Economie

Indicateurs : le taux directeur maintenu à 3,5%

Kevin Ramkaloan Le Chief Executive Officer de Business Mauritius, Kevin Ramkaloan

C’est une certitude. Ou presque.

Ce lundi 20 août, le comité sur la politique  monétaire, présidé par le gouverneur de la Banque de Maurice, Yandraduth Googoolye, devrait maintenir le niveau du taux directeur.

Pour la troisième fois de suite en 2018, les membres du MPC devraient envoyer un signal favorable à l’activité économique. Les conditions sont réunies pour un maintienn du taux directeur si l’on tient compte de l’inflation qui retombe sous la barre des 2% et du fait que le taux de croissance se rapproche de 4%, un seuil qui n’a pas été atteint depuis 2011. Nous avons sollicité l’avis des observateurs et économistes. Ils sont unanimes sur un statu quo.

Kevin Ramkaloan, Business Mauritius : « Peu de pressions inflationnistes sur le court terme »

Passant en revue les conditions prévalant dans le pays, le Chief Executive Officer de Business Mauritius, Kevin Ramkaloan, estime que le statu quo est à l’ordre du jour. «L’inflation en glissement annuel est passée à 1,7%. Elle est en baisse depuis mars. Une des principales raisons de cette chute est le retour à la normale du prix des légumes après une flambée en début d’année (conditions climatiques défavorables). L’inflation globale – mesurant la moyenne des prix sur un an – est à 4 % à fin juillet, légèrement supérieure aux projections pour 2018. Sur l’ensemble, il y a peu de pressions inflationnistes sur le court terme.

Le cours du pétrole mérite quand même une attention particulière (…) Des préoccupations subsistent quant au retrait de la Grande-Bretagne de l’Union européenne de même que les nouvelles politiques commerciales au sein de grandes économies. À Maurice, nous notons quand même un déficit commercial grandissant. Néanmoins, nous ne pensons pas que cela nécessite une révision du taux directeur.»

Ganessen Chinnapen, économiste : « Évitons une chute de la roupie »

«Le taux directeur est à son niveau le plus bas depuis l’entrée en vigueur du mécanisme de politique monétaire en 2007. Le statu quo est la décision la plus probable et la plus attendue. Une raison pour soutenir une telle décision est qu’on ne peut réduire davantage le taux. On évite alors une nouvelle dépréciation de la roupie et ses effets sur la consommation.»

Dr Takesh Luckho, économiste et chercheur indépendant : « Donner un signal pour soutenir l’économie »

« Je suis d’avis que le comité sur la politique monétaire sera favorable à un statu quo, soit garder le taux directeur à 3,5%. Ce faisant, les membres du comité indiquent que la priorité est de continuer à soutenir les activités économiques et essayer d’atteindre une croissance de 4 %. Un taux de 3,5% plaide pour lever des fonds et investir dans des secteurs clés et/ou nouveaux de l’économie. »