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Voitures connectées : la polémique enfle autour du Bluetooth

Par Le Défi Quotidien
Publié le: 12 June 2026 à 11:29
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bluetooth

Le durcissement des sanctions contre les conducteurs qui utilisent leur téléphone portable au volant suscite de nombreuses
réactions sur les réseaux sociaux. Depuis que le gouvernement a annoncé que le nombre de points de pénalité pour cette
infraction a augmenté, les commentaires se multiplient, oscillant entre approbation, ironie et incompréhension.

Depuis le 10 juin, les automobilistes surpris en train d’utiliser un téléphone portable ou un microphone tenu à la main pendant la conduite risquent cinq à dix points de pénalité, contre trois à six auparavant. Cette mesure s’inscrit dans la volonté des autorités de renforcer la sécurité routière et de lutter contre les distractions au volant.

Mais au-delà de la sanction elle-même, c’est surtout son application qui alimente les débats. Sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes disent ne plus savoir ce qui est réellement autorisé ou interdit. Plusieurs commentaires font notamment référenceaux dis positifs Bluetooth ainsi qu’aux systèmes mains libres intégrés dans les véhicules récents.

Bientôt il faudra couper la radio pour conduire », ironise un internaute. « Les constructeurs automobiles installent des systèmes Bluetooth dans les voitures et maintenant on nous dit de ne pas les utiliser », écrit un autre. Certains vont même jusqu’à s’interroger sur la pertinence de certaines dispositions à l’heure où la majorité des véhicules neufs sont équipés de technologies permettant de passer ou de recevoir des appels sans manipuler directement un téléphone portable.

À l’inverse, plusieurs internautes saluent le durcissement des sanctions. Pour eux, l’utilisation du téléphone au volant demeure l’une des principales causes de distraction sur la route. « Quand on voit le nombre de conducteurs qui regardent leur écran en conduisant, il était temps d’agir », estime un automobiliste.

ALAIN JEANNOT : «La loi doit évoluer avec les voitures modernes» 

Pour Alain Jeannot, président de l’ONG Prévention routière avant tout (PRAT), le débat doit également tenir compte de l’évolution des technologies embarquées dans les véhicules modernes. Selon lui, le contexte n’est plus le même qu’au moment de l’introduction de la législation sur l’utilisation du téléphone au volant il y a une quinzaine d’années. Il souligne qu’en 2010, le parc automobile mauricien était nettement moins important et que les véhicules étaient rarement équipés de systèmes Bluetooth intégrés permettant aux conducteurs de communiquer sans manipuler leur téléphone portable. Aujourd’hui, la situation a considérablement évolué.

« En 2010, il y avait deux fois moins de véhicules qu’aujourd’hui et ils étaient rarement pourvus de dispositifs Bluetooth mains libres intégrés. De nos jours, pratiquement tous les véhicules sont équipés de cette technologie et la quasi-totalité des conducteurs possède un téléphone portable », fait-il ressortir.

Selon Alain Jeannot, plusieurs pays considérés comme des références en matière de sécurité routière autorisent l’utilisation des systèmes Bluetooth intégrés aux véhicules. Il cite notamment le Japon, la Norvège, la Suisse ou encore Hong Kong.

ZAID AMEER : « Les systèmes Bluetooth intégrés existent justement pour améliorer la sécurité »

Le président de la Dealers in Imported Vehicles Association (DIVA), Zaid Ameer, estime qu’il reconnaît que l’utilisation d’u n téléphone tenu en main constitue une source de distraction et un risque réel pour la sécurité routière, il peine toutefois à comprendre les réserves concernant les systèmes Bluetooth intégrés aux véhicules. « J’ai été surpris en entendant certaines interprétations de cette mesure. Tous les grands constructeurs automobiles investissent massivement dans les systèmes mains libres précisément pour permettre aux conducteurs de communiquer sans manipuler leur téléphone portable. Ces technologies ont été développées dans le respect des normes internationales de sécurité routière », explique-t-i l. Selon lui, il existe peu de différence entre une conversation tenue via un système Bluetoot h intégré et un écha nge avec un passager assis dans le véhic ule. Le présidentde la DIVA estime également que les causes principales des accidents mortels à Maurice sont à rechercher ailleurs. « Les études menées dans plusieurs pays montrent que les systèmes intégrés ne f igurent pas parmi les principaux facteurs d’accidents graves. » Zaid Ameer s’interroge sur l’application pratique d’une telle mesure dan s un contexte où les automobilistes ne disposent pas toujours d’espaces sécurisés pou r s’arrêter lorsqu’ils reçoivent un appel.

Dr Farhad Aumeer « Il faut revoir cette clause la »

La polémique autour des systèmes Bluetooth intégrés aux véhicules a aussi fait réagir le député du Parti travailliste, le Dr Farhad Aumeer. Il est d’avis que qu’il faut revoir cette clause dans la loi. Dans une publication sur les réseaux sociaux, ce dernier s’est interrogé sur la cohérence de l’interprétation actuelle de la réglementation. Selon lui, la quasi-totalité des véhicules modernes commercialisés aujourd’hui est équipée de dispositifs Bluetooth intégrés par les constructeurs automobiles. Le député estime qu’une clarification est nécessaire afin d’éviter toute confusion auprès du public. 

BARLEN MUNISAMI : «Pena okenn plas dan la lwa kot fer mansyon ki bann built-in systems li ilegal»

Barlen Munisami, ancien policier et spécialiste de la sécurité routière, n’a pas manqué de réagir. Il estime qu’une confusion s’est installée autour de l’application de la réglementation. 

Selon lui, il convient de distinguer clairement l’utilisation d’un téléphone portable tenu en main pendant la conduite et les systèmes intégrés conçus par les constructeurs automobiles. Ces derniers, souligne-t-il, ont précisément été développés pour permettre aux conducteurs de communiquer sans avoir à manipuler leur appareil.

« Pena okenn plas dan la lwa kot fer mansyon ki bann built-in systems li ilegal. Les constructeurs automobiles dépensent des fortunes dans la recherche et la conception de leurs véhicules. S’ils ont intégré ces technologies, c’est justement pour répondre aux normes internationales de sécurité routière. »


Pour l’ancien policier, l’infraction liée au téléphone portable au volant doit avant tout concerner l’utilisation du combiné lui-même ou encore certains dispositifs externes qui détournent l’attention du conducteur. Assimiler les systèmes Bluetooth intégrés à ces pratiques reviendrait, selon lui, à ignorer l’évolution technologique de l’industrie automobile.

Barlen Munisami fait également ressortir que la quasi-totalité des véhicules récents commercialisés à travers le monde est équipée de systèmes mains libres intégrés. « Dans plusieurs pays, ces dispositifs sont parfaitement légaux. Maurice ne peut pas faire abstraction de ce qui se fait ailleurs, surtout dans les pays qui affichent les meilleurs résultats en matière de sécurité routière. » Selon lui, l’objectif de toute réglementation doit demeurer la protection des usagers de la route. Toutefois, cette protection doit s’appuyer sur une lecture claire de la loi et sur une compréhension des technologies actuellement présentes dans les véhicules.

« Il y a aujourd’hui une mauvaise interprétation qui crée de la confusion auprès du public. Il faut clarifier rapidement la situation afin que les automobilistes sachent exactement ce qui est permis et ce qui ne l’est pas », insiste-t-il.

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