Taxe de 5% sur les assurances : les Mauriciens paieront jusqu’à Rs 6000 de plus par an
Par
Leena Gooraya-Poligadoo
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Leena Gooraya-Poligadoo
À partir du 1erjanvier 2027, une taxe de 5 % sur les assurances générales fera grimper les primes. Combien les Mauriciens devront-ils payer en plus ? Auto, habitation, santé : tout devient-il plus cher pour protéger ses biens essentiels ? Le point.
Dès le 1er janvier 2027, un taux de 5 % sera appliqué sur toutes les assurances générales de court terme, qu’il s’agisse de nouveaux contrats ou de renouvellements. Les assurances auto, habitation, médicale, de responsabilité civile professionnelle et maritime sont concernées. Cette nouvelle taxe entraînera une hausse immédiate du coût des contrats concernés, tant pour les nouvelles souscriptions que pour les renouvellements. C’est ce qu’indique Pamela Bussier, Chief Executive Officer de SanlamAllianz General Insurance Ltd. « La taxe s’appliquera à la prime d’assurance. L’impact financier direct dépendra donc du montant de la couverture souscrite », précise-t-elle. Si les montants peuvent sembler limités au niveau individuel, elle souligne qu’ils s’ajoutent à d’autres pressions sur le coût de la vie, ce qui pourrait peser sur les budgets des ménages et des entreprises.
Selon elle, une réaction comportementale des assurés est à anticiper. « Certains clients pourraient chercher à réduire leurs couvertures pour éviter une augmentation de coût », explique-t-elle. Ce qui pourrait se traduire par une hausse des franchises, une réduction des garanties jugées non essentielles ou, dans certains cas, un report de renouvellement pour des produits non obligatoires. L’impact ne sera toutefois pas uniforme. Les assurances obligatoires ou essentielles, comme l’assurance automobile ou certaines couvertures professionnelles, devraient rester relativement stables. En revanche, les produits facultatifs comme les extensions de garantie ou certaines assurances loisirs pourraient être davantage affectés.
La dirigeante alerte néanmoins sur un risque structurel : la sous-assurance. « Le principal risque est celui d’une sous-assurance : les assurés pourraient préférer conserver une protection insuffisante afin de réduire leurs dépenses à court terme », avertit-elle. Une tendance jugée préoccupante par SanlamAllianz, car elle expose davantage les ménages et les entreprises en cas de sinistre. Pour les assureurs, cette taxe n’est pas une source de revenus directs. Elle pourrait cependant intensifier la concurrence sur les prix, ralentir la croissance des primes dans certains segments et nécessiter des ajustements techniques importants. À plus long terme, un recul de la pénétration de l’assurance pourrait fragiliser la protection financière globale de l’économie.
Sur le plan de la retraite, Pamela Bussier observe en parallèle une évolution des comportements. Selon elle, les discussions sur la réforme des pensions renforcent l’intérêt pour l’épargne à long terme et les produits privés, mais celui-ci reste contraint par le pouvoir d’achat. « Nous pourrions assister à une volonté plus forte de préparer sa retraite, mais avec une capacité financière parfois limitée », dit-elle, évoquant un contexte dans lequel prudence budgétaire et besoin de protection financière devront coexister.
C’est le taux qui sera appliqué sur toutes les assurances générales de court terme.
C’est la date à laquelle la mesure entrera en vigueur