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Insécurité grandissante : nouvelles opportunités pour les compagnies de sécurité

C’est le boom dans le secteur de la sécurité privée, selon des responsables de compagnies.

Les entreprises de sécurité semblent avoir trouvé le bon filon. En raison d’un climat d’insécurité qui s’amplifie, elles se retrouvent avec des contrats de partout. Surtout de la part des particuliers qui ont parfois des demandes inhabituelles. 

Mariages, voyages, garde rapprochée… Actuellement, c’est le boom dans le secteur de la sécurité privée. C’est ce qu’indique Vilas Soopramanien, Chief Executive Officer (CEO) au Caudan Security Services. « Nous notons une augmentation de la demande de la part des individuels mais aussi des compagnies opérant à travers divers secteurs d’activités. » Pour expliquer cette tendance, le CEO de Caudan Security Services s’appuie sur le nombre de délits liés aux propriétés recensées en 2016 et 2017. « Les derniers chiffres révèlent que les offenses liées aux propriétés sont passées à 21,417 cas en 2017 par rapport à 18,885 en 2016. Ce qui représente une hausse de 13 %. Ainsi la recrudescence des atteintes aux biens vient confirmer la hausse de la demande dans ce secteur. » 

Ravi Beetun, directeur d’Alert Security Services Ltd, abonde dans le même sens. « La demande est en hausse en raison d’un phénomène accentué par le sentiment d’insécurité qui prévaut chez certains individus mais aussi dû à un changement des habitudes. » La fiabilité et la disponibilité seraient les éléments recherchés par les clients, selon Vilas Soopramanien. « Souvent à moindre coût, nous essayons de trouver un juste milieu tout en ne compromettant pas l’intégrité et la qualité du service. » 

Outre les critères recherchés par les clients, Ravi Beetun parle aussi de l’émergence de nouvelles tendances dans les requêtes. Selon lui, même si celles-ci sont plutôt récentes pour sa société qui ne date que de quatre ans, elles représentent déjà entre 25 à 30 % des activités d’Alert Security Services Ltd. « L’autre élément important, c’est que pour ce type de demandes, la durée est généralement assez courte, soit quelques jours ou une semaine seulement », précise-t-il.

Les mariages. Il s’agit, selon le directeur d’Alert Security Services Ltd, d’une nouvelle tendance. « Les mariages sont de plus en plus célébrés dans des bungalows ou des hôtels. La famille du marié ou de la mariée fait alors appel à nos services pour veiller sur leur maison pendant leur absence. » André Duval, responsable d’une compagnie de sécurité privée, renchérit : « Je constate une demande grandissante pour ce type de service. L’idée est d’assurer la sécurité de leurs biens même s’il s’agit de quelques jours seulement. » Comme Suresh Doorga, cadre dans une société de comptabilité internationale, qui a récemment eu recours à ce service. « Le mariage de ma benjamine a été célébré dans un hôtel du littoral Nord. Étant des habitants de Flic-en-Flac, nous avons fait surveiller notre maison d’une part, à cause de l’insécurité et d’autre part pour la distance à parcourir si jamais il devait y avoir un problème. »

Un must

Les voyages. Les voyages à l’étranger poussent les Mauriciens à solliciter les services d’une compagnie de sécurité privée. Une nouvelle habitude, confirmée par Ravi Beetun, qui indique que ces demandes proviennent essentiellement des hommes d’affaires. « Nous sommes parfois appelés à surveiller des maisons lorsque les propriétaires sont en voyage à l’étranger, même si ce n’est que pour quelques jours. Parski bann voler kokin dan lizour osi aster ! » précise-t-il. Ziyad T, homme d’affaires et importateur, évoluant dans le textile, soutient que c’est désormais un must. « De par mes activités, je suis appelé à voyager souvent et j’ai déjà été victime d’un cambriolage en 2013 alors que j’étais en Chine. Depuis, je ne prends aucun risque. Même si ce n’est que pour une semaine, soit la durée moyenne de mes déplacements, je préfère faire appel à un service de gardiennage. Mo ale lespri trankil. » 

Protection rapprochée. Commerçants, hommes d’affaires, bookmakers. Ces gens jonglent avec des dizaines, voire des centaines de milliers de roupies quotidiennement. Eux aussi ont recours aux services de compagnie de sécurité privée. « Ils choisissent de retenir nos services vu le nombre grandissant de vols avec agression. Certains ont eux-mêmes étaient victimes dans le passé alors que pour d’autres, pas question de prendre des risques inutiles », indique André Duval. Quant à Ravi Beetun, il confie au Défi Plus que, tout récemment, il s’est retrouvé avec une demande quelque peu inhabituelle suite à un conflit de voisinage. « Une personne nous a demandé d’assurer sa sécurité pour quelques jours car son voisin et lui, semble-t-il, n’étaient pas en bons termes et il craignait pour sa sécurité », révèle Ravi Beetun.


Attention !

Avec une demande en hausse pour la sécurité privée, de nouvelles compagnies proposant ce type de service voient le jour. Ravi Beetun met en garde contre certaines. « Ena fer malonet. Zot pran travay ti prix parski zot pa pey zot bann employe dapre Remuneration Order ou alor zot pa enrezistre pou pey VAT. Bann klian bizin vizilan ek cheke si zot ena permi depi lapolis. Sinon, si zot victim de vol, lasirans pa pu rembourse », fait ressortir le directeur d’Alert Security Services Ltd. André Duval, directeur d’une société de sécurité privée, considère lui aussi qu’il faut bien faire la distinction entre une agence professionnelle et une qui ne l’est pas. « Ces sociétés ont tendance à recruter des personnes à tour de bras, sans aucune formation et elles exploitent des personnes âgées pour agir comme gardiens. Ces derniers obtiennent des miettes comparativement aux directeurs de l’agence qui empochent parfois de gros pactoles. »  Pour Vilas Soopramanien de Caudan Security Services, il serait temps qu’une structure appropriée vienne régir ce secteur d’activité. « Il en est de même concernant les installations d’équipements électroniques de sécurité (pas de formation adéquate). Afin de pallier à ce manquement, nous nous efforçons de dispenser régulièrement des formations soutenues », soutient-il.