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Industrie musicale : les politiciens choqués par la situation des artistes

Industrie musicale Navin Ramgoolam, Xavier-Luc Duval, Paul Bérenger et Roshi Bhadain, à la Zone Art, à Plaine-Lauzun, le 27 octobre.

Les représentants de la société des auteurs, compositeurs et interprètes ont invité les principaux blocs politiques à exposer leurs propositions par rapport à l’industrie musicale, le dimanche 27 octobre. C’était lors d’un rassemblement à la Zone Art, Plaine-Lauzun, en présence de Navin Ramgoolam, Xavier-Luc Duval, Paul Bérenger et Roshi Bhadain. Quant à Pravind Jugnauth, il a décliné l’invitation. Les artistes n’ont pas manqué d’exprimer leur frustration et colère envers les politiciens.

«Aucune mesure concrète n’a été prise durant ces cinq dernières années, afin de dynamiser l’industrie de la musique à Maurice », déplore la société des auteurs, compositeurs et interprètes (MASA). 

Elle souhaite que les revendications des artistes soient prises en considération et figurent au programme des partis briguant les suffrages du 7 novembre. Certains artistes n’ont pas mâché leurs mots à l’égard des politiciens.

Lors de son intervention, Bruno Raya a fait ressortir que les artistes perçoivent 68 sous lors de la diffusion d’une de leurs chansons à la radio. 

Pour sa part, le chanteur Ja Wesss a dénoncé le montant perçu par les artistes, tandis qu’une représentante de l’Atelier Mo’zar a déploré le manque d’encadrement pour les musiciens de l’atelier fondé par le défunt José Thérèse.

Conseil des artistes 

« Il n’y a pas eu de réelles initiatives pour trouver une solution à ces problèmes. La solution passe par la mise sur pied d’un Conseil des artistes. Celui-ci devra réunir un artiste de chaque domaine (peinture, sculpture, musique, littéraire, entre autres), des représentants de l’État, du ministère des Finances et peut-être du ministère des Arts et de la Culture. Il aura le devoir de gestion et un pouvoir décisionnel », a fait observer Roshi Bhadain. 

Le leader du Reform Party soutient qu’il envisage une fusion du ministère du Tourisme et de l’Art. « Maurice doit se positionner comme une Leisure Island ». 

Roshi Bhadain a ensuite promis qu’un artiste sera tenu informé s’il percevra une aide financière de l’État ou pas dans un délai de quinze jours. Il a ensuite promis une One-stop-Shop pour les artistes lors de la tenue d’événements artistiques.

Propositions

Le leader du MMM, Paul Bérenger, lui, a avancé qu’un atelier de travail avait été organisé avec les artistes avant la dissolution de l’Assemblée nationale. 

« Nous étions déjà à l’écoute des artistes. J’ai lu attentivement le document en dix points qui a été distribué ce matin. Un document valable. J’ai été choqué lorsque Richard Hein, qui est producteur, a évoqué les tarifs que les artistes perçoivent lors de la diffusion de leurs chansons. Une allocation qui n’a pas été revue depuis des années. C’est de la folie ! Zot pe touy sa sekter la. Mo ti kone ena problem me ki tou an pann koumsa, non… », a-t-il déploré. 

Mais comment remettre ce secteur en marche ? « Est-ce à travers une MASA complètement réorganisée ? Nou refer MASA konpletman ek nou kre enn National Arts Council kouma ena dan zot program ? C’est aux artistes de proposer des solutions à travers une MASA réformée ou un National Arts Council », a-t-il ajouté.

Festivals

« Lorsque j’ai été ministre, il y a eu deux ou trois réalisations qui resteront dans les annales de l’histoire. Il y a d’abord le Festival International Kreol qui est devenu une rencontre annuelle. Il y a ensuite Porlwi by Light, un événement extraordinaire. Il est dommage qu’après mon départ du gouvernement, mon successeur au ministère du Tourisme n’ait pas poursuivi le travail. Nous prenons l’engagement d’améliorer ces festivals », a annoncé Xavier-Luc Duval. 

Commentant le tarif de 68 sous sur la diffusion des chansons, qui n’a pas connu de hausse depuis 2008, le leader du PMSD fait observer qu’une telle situation est « illogique et injuste ». « Le tarif minimum devait être actualisé conformément à l’inflation », ajoute-t-il.

Culture

Dans son intervention, Navin Ramgoolam a souligné que « les artistes donnent vie à la culture d’un pays ». « Je n’étais pas au courant que les artistes percevaient un montant de 68 sous lors de la diffusion de leurs chansons à la radio. J’ai été choqué. Je ne suis pas en position d’avancer un chiffre. Me definitivman li pou bizin boukou boukou plis ki sa. Li kler ! », a-t-il promis. Le leader du Parti travailliste a ensuite précisé qu’il faut « encourager la production locale ».

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