Investissements indiens : création d’une zone économique spéciale à Côte-d’Or
Par
Patrick Hilbert
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Patrick Hilbert
Maurice mise sur 83 arpents à Côte-d’Or pour attirer les géants technologiques de l’Inde. Un hub stratégique dédié à l’intelligence artificielle et au numérique pour booster la croissance nationale.
Le gouvernement franchit une nouvelle étape dans sa stratégie d’attraction des capitaux étrangers. Une zone économique spéciale sera créée à Côte-d’Or, destinée principalement à accueillir des investissements indiens à forte valeur ajoutée.
Le Conseil des ministres a donné son accord, vendredi, à la mise en place de cette Special Economic Zone (SEZ) sur un terrain de 83 arpents appartenant à Landscope (Mauritius) Ltd. Cette initiative s’inscrit dans une stratégie ciblée visant principalement à attirer des investissements indiens à forte valeur ajoutée, dans le sillage des discussions bilatérales récentes entre Port-Louis et New Delhi.
Selon les décisions du Cabinet, un comité de pilotage (Steering Committee) sera institué afin de « définir les modalités opérationnelles et le cadre de mise en œuvre du projet ». La SEZ est présentée comme un levier stratégique de développement économique, avec des objectifs clairement identifiés : accroître les flux d’investissements directs étrangers, générer des emplois, stimuler les exportations et soutenir la croissance économique dans le contexte de transition vers un nouveau modèle économique.
Le projet s’inscrit dans une logique de diversification et de montée en gamme de l’économie mauricienne. Les autorités indiquent que la zone économique spéciale sera conçue pour attirer « des investissements dans des secteurs stratégiques, notamment l’économie numérique, l’intelligence artificielle et les industries du futur. Elle devra également servir de plateforme pour des investissements productifs à forte intensité technologique, en cohérence avec la stratégie d’économie de la connaissance ».
Cette SEZ s’inscrit dans la continuité du renforcement du partenariat stratégique entre l’Inde et Maurice, notamment à la suite de la visite officielle du Premier ministre mauricien en Inde, en septembre dernier, et des discussions avec le Premier ministre indien, Narendra Modi, autour de la mise en place d’une zone économique spéciale conjointe. Lors de cette rencontre, les deux dirigeants avaient évoqué la création d’un Mauritius-India Special Economic Zone (MISEZ) destiné à faciliter l’implantation d’entreprises indiennes et à positionner Maurice comme une passerelle vers le marché africain.
En septembre 2025, l’Inde et Maurice ont d’ailleurs consolidé leur coopération avec l’annonce d’un paquet financier spécial de 680 millions de dollars américains, comprenant des dons et des lignes de crédit pour des projets d’infrastructures majeurs, dont l’autoroute M4, la Ring Road Phase II et une nouvelle tour de contrôle du trafic aérien. Dans ce cadre, la proposition de SEZ orientée vers les investissements indiens avait été explicitement mise de l’avant, parallèlement à l’organisation de sessions de promotion par l’Economic Development Board (EDB) à Mumbai et Varanasi pour connecter des dirigeants d’entreprises indiennes aux opportunités mauriciennes.
Sur le plan opérationnel, la future zone de Côte d’Or devrait bénéficier d’incitations fiscales et d’un cadre réglementaire incitatif afin d’améliorer son attractivité auprès des investisseurs étrangers, en particulier i ndiens. L’objectif est de proposer un environnement compétitif, facilitant l’implantation d’entreprises dans des secteurs à haute valeur ajoutée.
Ce projet s’inscrit dans une approche comparable à celle de la zone économique de Jin Fei, développée dans le passé pour attirer les investissements chinois. Située à Riche-Terre, Jin Fei avait été pensée comme une plateforme industrielle et commerciale sino-mauricienne, illustrant la volonté des autorités de créer des pôles économiques spécialisés selon les partenariats stratégiques du pays.