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Indicateurs semestriels : qu’avons-nous consommé pour Rs 88 milliards ?

Pour les six premiers mois de 2018, les Mauriciens ont déboursé davantage que durant la période similaire en 2017. Où vont tant de devises étrangères ? Éléments de réponse.

Le montant officieux de nos importations au premier semestre de 2018 se chiffre à Rs 87,6 milliards, si on se base sur les chiffres révisés et bruts disponibles sur le site Web de Statistics Mauritius. La somme est supérieure de quelque 2,5 % à celle enregistrée pour les six premiers mois de l’année précédente. Le déficit commercial semestriel (différence entre la facture des importations et les revenus à l’exportation) est de quelque Rs 48,96 milliards, soit une augmentation de 7,5 % relative à 2017. 

Quand on inclut les fluctuations du cours pétrolier sur le marché mondial, la croissance au niveau de la consommation et les importations en matière d’équipements, la hausse des importations ne représente aucun souci majeur. Certes, c’est un signe que l’économie est en train de grandir. Mais les chiffres démontrent que le pays continuent à miser sur les fournisseurs étrangers pour l’alimentation, l’habillement, les accessoires, le mobilier, entre autres (voir camembert pour les catégories de produits en juin). 

consommations 2018

Les chiffres confirment que l’État a un vaste chantier afin de concrétiser son projet de booster la production locale, comme énoncé dans le Budget 2017-18. À titre d’exemple, au second trimestre, la facture pour l’alimentation (incluant le bétail) a été de Rs 8,87 milliards. Donc, par tête d’habitant, nous sommes proches des Rs 7 000 de produits importés pour cette période. Second exemple : pour les produits tombant dans la catégorie de Miscellaneous Manufactured Articles, les dépenses au deuxième trimestre ont été de Rs 4,6 milliards. 

Qui plus est, les importations sont payées en devises étrangères avec le dollar américain en pôle position suivi de l’euro. Si les recettes de l’exportation, du tourisme et des services financiers chutent, et que la situation perdure, le système financier subira des pressions. Dans ce cas précis, la Banque de Maurice dispose de réserves pouvant couvrir jusqu’à 15 à 16 mois d’importations de biens. Mais devons-nous nous croiser les bras jusqu’à ce que nous arrivions à un tel cas de figure ?