Interdiction du téléphone portable à l’école : l’élève responsable de son appareil
Par
Annick Daniella Rivet
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Annick Daniella Rivet
À partir du troisième trimestre, les élèves pourront conserver leur téléphone portable dans leur cartable sans pouvoir l’utiliser. En cas de vol ou de disparition de l’appareil, l’établissement scolaire ne sera pas tenu responsable.
Après le feu vert du Conseil des ministres vendredi dernier, les contours de l’interdiction des téléphones portables dans les écoles se précisent. Si les appareils pourront être apportés dans les établissements scolaires, ils devront rester dans les cartables et ne pourront être utilisés sans autorisation. Les autorités entendent ainsi responsabiliser les élèves tout en rappelant aux enseignants leur devoir d’exemplarité.
Comme annoncé dans Le Défi Plus du samedi 18 juillet, à partir du troisième trimestre, les téléphones portables seront interdits d’utilisation dans les établissements scolaires. La mesure entrera en vigueur après sa publication dans la Government Gazette.
Les nouvelles dispositions prévoient que les élèves pourront conserver leur téléphone portable dans leur cartable. Toutefois, son utilisation dans l’enceinte de l’établissement sera interdite sans autorisation préalable. Des exceptions limitées sont prévues lorsque l’appareil est requis pour des raisons médicales ou lorsqu’un enseignant autorise l’usage à des fins pédagogiques.
En cas de perte, de disparition ou de vol d’un téléphone portable à l’école, l’établissement ne pourra pas être tenu responsable. Les autorités soulignent que les élèves devront assumer la responsabilité de leurs effets personnels et faire preuve de vigilance. Selon les autorités, cette mesure permettra d’éduquer les jeunes à une utilisation responsable du téléphone portable et de les encourager à recourir à cet outil uniquement quand c’est nécessaire.
Les nouveaux règlements ont pour objectif de préserver le bon déroulement de l’enseignement et de l’apprentissage. Ils visent à améliorer la discipline en classe, à renforcer l’engagement des élèves, à réduire les distractions pendant les heures de cours et à protéger les apprenants contre le harcèlement, le cyberharcèlement et les abus.
En cas de non-respect des règlements, plusieurs sanctions pourront être imposées. Un élève pourra recevoir un avertissement verbal ou un avertissement écrit, accompagné d’une notification aux parents. Les autorités pourront également procéder à la confiscation temporaire de l’appareil concerné. Une interdiction d’apporter un appareil mobile pendant le reste du trimestre scolaire est possible. En cas de manquements répétés et persistants, un renvoi temporaire pourra être envisagé.
Le personnel enseignant et non enseignant est lui aussi concerné par ces nouvelles dispositions. Il devra s’abstenir d’utiliser des appareils mobiles personnels en présence des élèves, sauf lorsque leur utilisation est requise à des fins éducatives ou dans l’exercice de fonctions officielles. Les enseignants sont appelés à agir en tant que modèles auprès des élèves et à montrer l’exemple dans l’application des nouvelles règles.
Yugeshwur Kisto, président de la Government Secondary School Teachers’ Union (GSSTU), fait observer que l’union adhère à l’objectif de préserver un environnement d’apprentissage serein, sécurisé et discipliné à l’école. Toutefois, le syndicat estime que l’efficacité de ces règlements dépendra de leur application sur le terrain. Il rappelle qu’une réglementation ne peut être appliquée sans procédures claires pour le personnel éducatif.
La GSSTU interpelle ainsi le ministère de l’Éducation sur plusieurs aspects pratiques majeurs. D’abord, les procédures de confiscation et les responsabilités légales : qui est habilité à confisquer un appareil, quelles sont les prérogatives des enseignants, éducateurs et directions d’établissement, et comment agir en cas de refus d’un élève de remettre son téléphone.
La GSSTU s’interroge également sur les modalités de restitution, notamment le rôle des parents ou des tuteurs légaux et la durée de rétention autorisée.
Parmi ses recommandations figurent l’élaboration de lignes directrices nationales uniformes, une campagne de sensibilisation, la reconnaissance du rôle pédagogique des technologies numériques et la création d’un comité de suivi associant les syndicats.