Sommet Afrique–France à Nairobi : Ramgoolam insiste sur la bonne gouvernance de l’économie bleue
Par
Patrick Hilbert
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Patrick Hilbert
Lors du Sommet Afrique–France « Africa Forward » à Nairobi, le Premier ministre Navin Ramgoolam a plaidé pour une gouvernance renforcée de l’économie bleue. Il a insisté sur le rôle stratégique de l’océan pour l’Afrique, appelant à l’innovation, à la coopération et à des actions concrètes durables.
Lors du Sommet Afrique–France « Africa Forward », tenu à Nairobi, au Kenya, et consacré au renforcement des partenariats entre l’Afrique et la France autour de l’innovation, de la jeunesse et des défis climatiques et économiques, le Premier ministre mauricien a coprésidé mardi en fin d’après-midi une table ronde dédiée à l’économie bleue.
Dans son intervention, Navin Ramgoolam a insisté sur le caractère stratégique de l’océan pour le continent africain. « L’économie bleue est un thème qui n’est pas seulement une priorité stratégique, mais une réalité existentielle. L’océan n’est plus un décor géographique. C’est une infrastructure vitale de souveraineté, de sécurité alimentaire, de transition énergétique et de puissance économique », a-t-il déclaré.
Le chef du gouvernement a inscrit cette réflexion dans un contexte international marqué par des tensions sur les routes maritimes, évoquant notamment les perturbations du trafic au détroit d’Ormuz. Il a souligné que ces déséquilibres contribuent à redessiner les équilibres géopolitiques mondiaux.
Abordant la situation africaine, il a estimé que le continent partage un bien commun essentiel : l’océan. « Nous portons ce bien commun qu’est l’océan, dont le continent africain dépend pour sa stabilité », a-t-il affirmé, soulignant que cet équilibre reste fragile.
Navin Ramgoolam a également mis en avant les atouts maritimes de Maurice, rappelant que le pays dispose d’un espace maritime de 2,2 millions de km². « Maurice est un petit État par la terre, un grand État par la mer », a-t-il souligné.
Il a insisté sur la nécessité d’une gouvernance solide pour assurer la durabilité du secteur. « Soyons clairs : pas d’économie bleue durable sans un océan vivant. La gouvernance en est la condition », a-t-il affirmé.
Le Premier ministre a également rappelé le potentiel du continent africain, fort de plus de 13 millions de km² de zones économiques exclusives et d’environ 16 % d’aires marines protégées, des efforts supérieurs à ceux de certaines autres régions du monde.
Il a toutefois alerté sur les menaces persistantes, notamment la pêche illégale, l’insécurité maritime et le manque d’investissements. Selon lui, ces facteurs freinent encore le développement de l’économie bleue sur le continent.
En conclusion, il a appelé à une approche fondée sur l’innovation et les partenariats. « L’économie bleue de l’Afrique doit reposer sur l’innovation, la coopération et des résultats concrets pour les économies et les populations », a-t-il souligné.