Ritesh Ramful : «L’accord sur la haute mer est d’une grande importance pour Maurice»
Par
Patrick Hilbert
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Patrick Hilbert
Le 17 janvier 2026 marque l’entrée en vigueur de l’accord “Biodiversity Beyond National Jurisdiction”, également appelé « Traité sur la haute mer ». Ce traité, qui vise à réguler les activités en haute mer – couvrant environ deux tiers des océans – par la création de zones marines protégées (ZMP), le partage équitable des ressources génétiques marines et les évaluations d’impact environnemental, constitue une victoire pour Maurice.
Dans une déclaration officielle publiée à cette occasion, Ritesh Ramful, ministre des Affaires étrangères, a qualifié cet événement de tournant historique pour la gouvernance océanique mondiale.
Le ministre a souligné son importance pour les petits États insulaires en développement (PEID) : « Aujourd’hui, le 17 janvier 2026, l’histoire s’écrit sur les océans. C’est avec un profond sentiment de fierté nationale que j’accueille l’entrée en vigueur de l’Accord sur la diversité biologique marine des zones ne relevant pas de la juridiction nationale, officiellement connu sous le nom d’Accord BBNJ. L’Accord BBNJ prévoit la protection des zones marines protégées (ZMP) en haute mer. Par l’établissement de ZMP en haute mer, l’Accord BBNJ réglera l’exploitation durable des ressources marines pour le développement d’une économie bleue viable, d’une grande importance pour tous les petits États insulaires en développement (PEID), en particulier Maurice. »
Il a également marqué la fin d’une ère, « celle des “hautes mers non réglementées” », et annoncé le début d’un nouveau chapitre dans la gouvernance mondiale. Le ministre a défendu une approche spécifique : « Maurice préconise une approche axée sur la science et menée par les pays pour identifier ces sanctuaires. Nous estimons que la protection d’écosystèmes vitaux dans les eaux internationales agit comme une “banque” pour la biodiversité qui reconstituera notre propre zone économique exclusive (ZEE), sécurisant nos secteurs de la pêche et du tourisme à long terme. » Soulignant le rôle du Sud global (Global South), il a ajouté : « Le chemin menant à ce moment a été forgé par la solidarité inébranlable du Sud global.
Pendant des décennies, l’Afrique et les PEID ont défendu le principe selon lequel les ressources des profondeurs océaniques sont le Patrimoine commun de l’humanité. Maintenant, grâce à cet Accord, nous avons consacré un système où les ressources génétiques marines et les connaissances qui en découlent doivent être partagées de manière équitable. C’est une victoire de notre diplomatie et une concrétisation de notre vision d’un ordre international juste. » Maurice a activement contribué aux négociations via le Groupe africain, l’Alliance of Small Island States (AOSIS) et le G-77, notamment sur les modalités d’évaluation des impacts environnementaux. « Maurice continue de servir avec distinction en tant que membre du Bureau de la Commission préparatoire, pour le Groupe africain », a précisé le ministre, s’engageant à transformer le texte en institution fonctionnelle.
En tant qu’État océanique majeur avec une ZEE de 2,3 millions de km², Maurice lie sa sécurité nationale à la santé des hautes mers. Le ministre a évoqué la restauration de la souveraineté sur l’archipel des Chagos et la collaboration avec le Royaume-Uni pour créer la Zone marine protégée de l’archipel des Chagos (CAMPA), « qui serait l’une des plus grandes ZMP au monde, portée par son peuple et par la science ».