Umarfarooq Omarjee : «Le prix du billet d’avion va certainement fluctuer»
Par
Christina Vilbrin
Par
Christina Vilbrin
Alors que les tensions au Moyen-Orient bouleversent le trafic aérien et qu’Emirates a suspendu ses vols à Dubaï, les voyageurs mauriciens revoient leurs plans, observe Umarfarooq Omarjee, directeur d’Omarjee Holidays. Entre reports, annulations et ruée vers les vols directs, l’industrie s’adapte à la situation, poursuit-il.
Avec les tensions au Moyen-Orient, la fermeture des aéroports à Dubaï et les vols suspendus d’Emirates, y a-t-il eu des annulations ?
Les Mauriciens qui devaient voyager ont prévenu qu’ils ne veulent pas partir pour le moment. Ils ont donc reporté leurs vacances familiales à une date ultérieure. En revanche, ceux qui devaient voyager pour des raisons professionnelles ou pour des conférences ont demandé à conserver leurs billets afin de les repousser jusqu’à la réouverture de l’aéroport de Dubaï, fermé jusqu’à ce mardi à 15 heures (heure locale). À Abu Dhabi, certains vols spécifiques ont repris aujourd’hui, notamment des vols spéciaux ou destinés à repositionner des équipages, mais il ne s’agit pas d’une reprise complète. Les Mauriciens qui doivent partir à Paris, Londres ou au Canada ont privilégié des vols directs plutôt que de transiter par Dubaï.
S’agissant des Européens qui devaient venir à Maurice, ils ont annulé leurs vols avec Emirates et opté pour des liaisons directes afin de ne pas perdre de jours de vacances.
Pour le moment, la situation reste concentrée au Moyen-Orient. Les vols en provenance d’Europe et d’autres régions continuent normalement. Il faut rappeler qu’il s’agit d’un cas de force majeure survenu du jour au lendemain.
Tous les Mauriciens et étrangers bloqués à Dubaï sont pris en charge par le gouvernement local, qui couvre notamment les frais d’hôtel pour les personnes concernées. Il est également possible de demander un remboursement ou de rechercher un vol auprès d’une autre compagnie. Les compagnies aériennes s’adaptent en fonction de la demande des passagers.
Qu’en est-il de ceux qui doivent voyager ces prochains jours ou semaines ?
Pour les personnes qui doivent se rendre à Dubaï ou au Moyen-Orient, la situation reste incertaine. En revanche, pour les autres destinations, il n’y a pas de problème particulier. La plupart des voyageurs préfèrent cependant attendre la réouverture de l’espace aérien à Dubaï. Il s’agit, rappelons-le, uniquement d’une fermeture de l’espace aérien. La vie sur place continue normalement.
Côté pratique, comment cela se passe-t-il ?
Les passagers bloqués à Dubaï ou à Abu Dhabi sont pris en charge par les autorités locales, qui ont mis en place des mesures d’assistance pour les voyageurs concernés. Les compagnies comme Emirates proposent, dans la plupart des cas, un remboursement ou un changement de date sans frais. Des dispositions spéciales ont été prises à cet effet. Il est toutefois important de vérifier les conditions de son billet et de rester en contact avec son agence pour assurer le suivi. En revanche, une personne dont le voyage est prévu dans un mois ne peut pas encore réclamer un remboursement, car il est trop tôt pour se prononcer sur l’évolution de la situation à la date de son départ.
Comment devrait évoluer la situation ?
Personnellement, j’espère que la paix reviendra rapidement et que chacun retrouvera de meilleurs sentiments. Cela dit, la situation est très complexe, car le conflit a éclaté du jour au lendemain. Le fait que nous soyons, cependant, en période de carême chrétien, de Ramadan et en période scolaire a limité l’impact sur l’industrie du voyage par rapport aux mois d’avril, de juillet ou de décembre, généralement marqués par un trafic plus important.
Quelles sont vos recommandations aux voyageurs ?
Il est préférable d’opter pour des vols directs afin de ne pas dépendre d’un transit au Moyen-Orient. D’autres hubs comme Paris, Londres Heathrow, Istanbul ou encore Johannesburg, plus proches de Maurice, fonctionnent normalement.
La hausse du pétrole pourrait-elle faire augmenter les billets d’avion ?
Le secteur de l’aviation est particulièrement sensible aux variations du prix du pétrole. Les compagnies achètent leur carburant de deux façons : soit directement au prix du marché, soit via des mécanismes de couverture, notamment le « hedging ».
Les compagnies qui ont anticipé le « hedging » sont protégées à court terme contre les hausses, tandis que celles qui ne l’ont pas fait subissent immédiatement les fluctuations. Le prix du pétrole augmentera probablement avant de redescendre. Tout dépendra de l’évolution de la situation. Il y aura certainement des fluctuations des prix des billets. Il faudra voir ce qui se passera à court, moyen et long terme. Le plus important reste que tous les passagers puissent voyager en toute sécurité.
*Dubaï Airports a annoncé la reprise partielle de ses opérations, ce lundi 2 mars au soir, pour l'aéroport international de Dubaï (DXB) et l'aéroport Al Maktoum International (DWC).