Vijay Ramrad tué pour le vol présumé de Rs 300 000 - Jaya : «Enn roupi pena dan kont mo papa»
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Le Dimanche /L' Hebdo
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Vijay Ramrad, 56 ans, a succombé à une agression d’une violence inouïe. Sur fond d’une accusation de vol, une bande a fait irruption chez lui pour l’attaquer sous les yeux de sa femme.
Ils ont forcé la porte en pleine nuit. Quelques minutes plus tard, Vijay Ramrad baignait dans son sang. À 56 ans, cet éboueur, père de trois filles de 30, 33 et 35 ans, a été violemment attaqué chez lui, à Grand-Gaube, alors qu’il dormait aux côtés de son épouse, Nita, 51 ans. Trente-cinq ans de vie commune balayés par une irruption d’une brutalité extrême.
À L’Hebdo / Le Dimanche, Nita revient, encore sous le choc, sur cette nuit où tout a basculé. Ce soir-là, Vijay a bu quelques verres et s’est endormi sur un matelas, quand un groupe d’individus, hommes et femmes, fait irruption dans la maison.
Ils ne viennent pas au hasard. Selon le couple, il s’agit de proches d’une collègue de Vijay, persuadés de la trouver sur place après son départ du domicile familial. À leur arrivée, ils exigent de la voir. Mais l’absence de la jeune femme fait monter la tension, puis tout dérape. « Zo’nn koup mo misie ar ‘cutter’, zo’nn bles li ar sez, sink dimounn inn rantre… Kan zo’nn rantre, zot inn dir zot pou touy li, mo dir zot kifer », raconte Nita.
Très vite, une accusation surgit : une somme d’argent disparue. « Zot inn dir sanse mo misie inn pran Rs 300 000 », affirme Nita. Malgré les coups, Vijay rejette ces accusations. « Be mo misie ki li pou fer ar Rs 300 000… zame li’nn pran. » Nita soutient, au contraire, que ces individus réclamaient régulièrement de l’argent à son époux : « Bann-la ki ti pe pran kas ar mo misie. »
Pendant l’agression, elle est paralysée par les menaces. « Bann-la inn menas li pou touy li », confie Jaya, leur fille. Ce n’est qu’après le départ des agresseurs qu’elle parvient à alerter les voisins.
Transporté d’urgence à l’hôpital SSRN de Pample-mousses, Vijay quitte l’établis-sement le 5 avril, avant que son état ne se détériore. Le 11 avril, il est admis à l’hôpital SAJ de Flacq. Il succombe à ses blessures dans la nuit du 15 avril. « Ena bokou mark koup-koupe lor vant mo papa », témoigne Jaya.
Au chevet de son père, elle a tenté de comprendre, en vain. « Li pa’nn kav koze… Li pa’nn dir mwa nanye », dit-elle. La jeune femme rejette fermement les accusations de vol : « Mo’nn al gete dan so kont, enn roupi pena. » Elle confirme toutefois que son père connaissait une proche des agresseurs, une collègue : « Mo mama ti konsider li kouma so ser. » Aujourd’hui, la famille réclame justice, déplorant une violence devenue trop fréquente : « Aster tro bokou pe transe, pe koupe. »
Vijay Ramrad a rendu l’âme le mercredi 15 avril au soir. Dès le lendemain du décès de Vijay Ramrad, les enquêteurs de la Divisional Crime Intelligence Unit de la Northern Division, appuyés par la Criminal Investigation Division de Goodlands, procèdent à l’arrestation de six suspects, tous proches de la collègue évoquée. Parmi eux : Jean Lorenzo Sansoucis, Christ Whelan Sansoucis, Raphael Cazy Charlot, Marie Manuella Sansoucis Romeo et Marie Atena Megane Vacoa.
Lors des interrogatoires, deux suspects passent aux aveux. Jean Lorenzo Sansoucis reconnaît avoir frappé la victime à la tête avec une chaise. Christ Whelan Sansoucis admet, lui, l’avoir blessée au ventre avec un cutter, tout en affirmant que l’arme appartenait à Vijay et que celui-ci les aurait menacés. Vendredi, ils ont été provisoirement inculpés d’« Assault with Premeditation » devant le tribunal de Pamplemousses. Une autre suspecte, Marie Welana Pascaline Sansouci, a été relâchée après interrogatoire.