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Indice de perception de la corruption : Maurice gagne quatre places mais il reste du travail à faire, selon Transparency Mauritius

Maurice a amélioré son score sur l’indice de perception de la corruption en 2020, comparativement à l’année dernière. Il est passé de 52 points à 53 points. C’est ce qui ressort d’un communiqué émis par Transparency Mauritius (TM), ce matin, jeudi 28 janvier.

Sur 180 pays, Maurice passe donc de la 56ème place à la 52ème place, selon le document. En tête de la liste, on retrouve le Danemark, la dernière position étant occupée par le Soudan du Sud.

En Afrique, Maurice reste cinquième sur l’indice de perception de Transparency International, derrière les Seychelles, le Botswana, le Cap-Vert et le Rwanda.

Selon l’organisme, l’« objectif avoué du gouvernement [était] que Maurice atteigne un indice de 66 points ». Il reste du travail à abattre, conclut le document. L’affaire Saint-Louis et les récents événements n'ont pas été comptabilisés lors de cet exercice.

Selon le document, six sources indépendantes ont été utilisées par TM pour arriver à ce score de 53 pour Maurice. Les sources utilisées incluent les indicateurs 2019 des conditions économiques et de risque de Global Insight, l’enquête d’opinion auprès de cadres dirigeants du Forum Économique Mondial pour cette même année ainsi que les indices de l'année 2020 du Bertelsmann Stiftung pour la transformation, de l’Economist Intelligence Unit pour les risques, du World Justice Project pour l'État de droit et du Projet Variétés de démocraties.

De ce fait, souligne le communiqué, les événements des deux derniers trimestres de 2020 ne sont pas pris en compte dans la formulation de l’indice. Les affaires qui défraient l’actualité locale actuellement seront répercutés l’année prochaine.

Selon TM, le pays fait face, aujourd’hui, « à un déficit institutionnel du fait d’un népotisme désespérant mais parfaitement légal si l’on s’arrête à l’aspect procédural ». Et d’ajouter que « plusieurs de nos lois donnent les pleins pouvoirs au Premier ministre et ses ministres pour nommer au sein ou à la tête d'institutions, les personnes de leur choix, sans aucune obligation de motiver leurs décisions ».

TM écrit que les lois « n’ont pas été votées pour un petit groupe de protégés au détriment de la majorité. Le système démocratique, avec les élections générales qui permet au peuple de choisir ses représentants, a un objectif noble. »

Voici le communiqué de Transparency Mauritius :

Indice de perception de la corruption

Maurice 52ème avec un indice de 53

Maurice reste 5ème en Afrique sur l’indice de perception de Transparency International derrière les Seychelles, le Botswana, le Cap Verde et le Rwanda.

L’objectif avoué du gouvernement étant que Maurice atteigne un indice de 66, il reste du travail à accomplir. Il est à noter que les récents évènements, telle l’affaire St Louis, ne sont pas comptabilisés lors de cet exercice.

Six sources indépendantes ont été utilisées par Transparency International pour arriver à ce score de 53 pour Maurice. Le pays grimpe donc de la 56ème place à la 52ème.

Les sources utilisées incluent les indicateurs des conditions économiques et de risque 2019 de Global Insight, l’indice de transformation 2020 de Bertelsmann Stiftung, le service des risques 2020 de l’Economist Intelligence Unit, l’indice de l’État de droit de 2020 de World Justice Project, le Projet Variétés de démocraties (V-Dem v.10) de 2020 et l’enquête d’opinion 2019 auprès de cadres dirigeants du Forum Économique Mondial. De ce fait, les événements des deux derniers trimestres de 2020 ne sont pas pris en compte dans la formulation de l’indice. Les affaires qui défraient l’actualité locale actuellement devront avoir des répercussions l’année prochaine.

Le pays est actuellement à la croisée des chemins en ce qu’il s’agit de la gouvernance institutionnelle. Si certains indicateurs internationaux, tels le World Bank Ease of Doing Business, le Global Competitiveness Index, l’indice de la gouvernance Mo Ibrahim ou le Forbes Survey of Best Countries for Business donnent de bonnes notes à Maurice, les autorités mauriciennes ont été appelées à se ressaisir avec la semonce du Groupe d’Action Financière et l’Union Européenne.

