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Inondations et colère

Plusieurs régions de l’île ont été copieusement arrosées avec pour conséquences : des routes impraticables, des maisons et cultures inondées. Voici le bilan de ce mercredi 22 janvier 2020. Les régions de Port-Louis, de l’Ouest et du Nord ont été les plus touchées.

Le centre de refuge de Roche-Bois pris d’assaut par des réfugiés

Comme à l’accoutumée, à chaque grosse pluie, certains faubourgs de Port-Louis sont particulièrement affectés par des accumulations d’eau. C’est le cas de Roche-Bois, Baie-du-Tombeau et Vallée-des-Prêtres. Les habitants, qui voient arriver la montée des eaux, n’ont d’autre choix que de se diriger vers les centres de refuge. Au centre communautaire de Roche-Bois, les nombreux réfugiés sont exaspérés. « À chaque fois, nous remplissons des formulaires, nous demandons juste une maison décente pour y vivre. Ce n’est pas la compensation pour les inondations qui est importante », explique Marie-Lourdes. D’autres se plaignent de n’avoir rien eu à manger ou à boire depuis leur arrivée au centre de refuge, mercredi matin. Une situation qui provoque d’ailleurs une certaine colère parmi les réfugiés.

Nettoyage de drains à Vallée-des-Prêtres

Les préposés de la municipalité de Port-Louis étaient sur le pied de guerre à Vallée-des-Prêtres pour prévenir tout risque d’inondations. Alertés par les forces vives de la localité, ils ont enlevé les détritus, la terre et les rochers qui obstruaient les drains.

Scène de désolation à l’ancienne Cité Longères de Baie-du-Tombeau

Plusieurs familles habitent toujours cet endroit dans des maisons délabrées. À chaque grosse pluie, l’eau s’infiltre de partout et ne disposant pas de système de drainage, elle s’accumule. Tous les vivres et les biens de ces familles sont abîmés. Priscilla Grenade, qui vit en ces lieux depuis des années, se plaint de l’état de sa maison :  quelques bouts de bois et de tôle détruits par le temps, l’eau et les intempéries.  « Je vis avec mes deux enfants dans cette maison. C’est la seule chose que je possède », explique Priscilla Grenade. 

Même situation pour les familles Old, Hyacinthe et Manan qui vivent dans la même petite maison. Ils doivent eux-mêmes retirer l’eau à chaque averse. Ils disent ne plus dormir sur leurs deux oreilles « Nous sommes à cinq familles dans cette maison, nous espérons que le gouvernement nous vienne en aide », affirme Christophe Hyacinthe.

Plusieurs routes impraticables

Trois routes ont été fermées à la circulation. Il s’agit de l’Allée Père Laval à Sainte-Croix, mais également à Forbach, à Fond-du-Sac, et le Pont Belle-Vue à Albion. 

Fond-du-Sac : les champs inondés et les planteurs remontés

À Fond-du-Sac, les habitations ont été épargnées par les grosses pluies, les maisons qui avaient dans un passé proche fait face aux inondations n’ont pas connu le même sort. Et par mesure de sécurité, les différentes unités d’intervention étaient prêtes à toute éventualité.

Mais les champs de concombres, de légumes fins et de pomme d’amour ont été affectés par les eaux boueuses. Les planteurs de la région pointent du doigt les concasseuses qui opèrent dans la région. « L’eau vient de chez eux. Nous avons demandé des drains dans cet endroit, mais nous attendons toujours », explique Gorahbye Maudarbocus, indiquant les concasseuses concernées. Ces planteurs fulminent pour avoir fait des millions de roupies de perte en raison de cette situation. 

L’Allée Père Laval fermée, des familles en colère

L’Allée Père Laval, à Sainte-Croix, a été fermée à la circulation. « Les mesures palliatives temporaires mises en place par le gouvernement ne sont pas efficaces dans cette région », explique Alain Vivien. Ce père a vu toute sa maison être envahie par l’eau provenant du système de tout-à-l’égout en face de sa demeure, mercredi. « J’avais dit aux autorités de construire un drain en face de ma maison. Mais ils ont fait un trou pour que l’eau s’évacue, ce n’est pas suffisant. Ma maison est inondée. Où allons-nous dormir ? Sur des chaises ? Sans parler de l’odeur nauséabonde », déplore le principal concerné.  Les députées de la circonscription, Joanne Tour et Subashnee Luchmun Roy étaient sur le terrain. 

Elles expliquent que les mesures à court terme fonctionnent. « La situation n’est pas aussi grave que la dernière fois », avance Joanne Tour. « Notre priorité est de soulager les habitants », affirme, pour sa part, Subashnee Luchmun Roy.

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