Selon CareEdge Ratings : le secteur bancaire bien positionné pour soutenir l’économie à moyen terme
Par
Christina Vilbrin
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Christina Vilbrin
Porté par des bilans robustes, des financements résilients et l’essor de la digitalisation, le secteur bancaire mauricien conserve une position solide pour appuyer l’activité économique à moyen terme, selon CareEdge Ratings. Mais derrière cette stabilité, les risques, eux, s’installent progressivement dans le paysage.
Le secteur bancaire mauricien demeure solidement ancré, porté par une capitalisation robuste, une liquidité abondante et des revenus récurrents solides. « Cette résilience se maintient malgré une normalisation de la rentabilité, sous l’effet de la hausse des coûts de financement et d’exploitation », souligne CareEdge Ratings. En parallèle, les institutions de dépôts non bancaires affichent une expansion rapide. Toutefois, observe CareEdge Ratings, la concentration croissante des crédits aux ménages accroît la sensibilité aux taux d’intérêt et au coût de la vie. « Si la qualité des actifs reste globalement stable, les risques se concentrent davantage sur les portefeuilles non garantis et liés à la consommation. »
Autre constat : les risques pour la stabilité financière restent contenus grâce à des coussins solides dans les banques et les assurances, même si les menaces externes et macroéconomiques pourraient peser sur la croissance, les marges et la volatilité des revenus, sans toutefois compromettre la solvabilité ni la liquidité.
Secteur bancaire
Le secteur bancaire mauricien est bien positionné pour soutenir l’activité économique à moyen terme, grâce à la solidité de ses bilans, à des profils de financement résilients et à l’essor de la digitalisation. La croissance du crédit devrait rester modérée mais positive, tirée par les ménages, les entreprises et les activités liées aux centres financiers internationaux. Cependant, les risques baissiers pourraient s’intensifier en cas de choc géopolitique prolongé, notamment si les prix du pétrole brut restent élevés. Une telle situation alimenterait l’inflation importée, limiterait la marge de manœuvre des politiques économiques, renchérirait le coût du crédit et affaiblirait la demande. Les banques pourraient alors durcir leurs conditions d’octroi de crédit, en particulier pour les PME, les secteurs énergivores, le transport, l’aviation et le crédit à la consommation non garanti. Même si un stress systémique reste peu probable grâce à des coussins solides, ce contexte pourrait ralentir la progression du crédit et accroître les primes de risque, entraînant un ajustement de la structure et du coût du financement sans pour autant briser le cycle de crédit à Maurice.
Secteur non bancaire
Du côté des institutions de dépôts non bancaires, la croissance devrait ralentir tout en restant positive, en ligne avec l’évolution des revenus nominaux et de la demande de crédit des ménages. L’environnement opérationnel s’annonce néanmoins plus contraignant, sous l’effet de taux d’intérêt élevés et d’un coût de la vie en hausse, susceptibles de fragiliser la capacité de remboursement des emprunteurs. Dans un système fortement exposé au crédit aux ménages, la qualité des actifs pourrait être mise sous pression, notamment sur les segments non garantis et liés à la consommation. Si les niveaux actuels de capitalisation et de rentabilité offrent encore des marges de sécurité confortables, la résilience du secteur dépendra d’une discipline accrue dans l’octroi de crédits, de critères d’éligibilité plus stricts et d’un provisionnement rapide et adéquat.
| Banque | Instrument | Notation |
| MCB Group Limited | Obligation | CARE MAU AAA ; Stable |
| The Mauritius Commercial Bank Ltd | Notation de l’émetteur | CARE MAU AAA (Is) ; Stable |
| SBM Holdings Ltd | Obligation | CARE MAU AA+ ; Stable |
| Bank One Limited | Obligation | CARE MAU A+ ; Négative |
| ABC Banking Corporation Ltd | Obligation | CARE MAU A+ ; Stable |
| Entreprise | Instrument | Notation |
| Industrial Finance Corporation of Mauritius (IFCM) Ltd | Facilité bancaire | CARE MAU AAA (SO) ; Stable |
| CIM Financial Services Ltd | Obligation et facilité bancaire | CARE MAU AA+ ; Stable / CARE MAU A1+ |
| Rogers Capital Finance Ltd | Obligation et facilité bancaire | CARE MAU A ; Stable |
| La Prudence Leasing Finance Co. Ltd | Obligation et facilité bancaire | CARE MAU A- ; Stable |
| Fonds | Instrument | Notation |
| TDB African Medium Term Trade Fund | Notation de qualité de crédit du fonds | CARE MAU AAAf |
| Eastern and Southern African Trade Fund | Notation de qualité de crédit du fonds | CARE MAU AAAf |
| Entité | Instrument | Notation |
| Loinette Capital Limited | Facilité bancaire | CARE MAU AA+ (SO) ; Stable / CARE MAU AA- (SO) ; Stable |
| Teybridge Capital Trade Finance | Obligation | CARE MAU A ; Stable |
Ce que prévoit CareEdge : « Dans l’ensemble, les risques restent maîtrisés mais orientés à la baisse, en particulier dans un contexte de resserrement monétaire prolongé ou de détérioration du marché du travail. La stabilité financière demeure néanmoins préservée : la qualité des actifs devrait rester stable, avec un ratio de prêts non performants contenu en l’absence de choc externe majeur. Les solides coussins de capital et de liquidité continuent d’offrir une protection significative face aux turbulences, renforçant la capacité du secteur à absorber les chocs liés à la volatilité des taux, à la hausse des coûts de financement ou à un affaiblissement de la demande. »
5,6 %
En 2025, le sous-secteur de l’intermédiation monétaire représentait 6,7 % de la valeur ajoutée brute (VAB). Selon Statistics Mauritius, sa croissance devrait atteindre 5,4 % en 2026, un léger ralentissement après les 5,6 % enregistrés en 2025.
12,7 %
Le portefeuille de prêts demeure le pilier du bilan bancaire, affichant une progression de 12,7 % sur un an pour s’élever à Rs 1 198,7 milliards à fin janvier 2026, porté par une demande de crédit toujours dynamique tant du côté des ménages que des entreprises non financières.
Rs 201,9 milliards
Le crédit au secteur privé a progressé de 11,2 % sur un an à fin janvier 2026. Dans le détail, les prêts aux ménages sont passés d’environ Rs 180 milliards en janvier 2025 à Rs 201,9 milliards un an plus tard, soit une hausse de 12,1 %. Parallèlement, les financements accordés aux entreprises non financières ont augmenté d’environ Rs 200 milliards à Rs 218,9 milliards.