Industrie du transport : les opérateurs d’autobus réclament une hausse du ticket
Par
Christina Vilbrin
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Christina Vilbrin
La nouvelle hausse du diesel, désormais fixé à Rs 71,25 le litre, inquiète les opérateurs d’autobus. Pour eux, la situation est devenue difficilement soutenable sans ajustement des tarifs.
Dhiraz Dosieah, Manager de la Mauritian Bus Transport, est catégorique. « Avec cette deuxième hausse du prix du diesel en moins d’un mois, de nombreuses compagnies d’autobus risquent de se retrouver dans le rouge. Les coûts liés au carburant et à la main-d’œuvre représenteraient à eux seuls près de 80 % des dépenses des compagnies d’autobus, laissant très peu de marge pour la maintenance et les bénéfices », indique-t-il. Face à cette situation, les opérateurs font appel aux autorités. « Nous avons envoyé une missive au ministère des Finances il y a deux semaines. Nous enverrons une nouvelle lettre officielle pour expliquer notre situation et proposer certaines recommandations », explique Dhiraz Dosieah.
Selon lui, une hausse du ticket d’autobus apparaît désormais comme une option inévitable. Car, outre la hausse du diesel, plusieurs facteurs jouent contre les opérateurs : une augmentation du fret qui a entraîné une hausse des prix des autobus, des pièces de rechange et des pneus. « Tout augmente en cascade. » Les opérateurs appellent ainsi le gouvernement à revoir les subventions - celles-ci ont été réduites à 33 % cette année - et à envisager une révision des tarifs du transport public. Pour ce qui est du quantum qu’ils proposeront au gouvernement, ils le décideront lors d’une prochaine réunion regroupant les divers opérateurs.
Shaktee Ramtohul, observateur économique : « Le prix du Brent brut se situait autour de 70 dollars le baril avant le déclenchement du conflit en Iran. Il suit une tendance haussière depuis le 28 février, à la suite des attaques conjointes des États-Unis et d’Israël contre l’Iran, atteignant un pic à 119 dollars le baril au début d’avril. L’évolution du prix du pétrole est malheureusement étroitement liée à la perspective d’un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran. Et le gouvernement de Trump envoie des signaux contradictoires concernant un cessez-le-feu et un accord de paix, ce qui entretient une forte incertitude sur les marchés mondiaux. Maurice reste à la merci de ces événements. La hausse des prix de l’essence et du diesel alimentera inévitablement l’inflation en raison de son effet multiplicateur. Les coûts de transport vont augmenter, mais le diesel est également un intrant essentiel pour les machines lourdes dans l’agriculture et le secteur de la construction. Ce qui pourrait entraîner une hausse des prix alimentaires, tandis que d’importants projets de construction risquent de subir des dépassements de coûts. De plus, l’augmentation des prix réduira le “disposable income” des ménages. »
Un autobus consomme…