Economie

Investissements : assurance et inquiétude

Investissements : assurance et inquiétude La MCB est d’avis que les projets privés, notamment dans le secteur immobilier, connaîtront un nouvel essor.

Les investissements rebondiront-ils cette année ? Les chiffres officiels indiquent que le taux d’investissement, en 2018, a été supérieur au taux de 2017 et la tendance se maintiendra, en 2019. Toutefois, c’est l’investissement public qui mène la danse, car l’investissement privé, en 2018, a eu une croissance inférieure à 2017, et en 2019 l’investissement privé ne semble pas pouvoir rebondir. 

L’investissement public est dopé par les gros projets d’infrastructures, certains en cours depuis 2015-2016, d’autres ayant commencé, en 2018 et d’autres encore verront le jour cette année. Les gros chantiers en cours, notamment le Metro Express, le stade à Côte d’Or, les projets de routes et de drains, entre autres, continueront à requinquer le secteur de la construction cette année. 

Dans le privé, certains projets ont été retardés, à cause des obstacles administratifs, ou encore en raison des contestations populaires, à l’instar des projets hôteliers. Cependant, il y a d’autres facteurs qui peuvent freiner l’investissement, surtout privé, en cette dernière année du présent mandat gouvernemental. Il est de coutume qu’à la fin d’un mandat quinquennal, des investisseurs préfèrent attendre l’installation d’un nouveau gouvernement et l’élaboration d’une nouvelle orientation économique pour investir. Heureusement, cette carence de l’investissement privé à pareille époque est compensée par l’accélération de l’investissement public, car les projets publics ont tendance à se multiplier à l’approche de l’échéance électorale. 

D’autres facteurs qui risquent d’influencer l’investissement, en 2019, incluent les nouvelles mesures budgétaires qui seront annoncées, en juin, les éventuelles conclusions des négociations autour du Mauritius–China Free Trade Agreement (FTA) et le Comprehensive Economic Cooperation and Partnership Agreement avec l’Inde (CECPA). Il y a aussi des facteurs externes, comme les élections générales en Inde, en Afrique du Sud, la situation économique post-Brexit au Royaume-Uni, la situation politique en France, la décélération économique en Chine, entre autres. 

Le dernier bulletin MCB Focus prévoit une amélioration de l’expansion économique du pays, compte tenu des projets publics en cours. La MCB est d’avis que les projets privés, notamment dans le secteur immobilier, connaîtront un nouvel essor. La SBM, dans son analyse SBM Insights, partage le même avis. 

L’économiste Azad Jeetun, ancien directeur de la Mauritius Employers Federation, pense que la tendance des deux dernières années va se prévaloir, en 2019. Selon lui, l’investissement public va maintenir son rythme, alors que l’investissement privé ne suivra pas pour autant. Mais pourquoi ? Il explique que le faible taux de croissance ne motive pas les investisseurs. « La capacité actuelle est suffisante. Si on regarde nos exportations, il n’y a pas vraiment d’augmentation, alors il n’y a pas la demande pour de nouveaux équipements, infrastructures, etc. ». L’économiste indique que le secteur manufacturier ne décolle vraiment pas, donc l’investissement privé stagne.

Notre service WhatsApp. Vous êtes témoins d`un événement d`actualité ou d`une scène insolite? Envoyez-nous vos photos ou vidéos sur le 5 259 82 00 !

  • A loan with perspective