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Intelligence Artificielle : voici Nadine, votre prochaine collègue humanoïde

Nadia Thalmann Le robot humanoïde Nadine avec sa conceptrice Nadia Thalmann.

Alors que Maurice accueillera Sophia, un robot humanoïde lors de la conférence internationale sur l’intelligence artificielle dans un mois, Nadine, un autre de ces robots, prend de l’emploi à Singapour. Est-ce que les humanoïdes travailleront bientôt à la place des Mauriciens ? Éléments de réponse.

C’est une première dans le monde de la robotique. Le lundi 15 octobre 2018, un robot humanoïde nommé Nadine a pris ses services en tant que réceptionniste à Singapore. Pour l’instant, il est en charge de l’accueil dans une compagnie d’assurance. Sa mission est d’effectuer les mêmes fonctions qu’un réceptionniste classique, c’est-à-dire accueillir les clients et les orienter. Le robot arbore le visage de la chercheuse, Nadia Thalmann, qui travaille sur ce projet depuis presque 30 ans. Ce clone robotique est capable de reconnaître les humains. Il peut aussi lire leurs émotions sur leurs visages.

Mark Walker, Associate Vice-Président de l’International Data Corporation (IDC), avait anticipé l’arrivée de robots dans les entreprises lors d’une interview au Défi Média, le 22 août 2018. « Les entreprises doivent envisager l’utilisation de l’intelligence artificielle et de l’apprentissage automatique pour les activités simples et répétitives qui peuvent être effectuées par des ordinateurs. Cela libérera des compétences pour les tâches plus abstraites et la résolution de problèmes », avait-t-il déclaré.

Le Dr Heman Mohaber, expert en Intelligence artificielle, pense que Maurice est une plate-forme où cette technologie pourrait être exploitée afin de bénéficier au continent africain en entier. « Mais d’abord, il est très important que les personnes arrêtent de penser que l’Intelligence artificielle est une mauvaise innovation, car au final, les humains gardent le contrôle sur les robots », déclare-t-il.

Selon lui, tôt ou tard, l’intelligence artificielle arrivera dans les entreprises mauriciennes et il est temps de préparer la population. « Il faut surtout sensibiliser les jeunes aux opportunités que l’Intelligence artificielle offrira dans le futur en terme d’emploi. Les jeunes devraient œuvrer dans ce domaine, car dans les années à venir, l’Intelligence artificielle sera omniprésente », précise-t-il.

Redéfinir le rôle de l’employé

Le docteur en Intelligence artificielle pense que cette technologie pourra créer de nouveaux métiers, particulièrement au niveau du traitement des données. Il ajoute que si des robots prennent en charge des tâches routinières et répétitives, cela soulagerait les actuels travailleurs qui bénéficieraient d’une amélioration de leurs conditions de travail et d’une valorisation des activités.

« Au début d’internet, les gens étaient réticents, car ils pensaient qu’ils perdraient leurs emplois. Mais des milliers de portes se sont ouvertes dans le secteur et aujourd’hui, on ne peut s’en passer pour nos tâches quotidiennes. Idem pour les téléphones portables ainsi que les cartes bancaires », explique Dr Heman Mohabeer.

Mais les consommateurs mauriciens ne sont pas prêts de favoriser les robots, selon un autre expert mauricien en Intelligence artificielle, qui a souhaité garder l’anonymat. « Nous sommes tellement habitués à voir des humains à la réception des entreprises pour l’accueil des clients que je pense que le manque de compassion et l’absence émotionnelle des robots seront quelques chose de difficile pour les Mauriciens. En plus de formations d’employés spécialisés en Intelligence artificielle, une éducation englobant l’ensemble de la population du pays devrait aussi être considérée », préconise-t-il.