Au contraire, la situation est préoccupante et Transparency Mauritius suit l’actualité de près. La République fait face, aujourd’hui, à un déficit institutionnel du fait d’un népotisme désespérant mais parfaitement légal si l’on s’arrête à l’aspect procédural. Plusieurs de nos lois donnent le plein pouvoir au Premier Ministre et ses ministres de nommer au sein ou à la tête des institutions, les personnes de leurs choix, sans aucune obligation de motiver leurs décisions. Il est évident que les lois n’ont pas été votées pour un petit groupe de protégés au détriment de la majorité. Le système démocratique avec les élections générales qui permet au peuple de choisir ses représentants a un objectif noble. Il ne faut pas qu’il soit instrumentalisé à des fins partisanes.

L’actualité avec son nombre de crimes violents demande à ce que le gouvernement rassure la population et que les institutions s’appliquent à leurs rôles constitutionnels en toute indépendance.

Une perception veut que, face aux critiques, la communication du gouvernement est dépassée ou maladroite. Les membres du gouvernement, avec le Premier ministre en tête, choisissent souvent d’utiliser des plateformes socioculturelles pour répondre aux critiques ou pour donner leurs points de vue. Qu’il s’agisse d’un réflexe défensif, d’une manœuvre ou manipulation politique partisane ou un mauvais jugement, il ne faut pas oublier que les organisations socio-culturelles sont grandement financées par le gouvernement.

Il est vrai que des mesures ont été prises par le gouvernement par rapport à la liste noire du Groupe d’Action Financière (GAFI) et la liste grise de l’Union Européenne. Ces mesures ont été plébiscitées par les institutions internationales mais en même temps, on se dit qu’un pays ayant le rayonnement de Maurice, avec son niveau élevé d’alphabétisation et de connaissance académique et technique n’aurait pas dû se retrouver sur cette liste. Les gouvernements successifs auraient dû adresser ces manquements depuis longtemps au lieu de se contenter de cocher des cases de façon béate. Et parlant d’une des faiblesses soulignées par le GAFI en ce qui concerne le ‘due diligence’ par rapport au financement de la société civile, il est désespérant de voir que Maurice n’a pas cru nécessaire de légiférer par rapport au financement des partis politiques et politiciens ainsi que des associations socio-culturelles.

Il ne faut aussi pas oublier que malgré le fait que Maurice a ratifié la Convention des Nations Unies contre la Corrruption ; instance qui demande, entre autres, que les pays signataires légifèrent pour une ‘Freedom of Information Act’ et pour la criminalisation de la corruption au sein du secteur privé. Ces lois se font toujours attendre.

Le gouvernement a néanmoins voulu donner un autre signal sur son sérieux par rapport aux attentes internationales sur les questions de bonne gouvernance institutionnelle et financière. Ayant pour objectif de grimper sur l’IPC et atteindre un pointage de plus de 60, le conseil des ministres avait, l’année dernière établi une ligne de communication pour travailler à améliorer sa position. Les travaux ont été freinés par la pandémie du Covid-19. Il est prévu qu’ils reprennent cette année.

Pour que Maurice puisse réellement progresser, la recette est simple. Prendre une série de mesures courageuses dans le sens de la bonne gouvernance et laisser les institutions opérer en toute indépendances avec des personnes compétentes et passer des lois qui s’adressent à la libre circulation de l’information avec le principe du gouvernement ouvert, la protection des lanceurs d’alerte, le financement des partis politiques, la dotation de ressources et d’un pouvoir réel à l’Electoral Supervisory Commission et revoir le principe de nominations au sein des institutions et les corps para-étatiques.

180 pays sont répertoriés dans la liste de Transparency International. En tête de la liste, on retrouve le Danemark et en dernière position se trouve le Soudan du Sud. Au niveau international, Transparency International met actuellement l’accent sur la corruption liée à la pandémie du Covid. TI prône un renforcement des organes de surveillance, de garantir la transparence de la passation de marchés, de défendre la démocratie, et promouvoir l’espace civique, la publication des données pertinentes et de veiller à garantir leur accès. Il y a eu une hausse de la corruption et un recul de la démocratie dans plusieurs pays.

28 janvier 2021

 

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