Zaid Ameer : «Nous réclamons une baisse de 50 % des taxes sur les hybrides»
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Le Défi Quotidien
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Comment les dernières mesures budgétaires ont-elles affecté l’industrie automobile ?
Nous sommes terriblement affectés. Les ventes ont diminué de 50 % depuis l’introduction de ces mesures. À titre d’exemple, alors qu’en temps normal environ 12 000 véhicules d’occasion sont écoulés annuellement, nous prévoyons seulement 6 000 ventes cette année. Deuxièmement, l’État enregistre également un manque à gagner estimé à Rs 2 milliards à cause de ces mesures. Les revenus attendus ne sont finalement pas au rendez-vous, bien au contraire.
Quel est le comportement des acheteurs, particuliers comme entreprises ?
Les Mauriciens, qui ont besoin d’un véhicule pour le travail, continuent d’acheter, mais privilégient les petites voitures. Les entreprises favorisent davantage les véhicules utilitaires, les vans et les 4x4, tandis qu’il y a un net ralentissement concernant les voitures.
Avec le Budget qui approche, quelles sont les attentes de la Dealers in Imported Vehicles Association (DIVA) ?
Avec la crise énergétique et les problèmes d’approvisionnement en produits pétroliers, nous n’avons aucun contrôle sur le prix du baril. Dans un tel contexte, il faudra miser sur les véhicules hybrides, qui ont déjà fait leurs preuves à Maurice comme à l’étranger.
Un véhicule hybride permet jusqu’à 50 % d’économies sur la consommation de carburant, ce qui réduirait directement la facture pétrolière du pays. Nous demandons donc une révision des taxes douanières sur les véhicules hybrides jusqu’à 1 800 cc, soit une baisse de 50 %.
Pourquoi privilégier l’hybride plutôt que l’électrique ? Parce que l’électrique augmente indirectement la demande en produits pétroliers pour produire l’électricité, notamment à travers l’huile lourde. Il faut également prendre en considération le coût réel des batteries.
Parallèlement, nous proposons un relèvement de la fiscalité sur les véhicules de luxe d’une valeur supérieure à Rs 3 millions. L’objectif est de préserver l’accessibilité des petites voitures pour les Mauriciens, tandis que les acheteurs de grosses cylindrées, disposant d’un pouvoir d’achat plus élevé, pourraient contribuer davantage.
Pour le Budget, vous suggérez aussi l’achat de deux bateaux. Dites-nous en plus.
Oui, nous avons soumis une proposition pour l’acquisition de deux bateaux. D’abord, un tanker qui servira au transport des produits pétroliers, comme cela se fait déjà aux Seychelles.
Le second, d’une capacité de 5 000 TEU, pourra assurer l’approvisionnement entre Singapour, l’Inde et Maurice pour différents produits. Cela profitera à l’emploi des Mauriciens et permettra aussi de conserver davantage de devises dans le pays, tout en renforçant la sécurité alimentaire. Nous demandons également de dynamiser la Mauritius Shipping Corporation afin d’assurer une gestion rentable de ces deux navires.
Parallèlement, nous recommandons la mise en place d’un comité permanent regroupant le ministère des Finances, le ministère du Commerce, la National Land Transport Authority (NTLA) et la douane pour tout nouveau développement dans l’industrie automobile.
Aujourd’hui, certains véhicules considérés comme hybrides par la douane sont pourtant enregistrés comme véhicules électriques auprès de la NTLA, ce qui est inconcevable. Un véhicule qui doit payer Rs 2 000 de taxe routière se retrouve ainsi à débourser Rs 10 500.
Vous défendez également l’importation parallèle. Vous participerez d’ailleurs à une réunion avec le ministre du Commerce ce lundi sur ce sujet. Que recommandez-vous ?
Nous demandons une révision de la position du gouvernement concernant l’importation parallèle des pièces détachées, des médicaments et des produits de consommation. Ce modèle existe déjà à Singapour, Dubaï et en Angleterre. Cela apporterait davantage de concurrence et permettrait aux consommateurs de réaliser jusqu’à Rs 2 000 d’économies sur leurs paniers ménagers.