fourmi

Bien que reconnaissant que l’erreur est humaine, il affirme que la Commission électorale a travaillé selon les paramètres de la loi et a abattu un travail de fourmi pour aboutir à la liste électorale en vigueur le 16 août. Il soutient ainsi que l’institution n’a commis aucun impair mais est au contraire « victime de sa transparence ». 

Irfan Rahman souligne que, pour limiter la marge d’erreur, le nombre total de votes obtenus par chaque candidat est énoncé dans la « recapitulation room » par le responsable de chaque salle de dépouillement en présence du « Returning Officer ». Après quoi, les chiffres sont compilés pour indiquer le pointage et à la fin, le nombre du suffrage obtenu. « C’est un exercice qui prend du temps et les observateurs étrangers présents pour l’occasion ont apprécié notre méthode de travail, car nous faisons preuve de transparence », fait ressortir le Commissaire électoral. Et d’ajouter que les candidats et agents des partis politiques ont la possibilité d’assister à l’exercice de dépouillement. « Tout s’est passé sous leurs yeux », souligne-t-il. 

Changement de rang

Concernant le changement de rang des candidats à la dernière minute où des candidats en troisième position ont été relégués à la quatrième place, Irfan Rahman affirme qu’à aucun moment il n’y a eu de nouveaux décomptes. « Ces changements aux circonscriptions Nos 1, 5, 15 et 19 sont intervenus en fonction du nombre de bulletins dépouillés. C’est normal que ce genre de changements intervienne », affirme-t-il. 

Le Commissaire électoral maintient qu’il n’y a eu aucun cas de malversations ou de mauvaises pratiques de la part de la Commission électorale. Chaque complainte reçue est examinée dans les moindres détails, nous a-t-il expliqué. Pour Irfan Rahman, c’est quand tout cet exercice est fait que le personnel pourra souffler, car pour lui, l’intégrité est plus importante que toute autre considération.


Les raisons du retard

Nombreux sont ceux qui se sont interrogés sur le retard pour le décompte des bulletins le 8 novembre dernier. La Commission électorale affirme que les officiers ont eu à faire face à de nombreuses contraintes. Parmi, les scellés que certains partis politiques ont apposés sur les urnes. Il a ainsi fallu trouver des pinces coupantes pour les enlever. « Plusieurs de nos officiers se sont blessés en faisant cela », affirme-t-il. Cet exercice a pris plus de temps que prévu alors que les procédures pour le dépouillement des votes ont commencé à 8h00, selon lui. Il impute le retard au changement qu’il y a eu au niveau des écoles qui ont dû être utilisées pour le décompte des bulletins en raison de la non-disponibilité de certains collèges d’État pris par les examens de SC et de HSC. « Nous avons dû utiliser des écoles primaires mais leurs salles de classe sont plus petites », nous a expliqué Irfan Rahman. Ainsi, dans certains centres de dépouillement, ce n’est que vers 12h30, 13h45 ou encore 15h00 que l’exercice de décompte a commencé, affirme-t-il.


Rencontre individuelle avec 6 813 électeurs

6813 personnes n’ont pu exercer leur droit de vote car leurs noms ne figuraient pas sur la liste électorale. Afin de comprendre comment et leur donner les raisons de cette situation, la Commission électorale a pris l’engagement de tous les contacter individuellement. C’est ce que nous a affirmé le Commissaire électoral, Irfan Rahman.

Mais déjà, à travers l’enquête qu’elle a déjà menée auprès de ces personnes, il ressort que certaines n’étaient pas enregistrées ou pas éligibles de l’être selon les critères de la Representation of the People Act. D’autres n’étaient pas aussi au pays au moment du recensement ou n’étaient pas enregistrées dans le centre de vote où ils croyaient l’être. Certains avaient aussi changé de nom. Mais il y a aussi l’inscription de nouveaux électeurs chaque année. C’est ce qui explique la fluctuation du nombre d’électeurs inscrits chaque année dans les différentes circonscriptions.

Il explique que la liste électorale est dressée tous les ans et que pour 2019, des efforts supplémentaires ont été consentis afin de sensibiliser davantage la population, le pays étant dans une année électorale. L’exercice de recensement a ainsi débuté à la mi-janvier pour prendre fin en juin. Une liste provisoire a été établie et publiée en mai et toute la population a été invitée à s’assurer que son nom figurait bien sur la liste et qu’elle était bien inscrite. Ceux qui ne pouvaient pas se déplacer avaient la possibilité de faire la vérification par SMS.

Par ailleurs, ceux qui n’étaient pas chez eux au moment de/des visites des officiers ont eu une note afin qu’ils prennent contact avec la Commission électorale. Sur les 4 807 memos laissés au domicile des personnes absentes, seulement 1 086 ont été retournés. La Commission soutient aussi que 296 533 maisons ont été visitées. 

Irfan Rahman affirme que la Commission n’enlève pas un nom de la liste électorale de son propre chef et que cette liste n’est pas définitive, car elle est mise à jour chaque année. « Il est du devoir de chaque électeur de s’assurer que son nom figure bien sur la liste, comme le prévoit la loi », dit-il.

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